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lundi 9 mars 2026

Impressions de Taizé

 
Voilà,
comment ça s'est passé : j'étais dans les parages l'été dernier avec un copain qui possède une maison dans la région. C'était un samedi matin, nous étions allés au marché du côté de la ville de Cluny, un marché très chic d'ailleurs, avec beaucoup de "pârisiens" fortunés. Comme sur la route j'avais vu un panneau indicateur, j'ai dit et si on allait à Taizé
Taizé c'était un nom qui traînait depuis longtemps dans ma tête. Depuis le début des années 70. Oui vers 74 quelque chose comme ça. Dans ma classe se trouvait alors un certain Yves Krier, un beau garçon à la beauté un peu trouble. De longs cheveux blonds qui lui donnaient une grâce presque féminine. Un gars brillant, cultivé, parfois arrogant, mais traversée d’ombres et de tourments. Je pressentais chez lui, sans pouvoir le formuler dans les termes d’aujourd’hui, une inclination secrète vers les garçons – ou peut-être seulement une fluidité, une liberté – que l’époque n’autorisait à nommer. J'ai retrouvé sa trace sur le net. C'est peu dire que la vie nous change.
 Je le croisais parfois en dehors des cours avec un garçon sensiblement plus âgé, qui semblait être pour lui une sorte de mentor. Ils avaient l'air assez liés. Le gars en question s'appelait Jacques Legay, il était plus ou moins chanteur à texte et à guitare, genre Maxime Leforestier, plutôt bon d'ailleurs, avec de jolies mélodies et des chansons assez bien tournées selon mon souvenir. Il avait organisé à Salers, en 1974,  un petit festival de chansons et de théâtre, où je m'étais rendu. C'est par ces gens-là que j'ai entendu parler de Taizé pour la première fois. Il me semble qu'ils avaient en projet de s'y rendre, ou qu'ils y étaient allés dans le cours de l'année. Ces deux gars étaient du genre cathos progressistes et vaguement rebelles (enfin comme on peut l'être chez les cathos). Ils avaient du grandir dans des familles où la religion tenait une grande place. Toutefois ils étaient sensibles aux mouvements qui traversaient alors la jeunesse, l'écologie, les manifestations contre la réduction du sursis militaire, ils fumaient de temps en temps des pétards, adoptaient un code vestimentaire un peu hippie, baba-cool, ce genre de truc. Je me demandais bien à l'époque ce qui pouvait à ce point susciter leur enthousiasme. Plus tard j'ai rencontré d'autres personnes qui en parlaient aussi comme quelque chose d'extraordinaire. Mais bon question religion je me suis arrêté à la communion solennelle, et les cathos même progressistes, ne m'intéressaient pas vraiment. En fait je suis plutôt du genre mécréant et anticlérical. Pour moi, ce qui est écrit dans la Bible n’a jamais eu plus de véracité que les récits de la mythologie grecque, le Mahabarata ou les textes sacrés amérindiens. Les énigmes de l’astrophysique et les mystères de la biologie moléculaire répondent mieux à mes interrogations sur la transcendance. Mais je digresse… Bref, les années passèrent, emportant Taizé dans l’oubli, reléguant ce nom dans un coin obscur de ma mémoire
Mais là, cet été, l'occasion faisait vraiment le larron. C'était trop idiot de se trouver si près et de ne pas y jeter un œil. Ce n'est pas Lourdes, mais tout de même. Donc on est venu un samedi en fin d'après-midi.
J'ai plutôt été déconcerté par cette affaire.
Étonné par la foule que ça draine. Des gens de tous âges et de toutes nationalités. Une organisation et une logistique très au point. Comme un gigantesque camp de vacances autogéré qui fonctionne. Évidemment l'architecture de la communauté a un aspect vaguement concentrationnaire, avec des communs pour la cuisine et la restauration, des baraquement pour dormir. Un petit côté stalag des gens heureux, autogéré avec des chapelles, et une boutique de souvenirs. J'exagère ? Non. Il suffit de regarder une vue aérienne sur le net. Bon il y a aussi des campings alentours pour accueillir la foule des pèlerins.
Ce qui m'a le plus étonné c'est l'air serein et plutôt épanoui de toutes ces personnes. L'effet communauté de gens qui, vus de l'extérieur, semblent se reconnaitre dans un même élan, une même quête.
 
 
 
