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samedi 31 janvier 2026

Soldes

 
Voilà
Ce sont les soldes d'hiver "Profitez en pour soutenir les banques et les multinationales dans leur effort continu pour asservir l'humanité en vous faisant dépenser de l'argent que vous n'avez pas, pour acheter des choses dont vous n'avez pas besoin."

mardi 26 août 2025

Poço iniciático

Voilà,
conçu, entre 1904 et 1910 tout comme le palais et l'ensemble des jardins par l'architecte italien Luigi Manini, le puits initiatique (en portugais : poço iniciático) est une construction située dans le jardin du palais de la Regaleira de Sintra (Portugal) qui "conduit"  symboliquement l'initié des ténèbres vers la lumière en passant par plusieurs "paliers".  S'il porte ce nom c'est qu'on suppose qu’il a été utilisé dans les rituels d’initiation à la franc-maçonnerie Il a l'aspect d'une tour inversée de 27 mètres de haut qui s'enfonce dans la terre. C’est une galerie souterraine avec un escalier en colimaçon, soutenu par des colonnes aux chapîteaux sculptés, qui descend au fond du puits. La terre est le symbole de l'utérus maternel, en même temps que le lieu de la sépulture, où chacun retournera. Ses neuf paliers pourraient être une évocation des neuf cercles, de l'Enfer, du Paradis et du Purgatoire, de la Divine Comédie de Dante. Au fond du puits se trouve encastrée une rose des vents de marbre à huit pointes, disposée sur une croix des Templiers. Parvenu en bas, il faut cheminer à travers un labyrinthe de grottes humides où l'on est contraint de progresser en se penchant, avant de retrouver l'air libre. J’ai déjà évoqué les circonstances de cette excursion avec ma fille. Cela demeure l’un des plus beaux souvenirs de ma vie. Telle était la couleur du ciel ce jour-là.


jeudi 13 février 2025

Comme une Suisse aplatie

 
Voilà,
"tout au fond le Tage est un lac d'azur, et les collines de la rive sud semblent celles d'une Suisse aplatie. Un petit navire (un cargo noir à vapeur) quitte le port, du côté de Poço do Bispo, et se dirige vers l'embouchure du fleuve, que je ne peux voir d'ici" Fernando Pessoa

mercredi 12 février 2025

Bananes et Raisins

 
Voilà
une des choses qui m'avait tant étonné à Madère
les vignes poussant dans l'ombre des bananiers 
et c'était aussi émouvant que les fleurs splendides qu’on peut y trouver

vendredi 24 janvier 2025

Un jour de pluie à Belem


Voilà,
"Il pleut, mais voilà ce qui arrive quand il pleut : je me sens réconforté par la sensation d'être à l'abri de tout. Il pleut, et c'est comme si cette pluie tombait en moi, me nettoyait de quelque chose d'indéfinissable, une mélancolie sans raison que je porte en moi, comme si j'étais fait de cette matière légère qui tombe des cieux. Tout devient plus vrai, plus intime, comme si la pluie avait apporté, avec ses gouttes, un voile de vérité sur tout ce qui existe." (Fernando Pessoa, Le Livre de l'Intranquillité)

dimanche 19 janvier 2025

Pêle-mêle avec miroir

Voilà,
pourquoi je tiens encore ce blog. Parce qu’il me permet d'écrire comme ci ou comme ça, sans contrainte de style de genre ou de sujet. Parce que je peux y proposer des images de nature et de facture différentes. Parce qu'il m’offre la possibilité de ne pas m’en tenir à une seule identité ou une seule forme d’expression. Parce qu’il est un terrain d’expérimentation où je peux raisonnablement m'extérioriser en étant relativement protégé. Parce qu'il y est loisible d’être indifféremment grave ou futile. Parce qu'il me contraint à formuler ce qui me passe par la tête (d'autres font des sports cérébraux comme les mots croisés). Parce qu'il m'offre en outre l’opportunité d’échanger  parfois avec des inconnus. Parce qu'il renvoie une image multipliée fragmenté de ce que je suis. Parce que cela me donne l'illusion d'être encore en lien avec ce monde.
"Les poèmes sont des bouts d’existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort" écrivait René Char. Il en va de même pour ces photos et aussi ces images dessinées ou trafiquées que j’accumule depuis quinze ans sur ces pages. Elles transforment le rapport que j’ai avec le monde. Elle ne racontent rien de particulier. Elles ponctuent des moments de réflexion, parfois, mais aussi des moments de vide, de songerie.
 


