Voilà,
une artiste qui se fait appeler "la dame qui colle" s'applique à recouvrir les murs de portraits de femmes. Sur les rectangles qui sont collés à côté est écrit : ces portraits sont des femmes qui existent et qui nous prêtent main forte dans la rue. "J’ai commencé à coller il y a trois ans. Ça a commencé suite à la
lecture d’un livre qui m’a beaucoup choquée : “Voir le voir” de John
Berger. Cet ouvrage revient sur la façon dont le corps de la femme a été
mis à nu dans l’Art parce que les hommes l’ont choisi. Ce sont eux qui
achètent et peignent les tableaux qui sexualisent les femmes – celles-ci
n’ayant donc pas leur mot à dire sur leurs représentations. Alors j’ai
eu envie d’aller dans l’espace public et de coller des femmes pour
raconter leurs histoires" explique-t-elle dans un entretien.
Ces figure qu'elle dessine et qu'elle colle ensuite dans l’espace public, elle les appelle "les gardiennes de rue."
Le point commun de toutes ces femmes selon l'artiste "c’est qu’elles ont toutes vécu une forme de
violence. Quelle qu’elle soit : une agression, un viol, des violences
conjugales ou encore éducatives, de la prostitution. Ce sont toutes des
femmes réelles, que j’ai rencontrées et qui m’ont raconté leur histoire".
Dans leur représentation aussi, elles ont quelque chose en commun :
elles sont toutes immobiles. Les études sociologiques le montrent : en
tant que femme, quand tu es immobile dans l’espace public, c’est que tu
attends le bus. Ce sont les hommes qui occupent l'espace, qui se posent.
Peu de femmes le font. Si tu t’arrêtes : des hommes vont venir te
parler. Je me suis dit que j’allais coller des femmes immobiles, qui
guettent, des gardiennes de l’espace public. Tu croises plusieurs fois
ces collages-là et tu te dis qu’elles sont là et qu’elles surveillent.
Dans leur regard, on voit d’ailleurs qu’elles sont plutôt dans une
attitude défensive.Cette posture répond à la représentation culturelle qu’on a des
femmes : non, elles ne sont pas souriantes dans l'espace public. Et
comme ce sont elles qui choisissent les vêtements dans lesquels elles
posent pour le collage, on arrive à un modèle contemporain de la
féminité. Très peu de femmes ont voulu porter une robe."
L'artiste explique en outre qu'elle a choisi le collage comme moyen d'expression parce que cette pratique permet de travailler chez soi et de dessiner tranquillement. Quand on colle ensuite, ça prend peu de temps et c’est plus sécurisant. "Beaucoup de femmes collent, on l’a vu
avec les collages féministes qui ont débuté avant le confinement. On a
juste envie de s’exprimer. Avec cette pratique, on prend moins de
risques."
Ceci est le 28eme portrait de la série et le seul que j'ai vu jusqu'à présent à Paris. Cette artiste opère plutôt dans la région lilloise.
shared with monday murals -

...you need to photograph pasted murals quickly, they don't have a long life!
RépondreSupprimerThis artist is making a strong feminist statement about the threat posed to women. These are great looking pasted murals. You mentioned Frank Zappa in your comment today. I know Frank's long term girlfriend, but I never met Frank. She now lives in San Francisco
RépondreSupprimerWe need more artists like this!
RépondreSupprimerGreat post. What's sad is how much safety is a part of the thinking. I know the reality of that. My husband often rides his bike to things so when it's time to go home, he doesn't realise I can't just get the train or walk. It's taken him awhile to work it out. I think that's the difference - what's safe for him is not always considered safe for me...(TIme of night obvs.)
RépondreSupprimerGreat mural and great artistic statement. I hope you find some more pasted murals of the "Street guardians". Thanks for participating in Monday Murals Kwarkito.
RépondreSupprimerOh yes, the male view in art, and the male violence underlying misogyny, now on the rise again in our troubled world. This is a great post, thank you!
RépondreSupprimerI echo Lydia's comment. I am much more conscious of being alone at night now, than I ever was when I was younger.
RépondreSupprimerC'est un superbe article.
RépondreSupprimerTa voix, que tu portes au service d'artistes très peu connus, et très importante.
La démarche de la dame qui colle est puissante et belle, mais je ne suis pas sûre que j'aurais compris son intention en rencontrant ce collage au coin d'une rue.
Alors, merci pour elle et merci pour nous.
Un tout grand merci à la dame qui colle et à toi pour relayer toute ces informations.
RépondreSupprimerOn rêve d’une société plus solidaire où tous, hommes et femmes, veilleraient à la protection de chacun(e). Où tous/ toutes pourraient se déplacer sans crainte.