mercredi 20 juillet 2016

Le Poème dans la vitre du train


Voilà
c'est à ce poème de Charles Reznikoff que je pensais ce jour là regardant à travers la vitre du train :

Ils étaient trois sur la locomotive
le signaleur le chauffeur et le mécanicien
À environ deux cents mètres de l’homme
– sourd comme un pot –
le signaleur commença à sonner la cloche ;
à moins d’environ une centaine de mètres
 le mécanicien commença à actionner son sifflet
trente ou quarante coups brefs. 


L’homme ne quitta les rails ni ne leva la tête.

Cela me fait penser à ce que nous vivons aujourd'hui, parce que bien sûr l'humanité ressemble à l'homme sourd. Depuis des années des gens expliquent que nous ne pouvons à ce point continuer avec ce mythe de la croissance permanente dans un monde fini, qu'il est malsain de faire perdurer un système financier basé non sur la production mais sur la spéculation, de saccager la planète à ce point et pourtant on continue, on continue comme si tous les signes annonciateurs de la Catastrophe ne comptaient pour rien. On continue avec cette idée folle que, puisque jusqu'à présent l'Humanité s'en est toujours sortie, il n'y a pas de raison que cela change

1 commentaire:

  1. An interesting "twist" on this. Well done. Hmmmm.... .... not on production but on speculation... well said.

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