samedi 3 décembre 2011

Entr'acte



Voilà
Une vieille connaissance depuis longtemps perdue de vue, mais que je reconnais néanmoins malgré ma prosopagnosie récurrente (je suis content de le placer ce mot là je viens tout juste de le découvrir) me dit que je dois souffrir. Je suis un peu déconcerté, la rumeur va vite. Comme je ne sais pas de quoi il s'agit je réponds "pas plus que d'habitude". Puis elle m'explique que ce que nous sommes en train de voir, ressemble beaucoup au spectacle sur les rêves de Kafka auquel j'ai participé il y a fort longtemps, autant dire dans une autre vie et dont elle garde un souvenir si intense. Ce qu'elle vient de voir est tellement moins bien dit-elle. Pour ma part, je ne vois pas trop le rapport. Je suis tenté par un peu de provoc'... Lui dire que de toute façon les gens qui sont dans la salle ne savent même pas que le spectacle qu'elle évoque a existé. Et aussi que ce n'est pas ce qu'on voit qui est moins bien mais nous probablement. Parce que nous n'avons plus la jeunesse qui anime ces acteurs sur le plateau, nous n'avons plus non plus pour les uns les couilles bien pleines, pour les autres les ovaires au top, ni les muscles tendus la peau fraîche et souple et tous nos cheveux. On ne peut plus danser des heures d'affilée, on a besoin de lunettes pour lire les programmes et on a perdu l'insolence de cet âge où on imagine que tout est possible sans savoir que le temps passe vite, envie de lui dire qu'à nottre époque aussi il devait y avoir des vieux cons pour trouver que ce qui se faisait avant était mieux, mais bon, je n'ai même pas envie de polémiquer... Est-ce la sagesse ou bien la fatigue ? Une chose est sûre, c'est dans ces années-là que j'ai fait cette photo de gens très intéressés par une sculpture de John de Andrea où on voit très distinctement je m'en rappelle une petite veine bleue sur l'un des seins du modèle. Une autre chose est certaine : dans vingt cinq ans ni la spectatrice croisée à l'entr'acte ni moi ne serons plus là pour parler de ce que nous avons vu aujourd'hui. Il y a toujours trop d'escaliers dans les théâtres.

1 commentaire:

  1. Aujourd'hui, j'ai découvert le travail de John de Andrea dont je n'avais jamais entendu parler.
    Même si son travail à l'air troublant de vérité, l'hyperréalisme de celui de Ron Mueck me semble indétrônable.

    Quant à la prosopagnosie : penser que le fait de la difficulté à reconnaître des visages venait de ma rêverie habituelle, me satisfaisait plus que d'apprendre qu'il s'agit d'un trouble ;-)

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