mercredi 26 février 2020

Moment délicat

 
Voilà,
je réalise bien que je suis à un moment délicat, sinon critique de ma vie. D’une certaine façon elle devient plus périlleuse et précaire. Cela dit, c'est inévitable, c'est dans l'ordre des choses et c'est même assez banal. C'est juste la prise de conscience de tout ça qui est pénible : la certitude que, physiquement, rien n’ira en s’améliorant. Il y a un certain désagrément à constater sa propre dégradation physique et son chaos mental. Les tâches les plus infimes exigent un effort de concentration jusqu'à présent inédit. En fait, de moins en moins de choses suscitent mon intérêt. Et si j'ai toujours envie de bricoler des images, comme je le fais depuis un peu plus de quarante ans, je me fatigue des mots. Construire une phrase, un paragraphe, s'avère de plus en plus laborieux. Tout comme élaborer un raisonnement. J'ai désormais plus de souvenirs que de réflexions, bien que je commence à oublier certaines règles de grammaire.
Je cherche de nouvelles sources d’étonnement et de joie de vivre. J'ai encore du goût pour le bonheur. Mais une effrayante pensée me hante. Pas un jour ne passe sans que, à force de m’effleurer elle ne devienne obsédante. Je sais qu’elle relève en partie d’une névrose qui ne m’appartient pas en propre, mais elle n'en demeure cependant pas moins présente. Je me sens de plus en plus fragile et d'une certaine façon menacé. Mais bon question menace, il paraîtrait, si l'on en croit les journaux radiophoniques du matin, qu'il en est une qui se profile en Europe à grande vitesse. On parle désormais plus de l'épidémie de coronavirus que du débat sur la réforme des retraites à l'assemblée nationale. A suivre.
Quoiqu'il en soit, en dépit des sombres perspectives que l'on semble nous promettre, je continue de tenter de découvrir des formes cachées — seules la douleur ou l'incapacité physiques pourraient m'en empêcher —, je m'obstine à traquer l'insolite autant que la beauté partout où je peux les déceler parmi les choses de ce monde. Et même s'il m'est difficile d'être productif — le sommeil gagne le plus souvent sur ma volonté — je m'efforce de partager mes trouvailles, et de poursuivre ce silencieux entretien avec tout ce qui n’est pas moi, c'est à dire vous, mes quelques lecteurs et lectrices, présences virtuelles mais cependant bien vivantes en différents endroits de cette terre.
Pour les semaines et les mois à venir il est probable que je laisserai la parole à des auteurs qui expriment avec beaucoup plus d'élégance et de précision ce que je peux penser ou ressentir.
linked with the weekend in black and white

10 commentaires:

  1. Une magnifique photographie qui définit très bien
    le chaos dans lequel beaucoup d'entre nous entrent
    pour les années à venir. Votre magnifique texte.
    Salutations.

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  2. Dans les nuances du gris se glissera toujours un éclat lumineux, tu ne pourras t'y soustraire sauf à te tourner le dos.

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  3. It's almost like the photograph symbolizes to me that you are a bit mixed up at the moment, I can understand that, life isn't easy and there are ups and downs. That's why I like having a blog, you can really say how you feel.

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  4. I am very sorry you are feeling this way and hope things improve in the near future....the picture really symbolizes your post.

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  5. There is so much magic in this image. I feel I could study it for ages, and learn many wonderful stories - if only there was time ...

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  6. chaos - like a lot of thoughts in my head
    amazing photo

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  7. A wonderful image and marvelous soliloquy!

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  8. very much to fine n this shot. A shot to stay with a while.

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