dimanche 21 février 2016

Trouver du réseau


Voilà,
sur ce remblai deux hommes recherchent un peu plus de réseau pour leur téléphone portable. Derrière, en contrebas une vie précaire et provisoire s'est, depuis quelques mois, organisée en un village devenu de plus en plus vaste de planches et de bâches. À cette frontière, au bord d'une mer froide et sans vagues mais parcourue de dangereux courants, respirant un air toxique à cause des usines chimiques alentour, des réfugiés ayant fui les guerres du Darfour, d'Érythtrée, d'Afghanistan, d'Irak, de Lybie, de Syrie, d'Afrique centrale et tant d'autres encore ont échoué là dans l'espoir de se rendre en Grande-Bretagne pour un jour y trouver du travail. Tout autour de cette population en majorité constituée de jeunes adultes ont été érigées de hautes barrières métalliques surmontées de barbelés afin de barrer les accès à l'autoroute, au port, aux aires de parkings des poids-lourds, aux voies ferrées, aux usines situées non loin. On croise parfois dans les parages des policiers lourdement armés, en faction. Google street view ferait bien d'ailleurs de réactualiser ses panoramas qui ne correspondent plus en rien à la réalité actuelle.


Ces paysages se multiplient dans le monde entier. Ici, les conditions d'hygiène sont déplorables, intolérables dans un pays qui pourtant prétend être civilisé. Il y a une volonté politique évidente de rejeter ces gens. Je suis sûr que bien des dirigeants de ce pays pensent que la solution serait de les balancer à la mer ou les gazer. Bientôt on va les parquer dans des containers par groupe de dix. On va organiser la concentration de ces migrants. C'est à cela sans doute que ressemblera notre futur. D'un côté, une minorité de nantis surprotégée et paranoïaque avec des armées et des polices à leur service, de l'autre une population de déshérités sous-alimentés, confinée à l'intérieur d'enceintes plus ou moins salubres. Cette "jungle" de Calais compte environ 3500 migrants qu'une soit-disant grande nation comme la notre est incapable d'accueillir et d'héberger décemment. La Grèce, que les puissances européennes et bancaires ne cessent d'humilier, d'asservir recueille pourtant depuis des mois plus de 5000 migrants par semaine.

2 commentaires:

  1. Cette vignette de El Roto qui va dans le même sens:
    http://elpais.com/elpais/2016/02/20/vinetas/1455987496_968132.html

    (les murs vous défendront des dangers avec lesquels nous vous effrayons)

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  2. Merci, kwarkito, merci. Il se trouve que je n'ai pas je temps, non plus, de faire les bêtises qu'on m'a dictées. Ni les miennes propres. Donc je te laisse, là maintenant peut-être toujours ? Merci. Désolé si je suis raide parfois.

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