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vendredi 11 avril 2025

Autos tamponneuses

Voilà,
cette photo prise à Saint-Gengoux-le-National, Bourgogne en mai 2022 n'est certes pas d'une actualité brûlante, mais les manèges déserts dans les fêtes foraines de province dégagent une mélancolie teintée d’ennui. Cela me fait penser à cette réflexion de Pessoa : "L’ennui… C’est peut-être, au fond, l’insatisfaction de notre âme intime, à laquelle nous n’avons pas donné de croyance, l’affliction de l’enfant triste que nous sommes, intimement, et auquel nous n’avons pas acheté son jouet divin. […] Oui, l’ennui c’est cela : la perte, pour l’âme, de sa capacité à se mentir, le manque, pour la pensée, de cet escalier inexistant par où elle accède, fermement, à la vérité." 

dimanche 12 janvier 2025

Un manège décoré

 

Voilà,
j'avais pris cette photo un dimanche de décembre 2023, alors que j'étais allé manger chez l'amie Agnès, je crois que c'était, entre Noël et le nouvel an. J'avais vaguement traîné dans le quartier désert avant de me rendre chez elle. Sans doute étais-je un peu rassuré par le bulletin de santé reçu quelques jours plus tôt, validant les premières étapes du lourd traitement destiné à soigner ma fille. Je mesure aujourd'hui comme je m'y raccrochais (et sa mère aussi sans doute). Il ne restait que l'espoir à quoi s'agripper malgré tout. Je m'efforçais de faire de mon mieux, pour répondre aux amicales sollicitations des quelques personnes qui me soutenaient alors, en me téléphonant régulièrement. Mais il m'était difficile de sortir, de parler.

Un peu plus d'un an après, je réalise à quel point j'étais comme un zombie, faisant de mon mieux pour n'en rien laisser paraître. La distance que je mettais entre l'état émotif intérieur et l'apparence que j'essayais de donner, m'épuisait. 
Je ne trouve toujours pas les mots pour évoquer cette période où je bricolais des solutions de fortune pour échapper à l'angoisse. Je voudrais ne plus avoir à penser à ça. Mais c'est toujours là, cela me rattrape toujours. Au coin d'une rue, devant un paysage ou un visage aperçu. En écoutant un morceau de musique.
Je peux ensuite demeurer des heures, hébété, sans rien dire. Comme si les mots étaient gommés de ma pensée.
Je ne parviens plus à écrire ce que j'éprouve. Je n’ai plus de force, plus d’énergie, plus d’idées. Du mal à parler, à socialiser, aussi. L’impression toujours d’être à côté de la plaque.

mardi 7 janvier 2025

Malgré tout

Voilà,
les fêtes de l'hiver sont finies. Le triptyque Noël - Nouvel an - Epiphanie est derrière nous. On continue de se souhaiter la bonne année — je joue le jeu moi aussi — mais on doit bien admettre que cela relève de la pensée magique. Tout le monde sent bien que cette année sera encore plus chaotique que la précédente. La situation mondiale n'offre pas de grand motifs de pavoiser. Celle de notre pays n'est guère brillante, et dans de nombreux autres ce n'est pas fameux non plus. On va essayer de ne pas se décourager, de continuer à faire des images, raconter des histoires, écouter de la musique, voir des expositions des films, lire de la poésie des romans, faire du théâtre. De dire merci pour ce qu'on peut encore trouver de beauté. Malgré tout. Malgré les périls nouveaux qui se dressent, malgré ceux qui persistent et que nous rappelle ce triste anniversaire de la tuerie de Charlie Hebdo.

