dimanche 15 janvier 2012

Un documentaire



Voilà
le sujet a tout pour m'intéresser. Et son traitement paradoxal devrait me séduire. Une photographe commente ses images d'un certain point de vue. Mais quelque chose tout au long du film fait écran, qui précisément ne relève pas juste de l'image et en quelque sorte la déborde : un timbre de voix et un phrasé qui dénotent non seulement l'appartenance à la haute bourgeoisie mais aussi son enracinement dans celle-ci. Une sorte d'arrogance compassée, teintée de suffisance et de mépris qui caractérise cette classe sociale. Mais en l'occurrence dans "le genre artiste". L'auteur de ce documentaire est un grand cinéaste. S'amuse-t-il avec les codes ? Car il est clair qu'au bout d'un moment, le sujet n'est plus, ne peut plus, à mon avis, être uniquement ce qui se joue du rapport entre le texte et les photographies. Ce qui s'impose c'est le corps bourgeois tel qu'il s'exprime par le langage et ce style si particulier qui est "le style du pouvoir, même si le discours se veut à l'opposé de ça. Cela suscite en moi une réaction viscérale de violent rejet. Quelque chose de sauvage dont je ne m'explique pas l'intensité, et qui m'effraie cependant quand je songe à toutes les horreurs commises et qu'on a tenté de justifier au nom de la lutte des classes (il n'est de lutte qui ne se fasse sans haine). Quoiqu'il en soit, ce comportement, cette attitude vus dans le film obèrent ma capacité d'appréciation et ma faculté de jugement. Car ce qui prime, c'est encore l'image du corps. Une pensée c'est avant tout un corps qui l'exprime. Et ce corps là, ne me dit rien de bon en ce qu'il exhibe de façon quasi obscène (c'est à dire au devant de la scène) le discours de la classe dominante. D'une certaine façon le propos est occulté par le sujet. Le film parle de quelqu'un qui commente autre chose que ce qu'il montre. Et ce qui m'est donné de voir est encore ailleurs.

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