mardi 31 décembre 2013

C'était bien

Détail d'un vitrail de Maurice Denis à Notre-Dame du Raincy

Voilà,
je ne t'oublierai pas deux-mille-treize
merci pour la lumière et la douceur
et la surprise au cœur de l'hiver

jeudi 26 décembre 2013

L'ami américain


Voilà,
il y a quelques nuits, alors que je n'arrivais pas à me rendormir j'ai entendu sur France Culture une rediffusion d'un entretien de Michel Boujut (ah la voix de Michel Boujut). Il y évoquait sa découverte des films de Wim Wenders et le choc qu'il avait alors éprouvé. Wim Wenders je n'y pense pas si souvent. Pas consciemment en tout cas. Pourtant ce blog, dans son principe, doit beaucoup à son livre "Une fois". J'aime ses photographies commentées. Ses films aussi, bien sûr. Pendant des années dans mon salon j'avais l'affiche de "l'ami américain" de Guy Pellaert avec son générique impressionnant. Je me demandais alors pourquoi le nom de Lou Castel était le seul à y être encadré. Il y a quelques jours j'en ai acheté le dvd, et je l'ai regardé le soir de Noël. Comme quoi ce n'est pas si grave la solitude. Cela peut même être fort profitable. Je n'ai absolument pas été déçu. C'est, malgré les pantalons "patte d'éléphant" de certains personnages, un film parfait. Je me suis longtemps attardé sur ce plan dont je me souvenais mais que j'avais autrement recomposé dans mon souvenir. Dans le film le fils du personnage qu'interprète Bruno Ganz (un homme malade sachant que ses jours sont comptés comme dans cet autre film qui m'a bouleversé où il y a aussi une histoire avec un jeune garçon) possède cette lampe de chevet avec ce train qui semble avancer. Bien des années plus tard, je me suis mis à acheter moi aussi des lampes de ce type. La chambre de cet enfant est merveilleuse. Wenders restitue quelque chose de l'enfance et du lien qui unit ce père et ce fils avec une justesse incroyable par une somme de subtils petit détails qui donnent à supposer que la chambre du fils représente peut-être aussi le rêve d'une enfance que le père n'a pas eue. Le fils a un lit en mezzanine. Un jouet téléphérique le relie au bureau. L'enfant collectionne aussi des boites optiques comme un praxinoscope, ainsi que des petits objets insolites qui suscitent souvent des effets de trompe-l'œil. D'ailleurs son père lui ramène une toupie gyroscope d'un voyage et lui-même offre à l'ami américain interprété par Dennis Hopper, une petite image qui lorsqu'on la bouge change l'expression du visage qui y est représenté. On retrouve aussi cette fascination du cinéaste pour les Etats-Unis, les trains les avions, les voitures, tout ce qui transporte et déplace mentalement. Ce qui étrange aussi, ce sont les paysages disparus ou considérablement transformés des trois villes Hambourg Paris et New-York où se déroule l'action. Les détails aussi : les billets de métro parisiens étaient encore jaunes. Voyant les plans de Hambourg, il me semble reconnaître des endroits où je suis allé lors de mes séjours là-bas deux trois ans plus tard. Et puis vers la fin du film il y cette image des deux voitures sur la plage, dont cette wolkswagen qui rappelle celle du plan inaugural de "Au fil du temps" que j'aimerais bien revoir aussi.


mardi 24 décembre 2013

Ah oui quand même c'est la veille de Noël



Voilà,
c'était il y a quelques jours au marché de Noël à Luxembourg.
l'association de ces deux images m'a rappelé une blague salace
une histoire de petit jésus dans la crèche

