lundi 26 décembre 2011

L'Apaisement


Voilà
Cette douleur il l'avait accueillie comme un hôte généreux aurait hébergé un lointain parent. D'ailleurs ne s'était-elle pas montrée discrète au tout début ? Il ne l'avait d'abord crue que de passage, mais peu à peu elle s'était révélée d'une familiarité préoccupante et pour finir s'était installée sans qu'il ne s'en rendît vraiment compte. Pendant quelques temps, elle avait déchiré la plupart de ses heures, accaparant tout, entravant sa capacité de mouvement, de pensée. Tout cela paraissait si lointain désormais. La morphine heureusement et l'écoute de Bach, Vivaldi, Mozart, Schumann, Britten, mais aussi Fauré et Debussy l'apaisaient à présent, offrant à son esprit l'opportunité non seulement de vagabonder mais aussi de constater que somme toute, ce n'était pas grand chose ce qui lui arrivait. La perspective de retourner au néant ne l'effrayait plus comme autrefois. Il s'en accommodait comme d'une chose nécessaire et salutaire, et tant pis s'il n'avait pas fait grand chose de sa vie. Guy-Pierre Mauzac remerciait la providence de lui permettre de se préparer, dans de relativement bonnes conditions, eu égard aux circonstances, à sa fin qu'il savait désormais proche. Et, qui sait, songeait-il parfois, si la mort ne s'ouvrirait pas à lui comme le ferait une douce et bienveillante amante.

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