 Voici ce qu’écrivait l’historien suisse Henri Guillemin en 1992, à propos de Taizé. "Reste ce constat irrécusables que Taizé devient d’année en année, plus vivant, plus attirant. Et ce n’est pas rien, dans notre monde, tel qu’il est, que ces foules de jeunes gens issus de tous les milieux. – excepté, je crois, malheureusement, les milieux ouvriers –, de tous les continents, (y compris, nombre d’agnostiques), se réunissant pour autre chose que des compétitions sportives ou vacarmes  rythmés ; pour causer, ensemble du sens possible de la vie, de l’emploi des jours, de l’existence de Dieu, certaine ou problématique ( et quel Dieu ?), Du message de Jésus-Christ. Et j’ai toujours été frappé, oui, remué, par l’extraordinaire, qualité du silence, respecté par ces milliers d’êtres humains. Pas un bruit, pas même une toux ; une prodigieuse intensité de silence. Que nous sommes loin, – Dieu, merci !– de l’atmosphère irrespirable de certains groupes, dits charismatiques, peuplés de gesticulations convulsives, vociférations. Une grande et belle bonne réalité, cette vie spirituelle, ardente et calme, de Pâques à tout l’été, sur la colline."
Ceci dit, beaucoup de trucs m'ont tout de même paru bizarres. Par exemple, ce qu'on voit sur la photo du haut prise dans ce qui s'appelle la crypte, située sous l'église qui, quant à elle, ressemble à un gigantesque hangar. Là aussi aussi c'est étrange, tous ces gens allongés sur une moquette, certains corps abandonnés au sommeil, à la méditation ou à la contemplation distraite de leur téléphone portable. Scène à la fois paisible et incongrue, comme si l’élan mystique et la banalité la plus prosaïque s’étaient donné rendez-vous dans un même espace.
Évidemment je n'ai pas voulu en rester là sur ces premières impressions et j'ai un peu, comme à mon habitude creusé la question. Je me suis intéressé à l'historique de cette communauté, Et puis j'ai fini par trouver — bien qu'il se trouve sur le réseau Voltaire, un site néo-fasciste et complotiste — un article de Fabien Gaulué très complet, très bien rédigé, extraordinairement clair en ce qui concerne l'historique de cette communauté œcuménique et ses divers développements depuis sa création. Il  y donne même quelques éléments de sociologie sur les personnes qui fréquentent ce lieu. C'est en fait ce qui m'intrigue le plus. Qui sont ces gens ?
Le lendemain, avec mon copain Pascal on a décidé d'assister à la messe.
Il y a avait vraiment du monde, comme en témoigne cette photo prise à la fin de l'office.

 
 Office très étrange d'ailleurs. Les "fidèles" sont pour la plupart assis par terre ou sur de petits tabourets. Le long des murs se trouvent aussi  des bancs pour les gens un peu plus âgés. Des chants méditatifs très caractéristiques de Taizé, courts, répétés plusieurs fois, souvent en plusieurs langues (latin, français, anglais, etc.) sont régulièrement entonnés. J'ai remarqué que nombre des participants les connaissaient par cœur. Pour les débutants ou les étrangers il existe des livres de chants que 'on peut se procurer à l'entrée, et le numéro des cantiques proposés à l'office est inscrit sur des écrans vidéos. Des lectures bibliques, un psaume, un texte de l’Évangile ou de l’Ancien Testament, lus lentement suivi d'un long temps de silence parfois plusieurs minutes, au cœur de l’office. C’est un élément central. Des prières simples et universelles pour la paix, la réconciliation, l’unité des chrétiens, le devenir du monde. Une atmosphère très dépouillée. Quasiment pas de sermon, ou très bref. La communauté est œcuménique : catholiques, protestants et orthodoxes prient ensemble, ce qui explique sans doute la pauvreté du rite. On reste dans le plus petit commun dénominateur.. La communion n’est pas systématique ; elle est proposée selon les traditions et expliquée clairement aux participants. On peut juste être présent, écouter, chanter ou rester silencieux : aucune obligation.  
Tout cela tient à la fois du feu de camp et à d'un woodstock chrétien en plus clean, et paraît être au christianisme ce que les hare krishna sont à l'hindouisme. Cela m'a paru gentil, convivial, peu exigeant et plein de bonnes intentions. Et aussi, sans doute un bon spot de drague, pour jeunes gens en quête de spiritualité et désireux d'échanger leurs fluides.

jeudi 21 août 2025

Vers le bleu du jour

 

Voilà,
Il y a des choses qui se refusent à ma raison comme un chat se refuse à l’eau. La foi par exemple. Bien qu’elle ait, en certaines époques et dans certaines communautés inspiré des merveilles, comme cette chapelle d'un village de Bourgogne – et ça c’est très concret –, elle reste une énigme. J'en ai déjà précédemment parlé, et j'y reviendrai sans doute. Ce n'est pas que je traverse une crise mystique, mais cela occupe mon esprit ces derniers temps. Certains lieux, certaines circonstances favorisent ce genre de supinations et pronations mentales. Il m'arrive de temps à autre d'interroger cette idée, de chercher, de la tourner dans tous les sens. Elle est, depuis que je suis en âge de réfléchir, toujours présente avec plus ou moins d'intensité enfouie dans mes pensées. Comme un vieux Rubik’s cube dont je ne serais jamais parvenu à me débrouiller mais que je garderais tout de même, au cas où, dans un tiroir...

Les églises se remplissent et se vident au gré des siècles, les dieux meurent et renaissent sous d’autres noms, mais la foi, elle, persiste, en dépit des objections. Elle n’exige pas de preuves, se moque des arguments. Elle est là, obstinée, comme l’herbe entre les pavés ou les pierres. Certains prétendent qu’elle console, qu’elle donne un sens, qu’elle réchauffe les nuits trop longues. Peut-être. Mais il est aussi possible qu’elle ne soit qu’un leurre, un déni de réalité une de ces belles histoires qu’on se raconte pour conjurer la peur du silence.
 
Des savants, des philosophes, des poètes l’ont justifiée au prix de contorsions intellectuelles. Ce n’est ni une équation, ni un théorème. Pour Kierkegaard elle se présentait comme un saut subjectif, un engagement personnel envers une vérité excédant la logique. Wittgenstein la considérait comme une forme de vie intérieure exprimée dans des pratiques des rituels et un langage spécifique et pour cela, pensait-il, elle ne pouvait être envisagée de l’extérieur.
D’autres y voient une réponse à l’appel d’un mystère qui nous dépasse. Certains la considèrent comme une illusion correspondant à un besoin de protection infantile. Il est toujours facile de la réfuter puisque la foi est une adhésion à l’Invérifiable.
 