lundi 23 décembre 2013

Vacances de Noël


Voilà,
il y a un an à la cinémathèque, j'ai vu avec ma fille ce film que je ne connaissais pas, mais qui s'imposait vu la période. J'étais à peu près sûr qu'il serait bien et je tenais beaucoup à ce qu'on le découvre ensemble. Avant la projection nous avions longuement plaisanté sur le fait qu'elle était la plus jeune dans la salle plutôt investie par un public du troisième âge. L'histoire avait semblé l'intéresser et j'étais heureux qu'ensuite, elle eut assez vite envie d'en parler. Je ne le résumerai pas, il doit y avoir des sites où l'on fait cela mieux que je ne le pourrais. D'ailleurs je ne m'en souviens plus vraiment. Mais je me rappelle avoir été saisi -  outre le fait que l'actrice principale m'a rappelé Maud, la fille de Thierrry et Mimi - par une ellipse particulièrement réussie liant deux séquences qui ne sont pas du tout dans la même temporalité. Les deux personnages principaux se sont quelques jours auparavant rencontrés par hasard à un concert de musique classique tout en haut dans les derniers balcons, aux places économiques. A a sortie l'homme invite la femme à assister à un autre, expliquant qu'un ami régisseur peut lui obtenir des sièges bon marché. On les retrouve quelques jours plus tard au parterre cette fois-ci et l'on comprend que c'est lui qui a acheté les places. Il y a aussitôt un plan d'ensemble sur l'orchestre en train de jouer l'ouverture d'une Symphonie de Beethoven, qui se resserre sur un violoniste qu'on retrouve au plan suivant mais dans un orchestre de café concert jouant "Always" que nos deux protagonistes qui font plus ample connaissance, écoutent attablés en notant que c'est leur première chanson. On comprend là qu'une idylle est en train de se nouer... 

dimanche 22 décembre 2013

Manifesto


Voilà,
attendre de voir sans jamais savoir s'il y a vraiment quelque chose à apercevoir. Traquer dans le présent un futur antérieur. Je ne photographie pas vraiment les choses. Souvent le désir de celles-ci, et quelquefois la peur que j'en ai. Il arrive aussi qu'à travers certaines images je puisse me percevoir, me reconnaître comme autre, comme inconnu, comme étranger. Car si le monde est fait de ce que l'on perçoit, il est encore plus constitué de ce qui nous échappe.

jeudi 19 décembre 2013

Procrastination


Voilà,
je l'aperçois abattu résigné englué dans son impuissance pris au piège d'un présent permanent où il n'a plus la force de saisir le monde tel qu'il va ou plutôt tel qu'il ne va plus. Sans rêve sans possibilité de se projeter à long terme, soumis au nouvel impératif catégorique de la communication ininterrompue tout comme à l'injonction toujours renouvelée de satisfaire les plaisirs immédiats qu'on lui impose, assujetti à la tyrannique nécessité de s'adresser en permanence à des individus, il est là qui tapote sur son smartphone. Il est mon semblable qui regarde les nouvelles : Robert a une nouvelle femme qu'il prend en photo et il est très content pour Robert là-bas très loin dans le Grand-Nord canadien. Il clique j'aime. Florence sort un recueil de poèmes où il est question de fantômes. Nina se promène en felouque et a très chaud. Il écrit un commentaire. Jean-Edouard fait le moine dans sa chaumière en écoutant des airs d'opéra en compagnie de son chat Lucrèce. Il partage cette interprétation du poème de l'amour et de la mer par Irma Kolassi, Christine suit désormais son activité musicale et a ajouté l'album "l'amour fou" de Françoise Hardy à sa bibliothèque. William dans sa Floride natale est toujours neurasthénique, boit souvent du whisky, va régulièrement à la gym, et a décidé de ne plus faire poser ses modèles canon sur le sofa de son atelier de prise de vues. Herbie se demande toujours si tout cela a un sens, dîne parfois le dimanche avec sa mère n'écrit plus sur son carnet de moleskine noir. Des posts l'informent qu'on continue de massacrer les Karen en Birmanie, que Monsanto contrôle la presse scientifique, qu'au Tricastin on ne maîtrise pas les fuites de certains produits radio actifs infiltrés dans les nappes phréatiques, que La NSA sait tout de nous, que l'administration grecque est toujours plus vampirisée par la troïka et ses agents, que dans l'indifférence générale des massacres se perpétuent à Alep et l'homme sur le banc est assailli de questions. Il y en a tant et tant. Elles sont là posées là, oh pas toutes mais beaucoup, entre sol et regard. Les connes et les plus graves, les sans-réponse et celles dont il a plus ou moins la solution. Mais c'est trop tard il n'aura pas le temps ni la force d'y répondre vraiment, de développer la pensée qu'elles exigent parce que ça, penser c'est devenu trop difficile. Et le temps manque. Pourtant il s'assied il voudrait bien faire le point, mais se laisse distraire et ne peut mieux faire que remettre tout ça à plus tard. Autant dire à jamais. Mais ça précisément c'est ce qu'il préfère ne pas se formuler. Alors il tapote, il tapote...