Ceci dit, je suis de moins en moins inspiré, et les brouillons qui s’accumulent n'offrent pas grand chose de nouveau. J’ai beaucoup ressassé. Ce sont toujours les mêmes obsessions, les mêmes terreurs et je me lasse de tout ça. En outre l’humour et la dérision semblent m'avoir quitté. Toutefois, je constate aujourd’hui que nombre de lecteurs ou de personnes de mon entourage qui me trouvaient autrefois pessimiste  — quand il me semblait n’être que lucide —, écrivent à présent des choses bien plus sombres que je ne l'ai fait. Je ne devais pas être tout à fait à côté de la plaque. Il est vrai que le futur immédiat est plus anxiogène que jamais pour ceux de ma génération. Que ce soit sur le plan politique, géostratégique, ou écologique. On s'apprête vraisemblablement à vivre des temps étranges.



Au lendemain des élections américaines David Lynch avait constaté dans une vidéo "what a great time to be alive if you like the theater of absurd. La mort l'a pourtant surpris avant le lever de rideau. On se rappellera simplement ce proverbe turc "when a clown moves into a palace he doesn't become a king, the palace becomes a circus". Nous en savons déjà un peu quelque chose dans ce pays où je vis.

 
En fait j'envie l'ami Pierre toujours prompt à imaginer une histoire ou Christine qui  chaque jour agence avec délicatesse un nouveau poème et une image apaisante, ou bien encore Bill qui quotidiennement dépose une vision enchanteresse de paysage. Tous regardent le monde avec sollicitude et soin y ajoutant un peu de beauté. Comme Agathe qui dans son paradis, fait dialoguer entre eux les objets et crée d'oniriques compositions. Mais pour ce qui me concerne l'imagination me fait de plus en plus défaut. 
 
 
 
Tout me paraît flou, incertain. J'essaie de composer des images qui rendent compte de cet état. Cependant ces tentatives me satisfont moyennement. Pas grand chose pour me stimuler ces derniers mois. Je subis le contrecoup de tout ce que j’ai du refouler entre Octobre et Avril. En fait ce qui est désagréable, c'est que désormais la mort approche. Et qu'elle se précise dans un monde tourmenté, traversé d'idées sales et d'affects troubles et malsains qui ne manquent pas de m'éclabousser. Bon, je ne suis pas complètement dépressif, ça ne m'empêche pas d'être futile, d'aller au cinéma, aux expositions, de regarder le rugby à la télévision et parfois au stade avec ma fille. Pendant ce temps là, je ne pense pas aux douleurs nouvelles.
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jeudi 21 novembre 2024

Suspension

Voilà,
nous étions là ensemble, ma fille et moi, silencieux confiants, abandonnés à la contemplation de ce paysage offert. La nuit tombait doucement sur Malaga. C'était un de ces moments suspendus lorsque les mots restent au bord des lèvres et que, dans un muet tohu-bohu, le cerveau mêle pensées souvenirs et conjectures. 

jeudi 14 novembre 2024

Cabanes sous les tropiques

Voilà
c'était sur l'île de la Désirade, une dépendance administrative de la Guadeloupe située à une dizaine de kilomètres à l'est de la Grande-Terre. L’endroit me parut sinistre. Comme si le lieu, depuis longtemps, avait un très mauvais karma. Dès le dix-huitième siècle, quand on installa une léproserie à Baie-Mahault, elle devint une terre de relégation. En outre, l'île ordinairement pauvre en eau potable, fut en 1989 dévastée par l'ouragan Hugo.
Ces cabanes de pêcheurs et ce grand arbre solitaire en arrière plan, j'ai eu envie de les cadrer, comme cela m'est arrivé sous d'autres cieux sur d'autres rivages. Cela reflétait assez bien mon état d'esprit. J'avais alors le moral à zéro et me sentais aussi misérable que ces tôles. 
Il reste cette photo. Merci la vie.

jeudi 7 novembre 2024

Lagune de Venise

Voilà, 
le ciel, on ne sait jamais ce qu'il contient de menaces, même quand il est beau. Aujourd’hui, je me suis souvenu de Venise, et j'ai secrètement remercié le monde de m'avoir offert cette vision. Je me suis aussi rappelé ce texte d'Ascanio Celestini écrit en 2009, année où cette photo fut prise. Il s'appelle "Le peuple est un enfant"

"Le peuple, ça l’intéresse pas cette chose qu’on appelle la Démocratie

Je vais vous raconter une histoire :
Il était une fois un intellectuel qui s’appelait Ponce Pilate
Et un jour, Ponce Pilate a pensé que le peuple était prêt pour la Démocratie.