 
 
Quoi qu’il en soit, elle échappe. Autant à ceux qui la possèdent qu’à ceux qui la refusent. Elle semble parfois surgir en des moments étranges où l’on se surprend à espérer sans savoir quoi.
Chercher à comprendre ? Peut-être vaut-il mieux l’observer de loin, comme on regarde un avion s’éloigner dans la nuit étoilée. On ne saura jamais où il va, mais on a la certitude qu’il mène quelque part. Après tout, le mystère qui désigne bien des choses n’est pas fait pour être percé, mais pour nous rappeler que le monde est plus grand que nos doutes et nos certitudes.

                                                         Marianne   : un mystère s’il vous plaît 
                                                         Le serveur : il n’y a plus de mystère 
                                                         Marianne   : alors un verre d’eau
                                                         In "Pierrot le fou" de Jean-Luc Godard

Et si la foi n’était, au fond, qu’une façon d’admettre qu’on ne sait pas, tout en constituant le meilleur moteur pour avancer dans la vie ? un pari, comme le suggérait Pascal — le seul où l’on mise tout en sachant qu’on ne verra jamais les dés. Après tout, dans un monde où tout s’explique, il reste bien peu de place pour l’émerveillement. Oui la foi c’est cette certitude tenace que quelque chose, quelque part, répond dans l’écho du silence.
Plutôt que d’y voir une lâcheté, une fuite devant l’absurde, on peut tout aussi bien y reconnaître une forme achevée de lucidité sur le fait que la raison, si puissante soit-elle, ne comble pas tout. Pourquoi, dès lors, ne pourrait on pas s’accrocher, non à une vérité, mais à l’idée qu’il y en a une. Moins par naïveté, que par défi. Parce que croire, même sans preuve, c’est encore une façon de refuser que le dernier mot revienne au néant. 
Faute de compréhension, tourner son regard vers le ciel. Vers le bleu du jour qui nous cache toutes les énigmes qui scintillent dans la nuit ouverte sur l'infini.

vendredi 11 avril 2025

Autos tamponneuses

Voilà,
cette photo prise à Saint-Gengoux-le-National, Bourgogne en mai 2022 n'est certes pas d'une actualité brûlante, mais les manèges déserts dans les fêtes foraines de province dégagent une mélancolie teintée d’ennui. Cela me fait penser à cette réflexion de Pessoa : "L’ennui… C’est peut-être, au fond, l’insatisfaction de notre âme intime, à laquelle nous n’avons pas donné de croyance, l’affliction de l’enfant triste que nous sommes, intimement, et auquel nous n’avons pas acheté son jouet divin. […] Oui, l’ennui c’est cela : la perte, pour l’âme, de sa capacité à se mentir, le manque, pour la pensée, de cet escalier inexistant par où elle accède, fermement, à la vérité." 

jeudi 11 avril 2024

Près du bosquet


Voilà,
près du bosquet, là-bas, peut-être dénicherait-il un coin pour s'asseoir boire s'assoupir un temps, oublier. Mais impossible de trouver le repos. Toujours ses pensées le ramenaient à la sourde angoisse de son temps. Même dans ce coin retiré, il ne pouvait s'empêcher de s'abreuver aux nouvelles du monde. Sur son ordiphone il consultait ses notes, les publications des uns et des autres sur les réseaux sociaux, les dernières nouvelles, les bulletins de guerre où il était question de nouveaux bombardements, de civils massacrés. C'était épuisant, cette accumulation. Sans espoir. Il repensa à cette phrase d'Alphonse Allais qu'il avait lue par hasard, quelques temps auparavant : "Ne nous prenons pas au sérieux il n'y aura aucun survivant".  

jeudi 8 février 2024

Paysage champêtre


Voilà,
c’est un paysage aperçu un été en Bourgogne. Des meules de foin empilées, enveloppées dans du plastique, offrant l’apparence d’une muraille. L'enrobage des balles de foin dans des couches de film d'enrubannage crée, parait-il, un environnement anaérobie qui permet une fermentation contrôlée du fourrage à l'intérieur de la balle. C’est aussi du Land Art qui s’ignore. La même chose dans le parc d’une fondation d’art contemporain s’appellerait une installation et vaudrait plusieurs millions. Si j’ai pris la photo c’est que je trouvais ça insolite, digne d’intérêt. Mais bon je suis un citadin ; à la campagne un rien m’étonne 

jeudi 21 décembre 2023

Sigy-le-Châtel

 
Voilà,
ce jour de printemps, il y avait eu cette vague inquiétude éprouvée quand on est encore au soleil et qu’on voit l’averse approcher. Dans ce paisible paysage de Bourgogne qui aurait pu paraître immuable, les oiseaux pourtant étaient moins nombreux à chanter. Et c’était comme si ces vieilles pierres survivaient encore dans un monde où la possibilité de croire semble chaque jour vouée à disparaître un peu plus. Mais la lumière, la lumière quand même, il y avait cette lumière.

mardi 11 avril 2023

Pour tous les états intermédiaires

Voilà
Un amour au-delà de l'amour, 
Plus haut que le rite du lien, 
au-delà du jeu sinistre 
de la solitude et de la compagnie. 
Un amour qui n'ait pas à revenir, 
mais non plus à s'en aller.
un amour non soumis 
aux frénésies d'aller et venir, 
d'être éveillés ou endormis, 
d'appeler ou de se taire

Un amour pour être ensemble 
ou pour ne l'être pas, 
mais aussi pour tous les états intermédiaires.

