lundi 12 décembre 2016

Un dimanche après-midi dans le Nord de la France


Voilà,
cette photo prise il y a maintenant dix ans je ne peux la regarder sans une certaine mélancolie. Je trouve pathétique l'image de ce jeune homme jouant devant un parterre de vieux. C'était le 70 ème anniversaire de Christian qui n'était déjà plus très vaillant. Je crois d'ailleurs que je l'ai vu pour la dernière fois à cette occasion. Tout un pan de ma vie s'effritait lentement sans que je puisse y faire quoique ce soit. Je me souviens que la veille un automobiliste fou aurait pu faire un carnage sur la bretelle d'autoroute et avoir alors éprouvé le sentiment de l'avoir échappé belle. Quand j'ai pris cette photo, j'avais la tête ailleurs. La peur - une peur ontologique - qui m'avait, quelques années auparavant, saisi et dont je ne m'étais pas caché, que j'avais extériorisée, nommėe, mais qui tout de même avait été surmontée, puisque je ne m'étais pas défaussé, que je n'avais pas fui, que je faisais face, et que j'assumais mes responsabilités et ce rôle pour lequel je n'étais pas fait, dans lequel je ne m'étais jamais projeté, cette peur on me la reprochait encore cinq ans après, au lieu de reconnaître que je m'étais transformé. Et là j'en avais ras le bol. Ailleurs je redevenais désirable, sans qu'on ne me reproche rien. Si j'avais été capable de jouer de la guitare comme ce jeune homme, j'aurais alors interprété "Hey bulldog" des Beatles juste pour la phrase "you don't know what it looks like to face to your fears"

4 commentaires:

  1. its a great photograph, i like the contrast between the young musician and his audience

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  2. Je ne trouve pas cela pathétique, je pense plutôt à la bienveillance dont les gens âgés font preuve face à la jeunesse.
    Gens "âgés" dont sans doute je fais un peu partie maintenant...
    Un besito Kwarkito.

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  3. Oui, c'est pathétique comme beaucoup des rituels humains, l'audition du petit pour montrer ses progrès à la guitare, à la fin du repas trop arrosé.

    Rôles qui piquent comme les costumes de fête qu'on jette au plus vite une fois rentrée, rôles qu'on ne peut pas jeter, avant de longues années, rôles qu'on ne peut jamais jeter, même pas sans doute avant de mourir, pour ne pas tout gâcher (pour les jeunes) et puis c'est plus que jamais le moment de faire semblant.

    Difficile de ne pas le voir comme du Poelvoorde, avec le pav et ses chaises en plastique, et oui, la peur de " trop " le voir comme ça. Mieux vaut encore s'assourdir avec des cris de guitare. Eux, là-bas, sont, au moins, à mi chemin entre la misère et le soleil.

    Bon courage. Tenez bon, vous n'en avez plus pour très longtemps non plus :)

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  4. I think an experience like that could really make you look at life with new eyes Kwarkito. I like your old black and white photo here and I'm happy it doesn't make you feel sad anymore. Happy weekend 😊

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