Donc il a pris deux types, deux types qu’il venait à peine d’arrêter et il les a présentés au peuple en disant :
"Peuple, Démocratie, c’est toi qui choisis, lequel on libère entre celui-ci et celui-là ?"
Le peuple est un enfant, qu’est ce qu’il en sait le peuple ?
Le peuple il tondait les moutons, il trayait les vaches, il labourait dans les champs le peuple...

Alors, Ponce Pilate qui était vraiment avide de démocratie a dit :
"Peuple, je te donne un indice. A ma gauche, il y a Barrabas, à ma droite il y a Jésus Christ. Peuple, lequel veux-tu libérer ?"
Mais le peuple est un enfant, le peuple n’est pas prêt à tout ça, qu’est ce qu’il en sait le peuple ?
Le peuple regarde le match de foot, le peuple, il aime bien les speakerines, le cul, les nichons, qu’est ce qu’il en sait le peuple ? Il va au supermarché...

Alors Ponce Pilate qui était un intellectuel et qui était avide de démocratie a dit :
"Peuple, je te donne un autre indice : Celui-ci, Barrabas est un voleur de poulets, et cet autre, Jésus Christ, c’est Dieu descendu sur la terre. Peuple, lequel veux-tu libérer ?"
Et le Peuple a dit : "Barrabas"
Barrabas...qu’il dit le Peuple...
Parce que le Peuple, il veut Barrabas !
Parce que le Peuple au final, il vote pour le voleur de poulets !
Et le voleur de poulet au final il devient Président du Conseil, il devient Maire, administrateur de copropriété, vous comprenez ?
Le Peuple veut le voleur de poulets !

Et alors Ponce Pilate, qu’est ce qu’il aurait dû faire ? Hein ?
Dire que la démocratie, c’est une idiotie ?
Dire que le peuple est débile ?
Non, Ponce Pilate a fait le geste le plus haut de l’histoire de l’Humanité :
Ponce Pilate s’est lavé les mains.

Vous comprenez ce geste extraordinaire ?
Il s’est lavé les mains ! Comme pour dire que contre l’ignorance, on ne peut rien faire mais contre la saleté, la bataille n’est pas encore perdue, vous comprenez ?

Comme pour dire que la Démocratie, elle est indéfendable, le peuple, il n’en veut pas, il ne la pige pas, il ne la comprend pas... MAIS... On peut encore faire quelque chose pour l’hygiène."
 
Je ne sais pas pourquoi je pense à ça.


mercredi 30 octobre 2024

Quartier Pierreuse


Voilà,
c'est une perspective étrange sur les hauteurs de la ville de Liège avec cet immeuble d'angle, rue Pierreuse, son Christ en façade et cette plaque datant de Juillet 2005 en l'honneur de Père Paul, un curé franciscain. "Père Paul dans l'esprit d'Assise commence ici 35 ans de don de sa vie aux jeunes de tous pays et à leurs familles". J'ai cherché qui était ce père Paul. Il s'agit de l'abbé Deconinck qui selon "La libre Belgique "porta à bout de bras la Jeunesse Sportive Pierreuse, une école de vie et de foot. Il emmenait dans sa camionnette à l'entraînement ou aux matches des enfants italiens d'abord, puis ratissa vers Droixhe et Sainte-Walburge dans un esprit multiculturel qui baigne le quartier. Et le club est fier de voir un de ses joueurs percer à l'Ajax Amsterdam."
Je me souviens bien de cette balade avec Madeleine, ce jour gris de mai. En redescendant vers la ville, dans la basilique St Martin, nous avions rencontré un vieil ornithologue au pied d'un pilier qui observait sur un écran, la couvaison de faucons filmés en haut de l'une des tours.
 

