jeudi 25 avril 2013

Tout juste un an

Avenue Jean Aicard 75003 Paris
Voilà,
c'était il y a tout juste un an. J'ai beaucoup shooté pendant cet Avril pluvieux. Je ne sais plus pourquoi je m'étais retrouvé ce jour-là Avenue Jean Aicard, peut-être que je me dirigeais vers le marché des enfants rouges (j'adore le nom) de la rue de Bretagne. C'était l'époque des grands enthousiasmes, des promesses des espérances et des revendications. Des murs recouverts d'affiches électorales. Des soutiens exaltés, des déclarations grandiloquentes, des indignations, des invectives aussi sur un réseau social bien connu. Je regardais ça, plutôt circonspect. Je m'en foutais, j'avais envie d'amour me demandant s'il y aurait encore de la place pour ça dans ma vie. Je me voyais vieillir. Je sortais sans conviction. La nuit parfois j'allais boire des coups avec A. du côté de la République, mais bon les bars pleins d'alcolos ce n'était pas trop mon truc. Les alcolos me gonflent toujours au bout d'un moment, soit ils ont la gnole triste et c'est déprimant, soit ils commencent à brailler de façon péremptoire des conneries qu'ils pensent géniales, et c'est agaçant. Et puis ça me rappelle trop ceux que j'ai croisés dans mon enfance au mess des sous-officiers où j'allais chercher mon père et où immanquablement j'étais obligé de m'attarder en attendant qu'il finisse une dernière bière. C'était comme ça, la vie n'offrait rien de bon, rien que de la tristesse et des nuits misérables et solitaires. Je me  rappelle avoir aussi quelque peu traîné, vaguement mélancolique dans les meetings des uns et des autres, à ce moment là, m'interrogeant sur ce qu'il m'était encore permis d'espérer, et souvent mon espérance s'arrêtait à l'idée d'une bonne scène ou d'une situation à cadrer, d'une fraction de seconde arrachée à la morosité. Je me souviens d'une des plus terribles photos que j'ai faites, à Vincennes, Tout cela paraît si lointain, maintenant. Parfois même, comme si cela n'avait pas vraiment existé. Il y avait autour de moi toute cette attente, et je me sentais si peu concerné. Comme bien des gens je ne voulais plus du petit président énervé qui avait tant fait parler de lui les cinq années précédentes. J'essayais de me persuader sans grande conviction que son successeur trouverait sa mesure dans l'exercice du pouvoir. Bon eh bien là il semblerait que cela ne soit pas le cas.

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