vendredi 7 juillet 2017

Polytechnique


voilà,
au début des années soixante-dix, dans le périmètre ceint par la rue Descartes, la rue Clovis, la rue du Cardinal Lemoine un bout de la rue Monge et la rue des Écoles,  j'habitais avec mes parents à l'Ecole Polytechnique sise en haut de la Montagne Sainte Geneviève dans un appartement de fonction situé sous les combles du bâtiment Boncourt qui abrite aujourd'hui le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Dans sa première affectation là-bas, mon père était responsable du matériel. C'est lui qui s'occupait de tout ce qui concernait les travaux à l'intérieur de cette vénérable institution. Il avait donc des ouvriers civils qui travaillaient sous ses ordres. L'un deux, un peintre en bâtiment qui s'appelait Robert Dijoux (je ne suis pas sûr de l'orthographe de son nom) que je croisais de temps à autre dans le bureau de mon père situé dans un petit renfoncement peu après l'entrée du 17 rue Descartes, lorsque parfois j'allais le rejoindre en fin de journée à l'occasion d'un pot qui se tenait là avec ses employés. Dijoux, était un rouquin frisé avec des cheveux épais qui le faisaient ressembler au chanteur de Slade un groupe de rock de ce temps-là. Je ne sais pas pourquoi il s'était pris de sympathie pour moi et m'avait prêté des disques sans doute pour parfaire mon éducation musicale. Il était venu peindre ma chambre, et peut-être avait il remarqué que je ne possédais que très peu de vinyles. Je me souviens particulièrement de l'album "Between the buttons" et du premier Stones avec Route 66. Je ne pouvais imaginer alors que cet homme resterait inoubliable pour cette raison là. Peut-être aussi est il associé à l'odeur de peinture qui imprégna longtemps ma chambre. C'est lui qui était venu la repeindre, d'un bleu pétrole que j'avais choisi sur un nuancier, et qu'il avait pris tout de même soin d'atténuer.

3 commentaires:

  1. Every time I see the name Descartes I remember an event in a philosophy class--- which I will not bore you with. However just thinking about the paint smell made a whole gallery of memories come flooding in... I believe I'll go have some wine. Have a great weekend.

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  2. ... tandis que dans "Iparraldeko ganbaran" (chambre-du-nord) -son nom, avec vue sur la bergerie je lisais à m'en crever les yeux, étrangère à ce qui ferait une génération, juste des rêves de Paris, même la mer à seulement 35 kms pas notre univers, parfois la frontière, on disait "on va en Espagne", le loin

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  3. Les odeurs et les goûts sont les souvenirs les plus présents et les plus fugaces que nous ayons ; nous croyons les percevoir intensément, pourtant nous n'arriverons jamais à les retrouver totalement. Ils nous laissent insatisfaits et c'est tant mieux car nous continuerons à les traquer.

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