Nous nous sommes entretenus un long moment avec lui. Il était passionné par ses observations et nous avait confié qu'il venait ici chaque jour depuis plusieurs mois. Il me rappelait un comédien belge avec lequel j'avais travaillé voilà bien longtemps. Un grand échalas illuminé qui parlait toujours très fort et dont il était difficile de se décoller dès qu'il vous avait alpagué.
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samedi 26 octobre 2024

Le règne de la vitesse

 
Voilà,
les années passent
un certain effroi demeure pourtant
 bien présent

alors,
Sainte Bicyclette aperçue au pied d'un pilier 
de la Basilique St Martin de Liège
priez pour moi
même si la grâce ne m'est pas tombé dessus
comme il advint pour Paul Claudel près d'une colonne de Notre-Dame, à Paris
 

 et si le temps doit m'être compté 
je vous en prie ne comptez pas trop vite
(tiens on change d'heure cette nuit)

jeudi 22 août 2024

En pensant à Madère

 
Voilà,
l'île de Madère est actuellement en proie à de gigantesques incendies. C'est un endroit merveilleux qui possède en son centre une forêt primaire aujourd'hui menacée. J'y ai marché, la tête parfois dans les nuages, et il arrivait qu'entre deux nuées on aperçoive l'océan. Je garde un souvenir émouvant de cette nature. Ce fut un bonheur d'y être. On rapporte qu'au printemps, lorsque l'île est en pleine floraison, c'est stupéfiant de couleurs et de fragrances. J'espère qu'elle ne sera pas trop ravagée.
 
 

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jeudi 1 août 2024

Playlist de la glande intégrale


Voilà
ma playlist de la paresse intégrale
sunny afternoon des Kinks
sun king des Beatles 
a sad affair de Peter Skellern
Mo ti mo de King Sunny Ade
crying song de Pink Floyd 
sea sex and sun de Gainsbourg 
Santa Lucia de Tino Rossi 
On the beach de Chris Rea
Couleur Café de Serge Gainsbourg
Easy Skanking  de Bob Marley
Good vibrations des Beach Boys 
The girl from Ipanema de Jao Gilberto & Astrud Gilberto
Cigarette de Jacques Higelin
Poinciana par Ahmad Jamal 
O relogio de Os Mutantes
All blues de Miles Davis
 L'aquarium de Saint-Saens 
Jarabi de Toumani et Sidiki Diabate 
Quiet village de Martin Denny
shadow captain de Crosby Stills & Nash 
Saint tropez Pink Floyd
Besame mucho par joao Gilberto
Ligia Antonio Carlos Jobim
(à suivre, mais toutes les suggestions sont bienvenues)

jeudi 6 juin 2024

Perspectives

 
 
Voilà,
je viens de lire ça. C'est bon pour commencer la journée. Près de cinq milliards de passagers sont prévus pour le transport aérien dans le monde cette année. Un record depuis 2019. Je me souviens que, pendant la pandémie et la réduction des vols internationaux, on parlait d’un autre monde possible, d’une prise de conscience internationale à la faveur de cet événement si singulier ("inédit" disait on à l'époque). 
Les compagnies estiment que le trafic devrait tripler d’ici 2050. Je ne sais si c’est un souhait ou une prévision. Je supposais plutôt une raréfaction des vols, que ceux-ci seraient réservés aux élites riches, aux chefs d'états... Un peu comme dans les années soixante. 
Quelque chose m’a-t-il échappé ? Aurait on trouvé des solutions au changement climatique qui crée des perturbations de plus en plus préoccupantes pour l’aviation civile ? A-t-on découvert un carburant pour avions moins polluant ? Le moteur à intrication quantique est-il déjà très au point, économique et en voie de production industrielle ? Prévoit-on une période de stabilité politique dans le monde qui autoriserait les voyages touristiques ? Les rapports du GIEC sont-ils dénués de tout fondement scientifique
Le dogme de la croissance infinie semble toujours d'actualité. Apparemment il n'y a pas d'alternative. Plutôt la logique du profit que la préservation des conditions de vie sur cette planète. Je ne suis pas prévisionniste ou futurologue. Pas savant non plus. Mais quelque chose me dit que cela ne m'a pas l'air d'être une bonne voie. 
Sinon il paraît que deux trous noirs se dirigent vers un point de collision qui va secouer l’espace-temps. Mais enfin ça c'est pour dans très longtemps. 
D'ici là, ne nous privons pas de toutes les belles perspectives que le monde nous offre à l'heure actuelle. Comme celle de la monumentale gare de Liège-Guillemins, œuvre de l'architecte Santiago Calatrava Valls dont la verrière a été colorisée par Daniel Buren
 