Un amour qui serait comme ouvrir les yeux.
Et peut-être aussi comme les fermer
(Roberto Juarroz) 
 

mardi 24 mai 2022

Des faits encore des faits

 
Voilà,
des faits encore des faits, même si "les faits ne pénètrent pas dans le monde de nos croyances", les ventes de voitures de luxe, de yachts et de jets privés ont explosé durant la pandémie de covid. Des polluants du quotidien s'avèrent délétères pour la construction du cerveau de jeunes enfants. En février de violentes tempêtes ont fait cinq morts en Europe. Pour enrayer le déclin démographique la Chine veut limiter les avortements non médicaux. Au Brésil des inondations ont ravagé la ville touristiques de Petropolis après les pluies les plus importantes en quatre-vingt dix ans. Dans l'Europe entière les agriculteurs malades de pesticides sont abandonnés à leur sort. Plus d'une femme sur quatre dans le monde a été victime de violences conjugales. En Australie les koalas sont désormais une espèce en danger. Trois des cinq banques européennes qui financent le plus les hydrocarbures sont françaises. En Bretagne, les conséquences de l'acidification des océans sont évaluées sur les huîtres. Manger plus sainement peut permettre de gagner dix ans de vie. La famine menace treize millions de personne dans la corne de l'Afrique. Selon le WWF la pollution plastique atteint toutes les parties des océans. La terre abriterait 9200 espèces d'arbres n'ayant pas été découvertes. Le broyage des poussins mâles est désormais interdit dans les filières françaises de poules pondeuses. En Colombie au début du mois de février, des feux en Amazonie ont mis la capitale sous "alerte environnementale". L'Islande compte cesser la chasse à la baleine dès 2024. L'armée russe a bombardé une centrale nucléaire en Ukraine. Il fait +30°C par rapport à la normale en Arctique et + 40°C en Antarctique. Il y a quelques semaines nous apprenions que l'Amazonie est sur le point de franchir un point de bascule et de devenir une savane : quasiment aucune reprise presse ni TV. Will Smith met une claque à Chris Rock aux oscars : tous les médias sont en ébullition, émission spéciale, des débats interminables pour savoir s'il méritait une claque ou pas. Covid : atrophie du cerveau, risques d'AVC... ces effets recensés sur le long terme, même après une forme légère. 500 morts suite à des inondation en Afrique du sud. En Inde et au Pakistan, la température atteint le seuil fatal à l’homme au mois de mai 2022. A mesure que la terre se réchauffe, les primes d’assurance augmentent, devenant inaccessibles pour une grande partie de la population australienne. Le dernier rapport du GIEC incarne l’avertissement le plus sévère jamais lancé à l’humanité. Pour les experts, le comportement humain accélère de manière alarmante le réchauffement climatique et facilite donc la survenue de catastrophes en tout genre. Les météorites transportent avec elles toutes les molécules nécessaires pour l’apparition de la vie sur Terre. Le changement climatique va accélérer les transmissions virales entre espèces. 89% des déchets plastiques trouvés sur les fonds marins profonds sont du plastique à usage unique provenant des activités humaines sur terre, tel que bouteilles, sacs et l’enveloppe d’aliments. Mais les plastiques utilisés en mer sont aussi une source de pollution : le polystyrène expansé, les bouées ou encore les filets de pêche représentent environ 18% des microplastiques présents dans les mers et océans. Six sur neuf ; le monde vient de franchir une nouvelle limite planétaire, et ce pour la deuxième fois de l’année. Cette sixième limite planétaire concerne le cycle de l’eau, et plus particulièrement l’eau verte, celle qui est absorbée par les végétaux. Sécheresses historiques en Californie, et dans une bonne partie de l'Amérique du Sud, ce qui a ruiné une partie des récoltes depuis le mois de février. Mégafeux en Sibérie, vagues de chaleur exceptionnelles dans le désert Africain, etc. etc. etc. En France. Et bien nous sommes aussi concernés : plusieurs départements en alerte sécheresse au mois d'avril... Au mois d'avril !! Un "avion de l’apocalypse" (un Boeing 747 modifié nommé Boeing E-4B) résistant aux bombes nucléaires de l’US Air Force s’est envolé pour une brève mission d’entraînement le lundi 28 février au-dessus du Nebraska. Son décollage est intervenu peu de temps après l’intervention du président russe Vladimir Poutine au cours de laquelle il annonçait mettre les forces nucléaires de son pays en état d’alerte maximale. Des bourgeons éclosent trop tôt, des oiseaux sont balayés par des cyclones, des insectes se reproduisent à gogo... Les hivers sont plus chauds et plus courts, et cela bouleverse les écosystèmes. Bombardements russes, incendies, eau contaminée, fuites radioactives... La guerre contre l’Ukraine pollue. Les dommages pourraient être irréversibles. Le sol, lui, est durablement contaminé. Mais les retombées ne sont que très peu étudiées. Avant l’invasion de l’Ukraine la faim dans le monde touchait près d’une personne sur dix et un tiers de la population était en insécurité alimentaire, sans accès régulier à une alimentation adéquate. À Zagreb il existe un musée des broken relationships. Suite à l'invasion de l'Ukraine, Mc Donald a fermé 847 restaurants en Russie. Une nouvelle marque est née "Uncle Vanya". Ils ont pris le logo de Mc Do, et l'ont tourné à 90°. En raison de la guerre en Ukraine, et de la sécheresse en Amerique l’année dernière La tonne de blé approche les 400 euros, soit le double de son prix à la fin 2021. Malgré la pandémie, le niveau de CO2 dans l’atmosphère atteint un nouveau record. On lit parfois des choses étranges, et je m'étonne que personne e trouve rien à y redire. Washington accuse Moscou d'utiliser l'arme de la faim. Mais c'est quand même bien Washington qui maintient un embargo sur Cuba depuis soixante ans. Un jeune homme de dix-huit ans armé d'un fusil d'assaut a tué dix-huit enfants dans une école primaire du Texas. Le diable n’a plus rien à faire sur terre l’humain le surpasse en besogne.

