dimanche 24 février 2013

Je serai dedans


Voilà
(...) il est impossible que j'ai des pensées, et je parle et pense, je fais l'impossible, ce n'est pas possible autrement, c'est lui qui a vécu, moi je n'ai pas vécu, il a mal vécu à cause de moi, je vais raconter ça (...) la fin de sa vie, au fur et à mesure au présent (...) s'il râle c'est lui qui râlera, moi je ne râlerai pas, c'est lui qui mourra moi je ne mourrai pas (...) comment il va faire pour finir, il est impossible que je le sache, je le saurai au fur et à mesure, il est impossible que je le dise, je le dirai au présent, il ne sera plus question de moi, seulement de lui, de la fin de sa vie et de sa mort (...) il ne dira plus jamais rien, il ne parlera à personne, personne ne lui parlera, il ne parlera pas tout seul, il ne pensera pas, il ira, je serai dedans, il se laissera tomber pour dormir, pas n'importe où, il dormira mal à cause de moi, il se lèvera pour aller plus loin, il ira mal à cause de moi, il ne pourra plus rester en place, il n'y a plus rien dans sa tête, j'y mettrai le nécessaire (Samuel Beckett in "Pour finir encore")

2 commentaires:

  1. Adorable, petit bonhomme. La joie qui est entretenue dans ce texte est vraiment communicative. C'en est presque aussi gai qu'un poème de l'ami Alen Leoz :)

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    1. oui mais quand même c'est Beckett... il assez drôle Beckett dans sa façon de ressasser....

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