 

jeudi 30 mai 2024

Bords de Meuse


Voilà,
je n’étais jamais encore venu ici, qui n’est, après tout, pas si loin de la ville où j’habite ordinairement, et sans doute, n’aurais-je plus l’occasion de m’y rendre. Mais je me serai trouvé là sous ce ciel sous cette lumière – un être encore vivant parmi les autres – avec des pensées, des idées, des désirs… J’aurai, aussi, sur les bords de la Meuse songé, à cette ancienne partenaire de jeu avec laquelle furent autrefois partagés des moments de joyeuse camaraderie. Perdue de vue ces dernières années, jamais plus il ne me sera donné d’entendre son rire, sa voix. Elle a quitté pour toujours cette réalité.
Je voudrais pouvoir marcher d’un cœur léger, m’abandonner à la contemplation des choses, mais il est difficile d’avancer sereinement dans un monde intranquille où les fantômes hantent mes pensées de plus en plus fréquemment. Je vais les rejoindre dans un avenir qui, je le sais, s’amenuise, c’est dans l’ordre des choses, mais je ne parviens pas encore à me faire à cette idée. Je ne me sens pas, comment dire, vraiment prêt. Le corps vieillit, certes, mais c’est toujours un enfant qui en fait sa demeure.

lundi 15 avril 2024

La Vie

 Voilà
 un jour singulier  
aujourd'hui
tant espéré
durant ces six derniers mois
un jour de délivrance
je suis si heureux 
si désemparé
aussi
je ne parviens pas à y croire 
(je ne suis pas doué pour le bonheur)
 c'est tellement miraculeux
oui
miraculeux
elle revient de si loin
ma fille

vendredi 22 décembre 2023

Leaders


Voilà
j'ai déjà évoqué mon goût pour les affiches lacérées, pour tout ce qui relève de la trace, du déchet, pour ce qui s'altère se dégrade et menace de disparaître. Pour ces accidents graphiques que peut nous offrir la réalité, pour ces choses ténues qui apparaissent parfois, et m'émeuvent à un point que je ne m'explique pas. Il arrive oui, qu'une fêlure dans un mur ou de la rouille sur une benne rappellent la précarité de notre condition, et que tout comme ce que nous fabriquons nous aussi sommes aussi appelés à disparaître. 
Cela illustre aussi la façon dont notre cerveau fonctionne
Il y a souvent une dimension accidentelle dans la photo. Soit, on se retrouve ici ou là par hasard, et quelque chose que l'on désire retenir, sans trop savoir exactement pourquoi, passe dans le regard. Soit on s'attarde et l'on guette pour saisir l'heureux hasard qui peut ne pas advenir. En retenant ces menus détails, à défaut d'agir sur le monde, on l'honore cependant. C'est la solution médiane entre l'agir et la contemplation.
Ces deux photos ont été prises sur des murs d'Alger en 1983. Je ne me souviens plus qui était la personne sur la photo de gauche. Un politicien local sans doute. Sur celle de droite, c'est l'ancien président Chadli Bendjedid

jeudi 14 décembre 2023

Ciel de Corse






 
Voilà, 
prise durant le mois d'Août 2014 lors d'un séjour en Corse passé en compagnie de ma fille avec de nombreuses autres personnes dont beaucoup d'enfants, cette photo me rappelle des jours heureux. Oui ce fut vraiment une parenthèse enchantée, Ça j'en suis certain. Il y eut même des moments de pure félicité. Mais j'ai quand même voulu vérifier. Savoir si je n'enjolivais pas les choses. Après tout je tenais déjà ce blog, c'est facile. 
Je n'étais certes pas d'un très grand optimisme, mais ça, ce n'est n'est pas nouveau. Il y a presque dix ans, l'état du monde n'était déjà pas bien brillant. Il n'y a d'ailleurs toujours pas de quoi pavoiser. Je suis retombé sur ce post. Il faut bien l'admettre, il y a des lieux vraiment maudits. Même que ça s'appelle Terre Sainte. Et la pire injustice et souvent de naître en tel lieu plutôt qu'en tel autre.
 

