mardi 14 juin 2016

Des Temps troublés


Voilà,
ce qui se passe dans ce pays est étrange. Du moins dans cette ville. Les gens ne veulent pas de cette nouvelle loi qui remet en cause les règles régissant les rapports entre les employeurs et les salariés. Au parlement, il n'y a pas de débat puisqu'un article de la constitution permet de faire passer ce projet sans discussion ni possibilité d'amendement. Les gens sentent bien que ce mode de gouvernance est exactement celui qui leur est promis dans leurs entreprises. Que cette loi émane d'un gouvernement qui se prétend de gauche, bien évidemment, choque, exaspère. A ceux qui descendent dans la rue pour protester on oppose une violence policière sans discernement. On veut imposer par la force des décisions édictées par la commission européenne. L'Europe des peuples n'existe pas. Celle des banques, oui. En France, il n'existe aucune alternative politique. Comme en Grèce, la majeure partie de la population est trompée par ceux qui avaient précisément promis d'assurer la défense de ses intérêts. Pourtant la classe politique relayée par les grands médias tous aux mains de grands capitalistes ne veut rien entendre de ce qui gronde. D'ailleurs en terme journalistiques on ne parle plus de mouvement ou de colère sociale, mais de "grogne". La revendication est réduite à un comportement animal dénué de toute réflexion, alors que la bestialité se trouve être la plupart du temps le fait des forces dites de l'ordre. Jamais un président de la République n'a été aussi impopulaire. On s'est débarrassé il y a quatre ans d'un crétin pour s'encombrer d'un nigaud. Aujourd'hui le favori de la prochaine élection est un septuagénaire dont le programme économique ultralibéral plongera encore plus de gens dans la détresse. On ne se souvient même plus que lorsqu'il était premier ministre, des millions de gens ont manifesté contre un projet de loi dont personne ne voulait à tel point que le Président d'alors a dissous le parlement qui lui était pourtant favorable, et fait perdre à son parti les élections qui s'ensuivirent. Ainsi, n'y a-t-il d'autre alternative en ce pays, que la peste ou le cholera. Pour nous divertir on nous jette en pâture le championnat d'Europe de football. À cette fin on a exonéré d'impôts sur les sociétés, l'UEFA et ses filiales françaises, au prétexte que les retombées de cette organisation sportive sont bénéfiques pour l'économie nationale. De quoi se plaint le populo ? Il devrait être content, avec tout ce qu'on fait pour lui.

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