mercredi 1 janvier 2025

Carré parfait et bonnes questions

Voilà,
il paraît que le nombre de l'année qui vient est un carré parfait (45²) que c'est aussi le produit de deux carrés (9²x5²) ainsi que la somme de trois carrés (40²+20²+5²) et mieux encore la somme des cubes de tous les chiffres de 1 à 9.  Je ne sais pas si on peut en tirer une quelconque conclusion, et s'il y a lieu de s'en réjouir ou pas. D'un point de vue esthétique ou formel peut-être, pour peu qu'on ait la fibre mathématiques. Ce n'est pas mon cas. 
Pour l'année qui vient, j'essaierai donc — comme me l'a fermement intimé il y a peu ce Père Noël quelque peu autoritaire, et même vaguement menaçant — de me poser les bonnes questions, (et j'encourage mes lecteurs à en faire de même en consultant ce lien où je leur réserve une surprise)
shared with art for fun friday -

jeudi 9 mai 2024

Un souvenir doux amer

 

Voilà,
c'était en Août dernier, un dimanche je crois. Nous avons fait une balade en vélo du côté du bois de Boulogne, ma fille et moi. Août à Paris, c'est agréable, il n'y a jamais beaucoup de monde. En plus l'année dernière il ne faisait pas particulièrement chaud. Ça m'allait parfaitement après la fournaise avignonnaise. Lorsque nous sommes passés à proximité de la Fondation Vuitton, on a vu qu'il n'y avait pas trop de monde dans la file d'attente. Alors, comme ça, au débotté, nous sommes allés voir l'exposition Warhol/Basquiat. Ensuite, nous avons fait un tour au jardin d'acclimatation. La lumière était belle, la promenade fut paisible. 
En regardant cette photo maintenant, je ne peux m'empêcher de penser que nous ne savions rien encore de ce qui sournoisement faisait déjà son sale travail. "Le temps est passé mais l'émotion demeure intacte..."
Je me souviens que j'ai attendu un petit moment avant de déclencher car je voulais avoir dans mon cadre le passage de l'une des nacelles du manège.

vendredi 28 octobre 2022

La pieuvre


Voilà,
Je me perds dans la foule, je cherche une image, insolite, absurde. C’est une autre ville. Je suis un peu perdu. Je tâche, bien que je ne suscite aucune attention particulière, de faire bonne figure. Tout est couleur de chimère. Mes yeux brulent, ma vue baisse. Il y a ce mot, inventé dit-on par Victor Hugo, et cette silhouette détachée de son contexte. Ça fait une curieuse association. Je lis la pieuvre, je pense la guerre. Je ne comprends pas comment font tous ces gens autour de moi pour s’amuser. Il y a le sourire des jeunes filles qui ne voient rien venir, le bonheur des familles, la joie des enfants. On tire à la la carabine à plomb sur des pipes en terre, on mange de la barbe à papa et des pommes d’amour, on tient des ballons au bout d’une ficelle. Ce sont les vacances, l’air est tiède, le ciel chargé d’orages pour ailleurs et pour plus tard. Je suis là, tout me semble bizarre.

jeudi 28 juillet 2022

Jour du dépassement

 
Voilà, 
Selon Global Footprint Network, cette année, le 28 juillet (soit un jour plus tôt que l'année dernière) marque la date à partir de laquelle l’humanité a consommé (empreinte écologique) l’ensemble des ressources que la Terre peut reconstituer en une année (biocapacité). Autrement dit : pour régénérer ce que l’humanité consomme aujourd’hui, il nous faudrait l’équivalent de “1,75 Terre” en termes de surface. A partir d’aujourd’hui, nous vivrons donc cinq mois dans le rouge en entamant le capital naturel nécessaire au maintien de la vie sur Terre. Mais bon que la fête continue n'est-ce pas ? Y-a-t-il une soirée sur un roof-top pour fêter l'événement, une garden-party végan pour célébrer ce jour ⸮ Quelqu'un aurait-il une invitation à me refiler ⸮ 
Je rappelle au passage que le jour du dépassement pour le strict territoire français est advenu le 5 mai et aussi que, en Juillet 2019, la justice de ce pays a estimé, "eu égard à la persistance des dépassements observés dans la région", que l’État avait commis une faute de nature à engager sa responsabilité face aux pics de pollution de l'air en Ile-de-France en 2016 et 2017. "L'insuffisance des mesures prises les conditions de mise en œuvre de ces mesures ne permettent pas de réduire le plus rapidement possible les valeurs de dioxyde d’azote et de particules fines dans l'air, en méconnaissance des objectifs européens repris par le Code de l'environnement", avait en particulier notifié le tribunal.