mercredi 18 décembre 2013

Trolls amoureux


Voilà,
quoiqu'il en soit continuer quand même car il faut bien vivre n'est-ce-pas
c'est cela qu'il faut faire vivre en dépit de tout
déambuler dans la catastrophe ambiante comme si de rien n'était 
comme si on n'était pas au courant

dimanche 15 décembre 2013

Féérie de Noël


Voilà
"le spectre qui hante aujourd'hui l'Europe" n'est certes plus comme disait Marx, celui du communisme, on s'en rend bien compte lorsque la nuit tombée, on se promène en cette période au Grand-Duché du Luxembourg. Ce calme agrémenté par le carillon des églises, cette illusoire impression de féérie dans un paysage qui ressemble à un calendrier de l'Avent rend plus vivace encore la sensation que tout cela est trop beau pour être vrai. Ici on abrite et blanchit l'argent des mafias de la drogue et des trafiquants d'armes, on "optimise la fiscalité", on fait transiter des fonds mal acquis en provenance d'Afrique, d'Amérique Latine. Mais le Ravage imminent que favorisent le mensonge, l'irresponsabilité, la prévarication des gouvernants des décideurs des banquiers des agents des grands lobbies industriels semble dans cet état confetti comme une fiction lointaine et improbable. Ici, plus qu'ailleurs on se croit à l'abri d'un désastre dont on s'aveugle et qu'on se plaît pourtant à entretenir. Dans le silence feutré des pantoufles, on s'accommode de toutes sortes de saletés. Les affaires sont les affaires. C'est que par ici on tient à mourir riche.

samedi 14 décembre 2013

Aube au Grand-Duché


Voilà,
juste une vague sensation d'irréalité. Comme si je marchais dans une carte de vœux de fin d'année. Hier, du grand-duché, je n'aurais vu que des paysages embrumés.

mercredi 11 décembre 2013

Ivresse de brume


Voilà,
je ne sais pourquoi je me suis aujourd'hui attardé sur cette photo prise il y a quelques mois et à laquelle je n'avais dans un premier temps accordé qu'une attention distraite. J'aurais aimé l'associer au merveilleux titre d'une anthologie de poèmes bouddhiques "ivresse de brumes, griserie de nuages". écrits entre le XIIIème et le XVIème siècle par des moines coréens. Mais ces figures de pierres convoquent des pensées probablement moins sereines. Elles me touchent parce que la brume les rend tragiques. Le mouvement que je leur devine, suggère un possible effort mêlé d'étonnement pour interroger, saisir ce qui n'a plus ni forme ni sens et qui insidieusement se propage tout comme nous submerge la confuse rumeur de ces temps. Et tout à coup elles deviennent comme les représentations allégoriques de l'angoisse et de l'inquiétude.

mardi 10 décembre 2013

La fontaine de Takis

Le bassin de Takis, Esplanade de la Défense

Voilà
l'aurore.... Il pouvait donc y avoir une aurore encore dans cette ville. Presque oublié que ce fut possible. C'était beau. Comme cela tranchait avec la morne et affligeante sensation que la foule morose entassée à ces heures dans le métropolitain, n'était qu'un bétail humain asservi au salariat. D'un coup, juste à cause de ce jour naissant à la lumière, à cette lumière là au cœur de l'hiver, la réalité semblait tout à fait neuve et changeante. Cela existait et plus jamais ne serait semblable. Voir cela, il était possible de voir cela. Et ainsi se sentir vivant. Au monde. Malgré l'attaché-case et le costume étriqué.