jeudi 5 mai 2022

La beauté ne sauvera pas le monde

 
 
Voilà 
certes je prends la photo mais je suis incapable de m’accorder à la douceur du paysage.
Trop d’idées sombres me traversent desquelles je ne peux me déprendre.
Je marche encore, je vois encore, je parle encore.
J’agis me déplace me fatigue.
Je lis j’entends des informations.
Je suis au monde, encore.
Je m’accroche aux mots, encore.
Sans espoir sans illusion.
Je fais l’état des lieux.
Je constate.
J’établis des bilans.
Ne projette aucune perspective.
Ne suis pas maître de mon sort.
Il se  peut que ça se précipite.
Que je sois pris de court.
Il se peut aussi que tous, nous soyons pris de court.
Mais ça c’est une autre histoire.
Quoi qu’il en soit la lumière est belle.

vendredi 11 mars 2022

Passe par les villages


Voilà,
"Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fais des détours. Laisse-toi distraire. Mets-toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche-toi sur les détails, pars où il n’y a personne, fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets toi dans tes couleurs, sois dans ton droit et que le bruit des feuilles devienne doux. Passe par les villages, je te suis."
Peter Handke in  "Par les Villages" 

dimanche 1 août 2021

Café du Loup

Voilà,
en descendant vers le sud en TGV, il m'est arrivé quelquefois, pour peu que mon attention fut distraite par le paysage, de furtivement apercevoir, l'espace d'une seconde, cette énigmatique enseigne et ce bâtiment. Un jour, je suis passé à proximité. "Le café du loup", devenu désormais une résidence, a perdu sa vocation première. J'espère que les nouveaux propriétaires préserveront néanmoins la façade. J'ai bien évidemment effectué quelques recherches. Le Journal de Saône et Loire rapporte que "l’ouverture du café « doit remonter au XIXe  siècle, les documents n’en font mention qu’à partir des années 1870, avec l’essor de la D 28. Il est tenu par la veuve Boucansaut, puis par un de ses fils, Jean Badet, jusque dans les années 1890. En 1933, il est tenu par Claude Badet, fils de Jean, après bien des vicissitudes car il a pris feu en 1929. Un bal public y était régulièrement organisé.  Dans une photo d’archives datant du début du XXe  siècle, on distingue sur la façade la silhouette d’un loup peint au-dessous du mot “Café”. Fermé pendant longtemps, l’établissement a brièvement rouvert ses portes, fin 2010, à une clientèle venue des communes environnantes. Le bar tenu par Isabelle Flèche proposait pas moins de 46 bières différentes. Des petits concerts y étaient organisés. C’est à cette époque qu’aurait été dessiné sur la façade le loup hurleur. Le café avait finalement baissé le rideau en septembre 2016. Selon Guillaume Génelot, un habitant de Saint-Martin d’Auxy qui a mené des recherches historiques sur sa commune, l’enseigne du café a pour origine la présence ancestrale de l’animal dans les environs, jusque vers 1907, année au cours de laquelle il aurait été vu pour la dernière fois dans la commune.

mardi 18 mai 2021

Entre deux mondes

 

Voilà, 
"La tristesse nous laisse entre deux mondes, ni désespoir ni indifférence, elle est une promenade au bord de la catastrophe, mais avec élégance, comme un enfant qui court le long d'une falaise sans percevoir le danger, les yeux dans la fracture du ciel, le dessin des nuages, la douceur du vent. Elle n'a pas d'épaisseur propre, pas d'écho. Elle délimite un espace intérieur flou, déraisonnable, où l'on reste au bord des larmes avec en même temps un apaisement étrange. La tristesse peut submerger, mais elle apaise aussi ; elle a un pouvoir d'adhérence qui enveloppe le corps dans une sensation cotonneuse d'étrangeté à soi-même, comme un chagrin d'amour dont on aurait subitement perdu le sens, mais pas la nostalgie." écrivait Anne Dufourmantelle, dans "Éloge du risque". Comme je voudrais qu'elle fût encore là. Son intelligence sa sensibilité et sa clairvoyance me manquent. Surtout dans cette période confuse et troublée où bien des repères disparaissent. Sans doute son discernement aurait-il contribué à débrouiller toute cette complexité dans laquelle je me sens comme pris au piège. Je me suis toujours plus ou moins bien sorti de l'adversité jusqu'à présent. Mais tant de choses me pèsent désormais. A commencer par mon propre corps. Je pourrais toutefois en rire, s'il y avait du moins quelqu'un avec qui en plaisanter.

jeudi 28 janvier 2021

Ce petit air de flûte

 
Voilà,
"Ce petit air de flûte s'enfonçait très bien dans le paysage. On glissait, on flottait, on effleurait des girouettes. C'était paisible comme une odeur de buis ; tout un jardin s'ouvrait pour faire plaisir au cœur. Le temps ? Mais il durait mieux. Et la petite flûterie continuait à l'ombre d'une vigne" Norge in "Les Oignons"  Linked with skywatch friday - my sunday best 

mardi 1 septembre 2020

Un souvenir de cet été


Voilà,
c'est donc la rentrée, avec masques de protection gestes barrières, et moi ce matin à Paris je songe aux images de l'été, à ce dimanche de juillet sur le modeste champ de courses de Cluny en Bourgogne, si paisible et désuet avec son ambiance familiale. Pour occuper mes journées je me fabrique de nouveaux rituels, je fais plus d'exercice physique que je n'en ai jamais fait, mais pour être franc je n'ai pas vraiment envie d'être là. J'ai envie de nature où pouvoir me déplacer librement, musarder, flâner, me laver les yeux à de nouveaux paysages. Je ne veux plus me fixer d'objectifs ou de contrainte


