samedi 11 mars 2017

Rosée du matin


Voilà,
en d'autres temps j'aurais pris un livre de chevet. Là, après m'être absorbé dans la contemplation de l'ombre de la rosée du vasistas projetée sur le mur, je me suis attardé sur le blog d'E. que je ne connais pas, mais dont les textes et les citations m'intriguent. Une petite allusion à la fermeture des magasins généraux me fait comprendre qu'elle est paloise. Peut-être nous sommes nous déjà croisés sans le savoir quand je m'y rendais si regulierement l'été. C'est une ville où j'aurais bien aimé me retirer. Mais je ne me retirerai vraisemblablement jamais nulle part. Je continuerai vaille que vaille. Il n'y aura pas de répit. C'est comme ça pour les cigales. Donc, j'ai cheminé à rebours traversant quelques mois de son existence. J'ai retrouvé l'odeur des vieilles cuisines, les senteurs des sentiers pyrénéens, le vent du grand large sur les chemins côtiers, repensé à l'école de mon enfance landaise où la vie s'écoulait apaisée et riche de possibles. Pendant une petite heure j'ai voyagé entre curiosité indiscrétion et nostalgie imaginant parfois une possible autant qu'improbable amie (paradoxe de ces étranges objets que sont les blogs, publications à la fois intimes et extimes qui nous rendent familiers des inconnu.e.s parfois très lointains) en passant de page en page comme un promeneur qui chemine dans le lit d'un calme torrent l'été et saute de rochers en rochers (Ah les excursions estivales dans les gorges de la Nartuby avec Agnès, Gérard, Delphine et Didier). Ces dérives dans les blogs des autres me plongent parfois dans la vertigineuse rêverie des virtualités inaccomplies. Ainsi sans doute à l'heure présente serais-je autre, ailleurs c'est certain et peut-être même d'une matière différente si un soir, autant par désœuvrement que par devoir, je ne m'étais rendu dans ce théâtre pour y assister à un spectacle dont je ne pouvais imaginer qu'il influerait à ce point sur le cours de ma vie.

1 commentaire:

  1. dire un peu, ne pas trop se dire, parfois un mot fait écho, pourquoi, on sait pas, faire signe, des présences dans ces immensités, une pensée qui fait du bien

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