dimanche 14 mai 2017

Mose Allison et des souvenirs qui viennent


Voilà,
j'aime toujours autant la voix de Mose Allison, et aussi la façon dont il fait sonner son piano comme si les notes glissaient grâce à ce toucher délicat sur le clavier. Parfois même il lui arrive d'être à la fois virtuose et désinvolte. Je l'ai découvert un soir vers l'âge de quinze ans en enregistrant au hasard sur mon mini K7 des morceaux qui passaient à la radio. C'est comme ça que j'ai entendu pour la première fois "One Room Country Shack", enchaîné au "Take this Hammer" de Leadbelly. Comme je n'avais pas retenu les titres et le nom des chanteurs, et qu'à l'époque il n'y avait pas toutes les possibilités permettant de retrouver la trace d'un morceau retransmis à l'antenne, ces deux chansons et leurs interprètes restèrent énigmatiques pendant des années. Même si désormais la question ne se pose plus, puisque l'on sait que le tronc commun de l'humanité est l'Afrique, j'ai d'ailleurs longtemps cru que pour aussi bien chanter le blues la voix de Mose Allison était celle d'un homme noir. J'aimais sa douceur veloutée, et l'humour désabusé qu'elle distillait. C'était ce temps au sortir de l'enfance où je m'endormais le soir avec la radio. Les morceaux que j'y entendais me faisaient parfois voyager dans des mondes imaginaires, inconnus, où vers des régions qu'il me semblait possible de visiter un jour. Il faudrait que j'en parle un peu plus précisément un jour. Certaines photos de Bill me font bien évidemment aujourd'hui penser à ce morceau "One room Country Shack", et je suis heureux de retrouver grâce au web des paysages autrefois rêvés dans lesquels je me laissais dériver au gré de mon imagination. C'était le temps où la vie semble vaste et ouverte à tous les horizons. À l'époque j'habitais rue de la Montagne-Sainte-Geneviève dans l'enceinte de l'Ecole Polytechnique où travaillaient mes géniteurs. Je traînais beaucoup dans le quartier à mes heures perdues. J'aimais particulièrement cette vieille boutique non loin, que j'ai prise en photo dans le courant des années 90, craignant qu'elle ne disparaisse complètement. C'était une ancienne armurerie transformée à l'époque en dépôt de journaux-papeterie, avant de devenir une librairie. Maintenant on y vend des charcuteries et autres spécialités culinaires corses, je crois, et la façade a complètement changé


     

3 commentaires:

  1. Pure nostalgia.
    I love such photos from the past.
    Especially in B / W they are very impressive.
    Greetings from Germany

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  2. Parchman Farm was my favorite Mose. He was big in San Francisco's music scene when I was there. He even wrote a song for the music librarian at one of the radio stations I was on--- Elma Greer. He was a musician's musician. Thanks for the reminder. Corsican Meat?

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  3. J'adore your black and white of the old armory now a bookshop, wonder if it is still there Kwarkito. Merci beaucoup for the introduction to Mose Allison 😊

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