J'ai envie d'être ailleurs, parce qu'ici bien des choses me contrarient. Des phrases me hantent comme celle-ci entendue récemment : "nous allons dans le mur, mais nous avons allumé les phares". Je suis incapable d'écouter les bavardages à la radio, avec ces journalistes qui parlent fort, et souvent de façon péremptoire. Le monde fait trop de bruit. J'ai besoin d'air de musique et de chant.


Je ne parviens pas à me projeter dans le futur, même proche. J'ai du mal à faire le point sur ces derniers mois. Je suis désemparé parce que les neuf semaines de confinement, mais aussi tout ce qui a précédé, ont acquis un caractère d'irréalité. Tant de choses se sont dites pendant ce moment exceptionnel, et maintenant tout semble effacé.
Et puis le chemin des mots est bordé de ronces. Je m'y écorche.

lundi 24 août 2020

Les Fresques de Pietro de Ricchi


Voilà,
comme elles ont vite passé ces vacances en cet étrange été du coronavirus où j'aurais fait des sauts de puce en différents endroits de la France... Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autorisé tant d'escapades. Je suis de retour depuis moins d'une semaine et je n'ai qu'une envie, c'est de repartir. Paris ne m'enchante plus autant qu'avant. La ville devient sale, la misère y est de plus en plus visible, les incivilités trop fréquentes, et la vie bien chère.
Ces photos ont été réalisées en Bourgogne, début Juillet au château de Fléchères. datant du XVIIe siècle, centre de la seigneurie puis de la  baronnie de Fléchères, qui se dresse sur la commune de Fareins dans le département de l'Ain à 6 kilomètres au nord-est de Villefranche sur Saône. Il succède à une ancienne maison forte du XIIe siècle.
Longtemps dissimulées derrière des boiseries du XVIIIème siècle ou des enduits du XIXème ces fresques colorées en trompe-l'œil, œuvre de Pietro Ricchi réapparues lors d'une restauration datant de 1998, constituent un ensemble d'une grande valeur artistique et historique. Ayant passé quatre années en France, à Lyon, à Paris et dans diverses villes de Provence, de toutes les fresques que réalisa Pietro, ne restent que quelques-unes au château de Bagnols sur Cèze et celles du château de Fléchères, qui composent le plus grand ensemble de ce type en France à cette époque. Elles demeurent un témoignage unique de peinture décorative sous Louis XIII, l’une des plus raffinées et des plus précieuses de tout le XVIème siècle, paraît-il.
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jeudi 16 juillet 2020

Sous le ciel de Bourgogne


Voilà,
ces derniers temps, en regardant le ciel de Bourgogne – une Bourgogne devenue presque sèche et aride –, je me faisais la réflexion que je n'avais pas résolu l'équation "comment être positif et lucide à la fois".  Je songeais qu'en ces temps moroses il me faudrait apprendre à être futile et léger, à ne pas m’appesantir sur les périls qui menacent l’humanité, puisque désormais on en parle même à la radio — sans pour autant que cela parvienne vraiment aux oreilles des politiques et des industriels — ni m’attarder sur les trop nombreuses injustices qui se donnent à voir et à entendre et qui, tôt ou tard, entraîneront, comme c'est actuellement le cas au Liban, l'explosion des cadres sociaux.
Ou alors le faire avec humour, mais c'est plus difficile quand on a soi-même fort peu d'espoir d'en réchapper.  Tout ça parce que je constate de plus en plus, en lisant les billets de mes correspondants de blog un peu partout dans le monde que, cette pandémie a sérieusement entamé le moral des uns et des autres. Il n'est guère que du côté de Perth, ou en Nouvelle-Zélande qu'on ne déprime pas trop. Il est possible que le statut d'île ou de ville la plus isolée du monde atténue la rumeur du monde. On recommence d'ailleurs à jouer au rugby dans les stades néozélandais (à mon plus grand plaisir d'ailleurs, puisqu'il est possible de les voir en streaming), et là-bas, faute de matches internationaux, on s'apprête à une rencontre entre l'île du nord et celle du Sud, qui semble sous ces latitudes, un événement considérable. Pour moi aussi. Ça sera comme voir jouer les All blacks contre les All blacks.
 Donc, j'en étais là ce matin de mes réflexions,  lorsque j'ai vu passer le message d'un certain Thierry Janssen que mon ostéopathe a relayé sur son réseau social : "Plus le temps passe, plus j’éprouve un malaise face à ce qui est en train de se passer dans le monde. Mon instinct d’être humain me dit que quelque chose ne tourne pas rond. Il y a comme une menace et celle-ci n’est pas due à un virus. C’est comme si nous étions déconnectés de notre bon sens, déviés sur un chemin qui nous éloigne de la Vie, privés du droit de réagir avec la vitalité qui a sauvé l’humanité de bien des mauvais pas par le passé, réduits au statut d’automates auxquels il est défendu toute créativité. La résignation se répand dans les populations, elle nous conduit droit vers la dépression psychologique et physique. Tout cela n’est pas bon pour notre système immunitaire. Nous sommes fragiles. Étant d’une nature profondément optimiste, j’hésite à partager ce que mon corps me dit... car il s’agit bien de mon corps et non pas de mon mental... Ne sentez-vous pas, vous aussi, la mort qui plane au-dessus de nos têtes?"Je l'ai donc relu plusieurs fois. Heureusement que le type se prétend optimiste.
J'ai repensé au "Congrès de Futurologie" du génial Stanislas Lem. En voici un extrait : "Récemment,  Science News avait brièvement mentionné l'apparition de nouveaux psychotropes du groupe dit des bénignateurs (ou bonines) capables d'imposer à notre psychisme une gaieté et une sérénité sans objet. Mais oui ! Je revoyais encore cette notice avec les yeux de l'esprit. Hédonidol, bénéfactorine, empathiane, euphorasol, félicitol, altruisane, bonocarésine et toute une série de dérivés..."
Bon, je vais peut-être faire un tour à la pharmacie. (Linked with skywatch friday)
Ou écouter un air de Count Basie.