Sinon, ici il pleut, même si les températures sont plutôt douces. "La joie de Noël" a envahi les rues. Bientôt on fêtera la naissance d'un sauveur. Car c'est bien ça qu'il doit faire, nous sauver n'est-ce pas ? 

vendredi 6 octobre 2023

Chiringuito

 

 
Voilà
"A peine dehors, dans la rue, le voici déjà plus déloyal à son propre endroit que dans la chambre. Il regardait des femmes qui ne lui disaient rien, il lisait les menus et n'avait même pas faim"  (Peter Handke,  in "Histoire du crayon")

vendredi 22 septembre 2023

Barber Shop

 
Voilà,
il y a très longtemps, à Manhattan, dans le haut de Broadway j'ai photographié cette boutique de barbier avec son enseigne traditionnelle appelée Barber Pole.
Le Barber Pole, littéralement bâton ou poteau de barbier, est au barbier ce que la carotte est au bureau de tabac, ou la croix verte à la pharmacie. Souvent bleu-blanc-rouge en spirale, parfois juste blanche et rouge, les barbiers l'installaient devant leur devanture.
Dans certains pays étrangers (Italie, USA, Turquie…), la tradition du barbier est toujours restée forte et cette enseigne est une évidence pour la population, Après avoir disparu en France, elle revient de plus en plus ces dernières années dans nos villes. 
Cette tradition remonte au Moyen-Âge. Comme à l'époque la majorité de la population était analphabète, on désignait son lieu d’activité par un signe ou un symbole universellement reconnu. En outre, les barbiers de l’époque non seulement coupaient les cheveux et taillaient les barbes, mais ils utilisaient leur savoir-faire, leurs outils et leur dextérité notamment pour pratiquer des saignées, des petites opérations chirurgicales ou des arrachages de dents. Ce service s’expliquait par l’interdiction faite aux membres du clergé d’effectuer de telles interventions. L’Eglise a le sang en horreur (« Ecclesia abhorret a sanguine »). Lors du concile de Tours en 1163, elle décrète la chirurgie pratique interdite au sein du clergé et la relègue à un rang inférieur à celui de la médecine. La plupart des médecins étant justement des hommes d’Eglise,  les barbiers en viennent à prendre la place des médecins pour réaliser toutes ces interventions de petite chirurgie. C’est la naissance du métier de chirurgien barbier : votre coiffeur barbier était alors aussi votre chirurgien. Souvent considéré comme le père de la chirurgie moderne en France, Ambroise Paré a d'ailleurs commencé sa formation en prenant une place d’apprenti barbier chez un chirurgien-barbier. Il y apprit à manier le rasoir et se familiarisa avec la saignée avant d’être admis en qualité de barbier infirmier à l’Hôtel Dieu de Paris en 1533 où il passa d’apprenti à maître-barbier-chirurgien et réalisa la carrière qu’on lui connait aujourd’hui.

 

 
Le poteau de barbier symbolisait le bâton que le patient tenait dans sa bouche pour rendre ses veines plus saillantes et favoriser la circulation sanguine. Et puis par la même occasion cela permettait de canaliser la douleur du patient car à cette période il n’y avait pas encore d’anesthésie et il fallait bien mordre dans quelque chose.
Pour les couleurs du poteau de barbier, le rouge et le blanc proviennent de la pratique répandue de la saignée qui consistait à prélever du sang chez le patient pour tenter de le guérir d’une maladie ou d’une infection. Les saignées et les sangsues étaient deux des pratiques médicales, très fréquentes à l'époque (souvenons-nous de Molière). Grâce aux progrès de la médecine moderne, nous savons désormais que ce n’était peut-être pas la meilleure idée. Cependant, cette méthode a été utilisée au Moyen Âge pour tout traiter, des simples rhumes aux maladies les plus mortelles. Les pansements blancs imbibés de sang associés à la saignée ont inspiré les rayures rouges et blanches. Les rayures bleues qui ne sont pas toujours présentes symbolisent également la couleur des veines coupées pendant les saignées. Selon une autre interprétation  la bande bleue serait due aux premiers barbiers américains comme un hommage aux couleurs du drapeau.
La sphère en laiton au sommet du poteau serait un rappel du bassin qui contenait les sangsues, tandis que la large base évoque le bol utilisé pour recueillir le sang. Quand le poteau est attaché au mur, la base est remplacée généralement par une boule rappelant celle de son sommet.
En rédigeant de billet, je me suis souvenu des enseignes du Pakistan, peintes sur des plaques de tôle qui permettent de repérer les dentistes. 
 
 

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