mercredi 14 décembre 2011

Sur le point de dire au revoir

Voilà
soudain comme ça, alors que nous sommes sur le point de nous dire au revoir, lui que je connais à peine me confie que jamais il ne s'est senti aussi bien, et qu'à soixante-quatorze ans il trouve la vie légère, même s'il ne touche qu'une maigre retraite. Mais comme, il a monté une petite affaire, il donne des cours de dessin et que ça marche plutôt bien, il a de quoi vivre. Il m'apprend qu'il avait un fils qui a contracté le sida à dix huit ans et a mis quatorze ans à mourir (je n'ose pas lui demander quand c'est arrivé), et que ces années là ont été pesantes. Il s'est même marié il y a dix ans - et il me montre son alliance -avec la mère de ses deux filles qui dit-il sont devenues des sortes de pigeons-voyageurs. "Je mène une petite vie bourgeoise je vais à la campagne tous les week-end chez mes beaux-parents qui sont plus jeunes que moi". Ça l'amuse visiblement et dans son sourire et son œil malicieux on peut deviner ce qui a pu charmer sa femme d'une trentaine d'années sa cadette. Quelque chose de durablement adolescent, en dépit des épreuves ...

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