mercredi 22 janvier 2020

Quand viendra le printemps



Voilà,
Quand viendra le printemps, si je suis déjà mort,
les fleurs fleuriront de la même manière
et les arbres ne seront pas moins verts
qu’au printemps passé.
La réalité n’a pas besoin de moi.
J'éprouve une joie énorme
à la pensée que ma mort n’a aucune importance.

Si je savais que demain je dois mourir
et que le printemps est pour après-demain,
je serais content de ce qu’il soit pour après-demain.
Si c’est là son temps, quand viendrait-il sinon
en son temps ?
J’aime que tout soit réel et que tout soit précis ;
et je l’aime parce qu’il en serait ainsi, même
si je ne l’aimais pas.
C’est pourquoi, si je meurs sur-le-champ, je meurs content,
parce que tout est réel et tout est précis.
 On peut, si l’on veut, prier en latin sur mon cercueil.
On peut, si l’on veut, danser et chanter tout autour.
Je n’ai pas de préférences pour un temps où je ne pourrai plus avoir de préférences.
Ce qui sera, quand cela sera, c’est cela qui sera ce qui est.
Fernando Pessoa

linked with skywatch friday

samedi 9 novembre 2019

Trente ans déjà

 

Voilà,
il y a trente ans, lorsque le mur de Berlin est tombé, j'avais l'âge des résurrections et j'étais de passage dans un théâtre de la banlieue de Lyon pour y jouer en tournée la pièce de Brecht "Tambours dans la Nuit". Une femme venait de s'installer chez moi, à Paris, sans m'avoir prévenue qu'elle était mariée (je me rappelle soudain ce détail auquel je n'avais pas pensé depuis des années). Pendant les semaines qui avaient précédé, Jean-Paul Wenzel, notre metteur en scène, avait été tout excité par ce bouleversement d'autant plus historique — je parle bien entendu de Berlin — qu'en plus d'être inattendu, il se produisait sans effusion de sang. Mais là, évidemment, l'émoi était à son comble ."Tu te rends compte" répétait-il, "cet été j'ai déjeuné à Avignon avec Heiner Müller, et il disait que jamais de son vivant il ne verrait la chute du mur". 
Célèbre dramaturge est-allemand, Heiner Müller, pour ceux qui ne le connaissent pas, avait cette particularité d'être un écrivain qui, après avoir été censuré et exclu de l'union des écrivains de son pays dans les années soixante, avait été réhabilité en 1973. Par la suite, il fut toujours un ardent défenseur du socialisme et de la RDA tout en étant critique à l'égard des autorités de son pays. Il a néanmoins pu, dans le courant des années quatre-vingts, disposer du privilège de pouvoir librement circuler non seulement en République Fédérale Allemande, mais aussi dans les pays de l'Ouest, où nombre de ses pièces étaient représentées.
Son cas est significatif : cet écrivain et metteur en scène  résolument socialiste qui s’est somme toute maintes fois brouillé avec le Parti qui le considérait trop critique a toujours trouvé une façon de se faire publier ou de monter des spectacles – malgré des difficultés administratives périodiques. En fait, c’est peut-être par la menace de ternir l’image de la RDA à l’étranger qu'il parvenait à créer un espace de négociation dans les coulisses du régime afin d’obtenir des avantages (et ils étaient nombreux ceux accordés à l'intelligentsia) pour sa propre carrière et sa propre liberté d’expression. 
Que Heiner Müller, lui même n'eut pas soupçonné un tel bouleversement — je prête, peut-être à tort, aux artistes une plus grande capacité de ressentir les frémissements du monde  — nous rappelle combien ce fut alors une fracture dans la compréhension des phénomènes historiques. D'ailleurs avec certains membres de l'Intelligentsia est-allemande il s'est par la suite opposé à la réunification.
Je me souviens avoir regardé avec une vague stupéfaction ces images joyeuses où les berlinois des deux bords fraternisaient en s'étreignant devant la porte de Brandebourg côté ouest, et des premiers coups de pioches contre le mur, et puis le concert de Rostropovitch et tout ça. Une amie, dont la conscience politique ne s'est jamais démentie depuis que je la connais, et qui est encore active et toujours engagée dans les luttes émancipatrices qui secouent le monde, avait aussitôt décidé de se rendre à Berlin, afin d' être au cœur de l'événement. De cette époque j'ai retrouvé cette photo de nuit à Bourg en Bresse, où nous avions joué quelques jours plus tard, prise sur le chemin de mon hôtel, après un de ces dîners au restaurant réunissant la troupe une fois la représentation finie.
(linked with the weekend in black and white)

jeudi 12 septembre 2019

Liste des bonnes nouvelles



Voilà,
Un soir, dans une gare au milieu de nulle part, en attendant un train qui me ramènerait sur Paris j'ai songé qu'il me fallait répondre au défi lancé par Francis J. en commentaire d'une de mes publications du mois d'Août. Je me suis donc efforcé d'écrire une liste de bonnes nouvelles.

