lundi 7 mars 2016

Une rue déserte et c'est comme si la ville m'était offerte


Voilà,
une rue déserte et c'est comme si la ville m'était offerte. Sur le pavé humide luisent tant de souvenirs. Je retrouve avec émerveillement ces murs que j'ai tant de fois longés, ce quartier où j'ai vagabondé adolescent. J'allais où mes pas m'entraînaient, me laissant doucement dériver, au gré de ma fantaisie. Parfois je poussais la porte d'une galerie de peinture. J'ai mis un certain temps à comprendre qu'on pouvait y entrer sans être obligé d'acheter. Aurais-je été moins timide alors, j'aurais peut-être pu apprendre un métier, là. Mais ce monde me semblait interdit, tellement supérieur. On se moquait bien de l'art dans ma famille. J'ai encore dans ma bibliothèque des cartons d'invitation, des fascicules où sont reproduits des tableaux de cette époque. J'allais tout voir. Le quartier était comme un livre d'images. Cette photos je l'ai prise il y a quelques jours. J'étais en compagnie de D. avec lequel je venais de passer une paire d'heures à bavasser dans un café, et quand nous sommes sortis, nous nous sommes tous les deux faits la même réflexion : oui vraiment Paris était une très belle ville, même s'il est de plus en plus difficile d'y vivre. Il est reparti en scooter, j'ai un peu marché le long de la Seine. Il faisait froid, l'air était vif. C'était bien comme ça.

3 commentaires:

  1. Eh oui, je ne peux que bouger lentement la tête en signe d'approbation.

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  2. A superb image, my friend! Superb!

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  3. un ami, un café, un peu d'or qui brille sur les pavés et les souvenirs
    comme un ruban qui flotte dans l'air ! c'est tellement
    mieux comme ça.

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