samedi 7 décembre 2013

Illuminations


Voilà,
un instant peut-être s'était-il pris à croire à l'illusion née de cette vision. Il était sans âge ou plus précisément à un âge où un tour de manège est une ivresse que l'on espère autant que l'on redoute. Cet ange de lumière voulait être son ami, il le sentait prêt à l'accueillir dans une étreinte chargée de promesses. Daniel Balochin n'était plus ce petit homme des foules errant dans le mensonge consumériste et inquiet de ses lendemains comme nombre de ceux qu'ils croisait là secrètement tourmentés par les perspective d'un plan social ou d'une imminente restructuration des services ne laissant rien augurer de bon. Elles étaient réconfortantes ces illuminations sur l'esplanade que balayait sèchement un petit vent froid et cinglant comme la remarque à lui adressée le matin même par le contrôleur financier quand il avait découvert une erreur dans le décaissement. Elles suggéraient que la joie peut éclairer le monde, que l'avenir est radieux et que c'est maintenant l'avenir, que l'actualité n'est pas si sombre puisque cela va cela vient cela clignote et que tout est mouvement, oui mais son aînée lui faisait la gueule les rares fois où il la voyait et le cadet passait son temps sur sa tablette et ne foutait plus rien à l'école. Quant à sa femme devenue distante et acariâtre, il préférait ne pas y songer. Marchant vers la station de métro il réalisa qu'il ne sentait même plus sa bite. Il plongea sa main dans sa poche oui elle était bien là toute petite il avait du mal à la trouver - tiens il n'avait pas mis sa clé USB dans son cartable, il devenait donc distrait -, il se tripota un peu, discrètement, de toute façon personne ne le remarquait, personne jamais ne l'avait vraiment remarqué. Il faudrait que tu te reprennes en main mon bonhomme songea-t-il, et cette pensée le fit tristement sourire. C'était le week-end, il pourrait souffler un peu, oui mais voilà il avait emporté des dossiers à la maison. Ça n'en finirait donc jamais ? "Courage" sembla lui dire l'ange de lumière vers lequel il se tourna encore un fois," allez à Lundi". "Pas sûr" répondit Daniel Balochin. Et il s'engouffra dans la station de métro. 

jeudi 5 décembre 2013

Caoutchouc


Voilà,
un jour sans trop savoir pourquoi on trouve intéressant quelque chose auquel on n'avait jamais prêté la moindre attention. S'attardant sur un détail on réalise tout à coup à quel point notre univers quotidien est assailli de visons laides et de mesquines apparitions. Combien aussi tout cela, pour peu que l'on manque de vigilance, contribue à salir la pensée autant que le regard. Voyager dans les petites choses peut parfois susciter la curiosité mais pas nécessairement l'exaltation. A trop passer de temps sous terre, l'horizon vient à manquer.

mercredi 4 décembre 2013

Ces arbres cette église


Voilà,
c'est inexplicable, mais dans ces parages quelque chose de moi m'a précédé. Je veux dire que j'étais déjà là avant que d'y venir pour ce qui me semblait n'être pas tout-à-fait la première fois. M'y suis-je auparavant égaré ou aventuré en songe, où bien les moments passés alentours confèrent-ils à ces lieux la vague et troublante densité d'un rêve ?

mardi 3 décembre 2013

Sans plus figure humaine


Voilà,
ce n'était même plus une silhouette, tout juste une forme indistincte. Abandonnée là comme un tas de vieux vêtements jetés au pied d'une poubelle grisâtre, elle en devenait presque abstraite à force de s'effacer ainsi peu à peu du monde. Sur les réseaux sociaux ses amis d'hier continuaient de s'insurger contre les dernières nominations décidées par le Ministère pour renouveler la direction des grandes institutions culturelles. Certains dans la chaleur douillette d'un appartement hérité, déploraient que l'on ai attribué tel musée ou tel théâtre à l'un plutôt qu'à l'autre.... mais lui n'était plus au courant de ces choses là. Il se souvenait à peine s'y être intéressé. Depuis quelques mois déjà il n'était plus tout à fait de ce monde. Juste une épave. Il n'était jamais parvenu à s'aimer. Il avait appris ce que choir veut dire. Et comme il est facile de disparaître de se faire oublier et que cela va vite. Ses proches avaient perdu sa trace. Sans papiers sans identité il allait comme une bête traquée sans même avoir la force d'être un meurtrier. Autrefois il l'avait eue cette envie de tuer. A présent il glissait sans force vers son abîme. On le retrouverait mort de froid un soir, on le ramasserait on le dissèquerait dans un amphithéâtre, puis on le jetterait à la fosse commune au carré des indigents. De toute façon il était déjà sorti de l'humanité...