Un particulier vietnamien invente des pailles faites d'herbes sauvages et emballées dans des feuilles de bananiers.

L’association Faire Avec, fondée par trois femmes architectes récupère les déchets de chantiers du secteur du bâtiment qui en produit plus de 50 millions de tonnes chaque année, pour rénover les logements des personnes en situation de précarité.

Développé avec l’institut de microbiologie de Guangzhou en Chine, le Cleansebot est un petit robot qui se glisse sous vos draps pour nettoyer votre lit des acariens et bactéries récalcitrants avec une technologie baptisée « désinfection par rayonnement ultraviolet ». Il se faufile partout dans la maison et peut même nettoyer votre clavier d’ordinateur, nid à bactéries par excellence (400 fois plus que dans vos toilettes !).

Une start-up danoise invente des sous-vêtements qui ne se lavent que toutes les quatre semaines… Un réflexe écologique dans des conditions d’hygiène parfaitement pensées. .Les sous-vêtements sont recouverts d’une formule à base d’argent. Cette fine couche d’argent a des propriétés antibactériennes et va détruire au fur et à mesure plus de 99.9% des bactéries présentes dans le tissu. Les bactéries sont responsables des odeurs et donc si les bactéries sont éliminées, les odeurs le sont aussi. Il suffira de laver en machine les sous-vêtements toutes les quatre semaines pour les porter de nouveau. 

Des gens optimistes nous délivrent des messages d'optimisme (bah oui logique !!!) comme par exemple Mitchell Joachim, professeur de pratique à l’Université de New York (États-Unis) qui considère que « L’humanité a créé la majeure partie des problèmes de notre société et, par conséquent, l’humanité a le pouvoir d’apporter des solutions. » ou bien Giulio Prisco, écrivain, expert en technologie, futuriste, cosmiste et transhumaniste (Italie) qui pense que "L’humanité a fait des choses merveilleuses sur Terre et peut continuer à faire des choses encore plus merveilleuses parmi les étoiles, à condition que nous conservions une saine réserve d’optimisme sans bornes, irrévérencieux et déraisonnable." et puis aussi "La thèse de l'effondrement peut nous aider à construire un monde meilleur" (Pablo Servigne) 

Mise au point en 2012 par deux chercheuses promises au prix Nobel, la Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna, la méthode “CRISPR Cas9” permet de couper, de remplacer ou de modifier un gène dans l’ADN d’un être vivant. Une technique extrêmement prometteuse, qui sera très utile dans la thérapie génique. On pourra mieux combattre les maladies en intervenant directement dans l’ADN.

Des chercheurs de l’Université du Wisconsin ont réussi à écrire un message sur Twitter uniquement par la pensée, en se concentrant sur des lettres apparaissant sur un écran. Objectif : concevoir des « prothèses neurales », qui permettront à des personnes handicapées de communiquer par ordinateur ou de piloter leur fauteuil roulant au moyen de la pensée.

Des Américains ont fabriqué deux enzymes artificielles d’une complexité sans précédent, qui pourraient s’avérer utiles pour détruire le pétrole lors d’une marée noire ou créer des bioplastiques. La fabrication d’enzymes artificielles progresse à grands pas. Les enzymes que fournit le corps humain ou d’autres êtres vivants ont beau être capables de prouesses qu’aucun produit de synthèse ne parvient encore à imiter, elles sont parfois instables et longues à produire. 

Ce sont les chiens eux-mêmes qui éclairent depuis peu un parc canin de Cambridge, au Massachusetts, grâce à un biodigesteur qui transforme leurs excréments en méthane, lequel alimente un réverbère à gaz. Un outil simple et efficace pour convertir directement des déchets en source d’énergie.

Des Japonais ont inventé la machine qui au lieu de broyer les documents les transforme en un doux papier toilette qui ne vous martyrisera pas plus la pastille. Bon ça coûte encore à peu près 100 00 dollars, mais souvenons nous qu'au début un lecteur DVD ça coûtait 4000 francs

Donc je devrais pouvoir chanter comme Maurice Chevalier "dans la vie faut pas s'en faire" 

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samedi 31 août 2019

Les jardins de Cormatin


Voilà,
les étés en compagnie de ma fille se feront de plus en plus rares. Elle aura sans doute dans les années qui viennent d'autres envies que celle de voyager l'été avec son vieux père, et c'est bien normal. Les moments passés avec elle me sont d'autant plus précieux. Ces menus partages en dehors de la vie quotidienne, les visites, les promenades, les découvertes faites ensemble, tout cela aura compté parmi les bonheurs les plus doux de mon existence. Nous aurons par exemple marché dans le parc du château de Cormatin ensemble un été. Rien de bien spectaculaire, et les choses qui nous seront apparues au même moment n'auront pas le même poids, se recomposeront différemment dans son esprit, ou bien s'évanouiront peut-être dans l'oubli car d'autres événements d'autres expériences auront occupé sa pensée. Pourtant, ces bouts d'existence, ces instants dérobés ont pour moi la grâce singulière des apparitions. Comme cette statue de pierre au milieu de cette végétation, semblant contempler la sculpture végétale qui lui fait face.(shared with our world tuesday)

Publications les plus consultėes cette année