mardi 11 mai 2021

Fête à Saint-Louis-en-L'Isle


Voilà,
ce n'est pas vraiment un village, plutôt un hameau. Là, au cœur du mois d'Août, quelque chose qui pourrait évoquer une fête foraine se réduit à un manège et un stand. D'autres viendront-ils s'ajouter à ceux-ci ? On ne sait pas. On ne fait que passer. Père et fille, on se promène à vélo. Pourtant au mitan de cet après-midi, sous une poisseuse chaleur qu'une brise légère atténue, l’aspect insolite de cette scène me happe et me saisit tout à fois. On s'attarde un moment. Un imperceptible malaise s’insinue peu à peu. Dans cette fantomatique torpeur, ce qui est supposé susciter de la joie induit au contraire une morne mélancolie. Comme ils raccourcissent déjà les beaux jours et comme elles filent vite les années. Dire qu’on le trouvait parfois bien long, ce temps qui vient à manquer tant il se réduit désormais! Ou peut-être qu'on n'a pas voulu se presser, qu'on était un peu trop nonchalant aussi. On verrait plus tard, et plus tard c'est déjà maintenant. À peine s'en est-on aperçu. Elles semblent encore si proches les fois où l'on choisissait le camion de pompiers sur le manège.

mercredi 11 mars 2020

La Nécessité de l'oubli


Voilà,
un soir il y a quelques années, quand j'aimais photographier les ombres fugitives et choisir des temps de pose qui rendent les corps fantômatiques, j'ai attendu S. près du métro Jules Joffrin. C'était en février 2014. Je ne parviens pas à me rappeler de la raison pour laquelle nous étions convenus de nous retrouver à cet endroit si peu usuel pour moi à l'époque. Mais comme le disait récemment Patrick Wotling dans une émission de radio "il faut avoir un minimum de liberté, de légèreté, ne pas être écrasé par le poids du souvenir… C’est l’une des directions qui permettent de commencer à comprendre pourquoi Nietzsche valorise l’oubli. Nietzsche fait un rapport au modèle animal qui est très parlant : l’animal ne connaît pas les angoisses, les crises d’identité qui sont devenues le lot commun de l’homme contemporain et Nietzsche l’attribue notamment au fait que l’animal ne souffre pas de cette hypertrophie de la mémoire qui surcharge, paralyse les régulations vitales fondamentales… L’animal vit dans l’instant". Ce qui ne m'arrive plus très souvent, je dois en convenir. D'ailleurs, au passage un peu de bestialité ne me ferait pas de mal.
S. m'a finalement rappelé que nous étions allé voir dans un théâtre situé à proximité un spectacle intitulé "la liste de mes vœux" 

jeudi 3 mai 2018

La Vengeance du Daltonien


Voilà,
du temps a passé depuis cette image. Je me souviens l'avoir prise un matin alors qu'il n'y avait personne et que la plupart des manèges étaient fermés. La jeune fille assise, certainement étudiante dans une école d'art, dessinait, une autre non loin faisait de même. J'en avais repéré plusieurs dans les parages, qui avaient sans doute un sujet imposé. Je n'arrive pas vraiment à retrouver la date exacte, au printemps ou l'été 2013 peut-être. Je ne fais plus des tirages couleur aussi saturés et contrastés, accentuant le côté artificiel et graphique. C'était un peu, à l'époque, la vengeance du daltonien que je suis. Je me souviens du plaisir que j'éprouvais à l'époque en fabriquant cela — qui me plaît toujours — .

dimanche 4 décembre 2016

Marché de Noël au Luxembourg (un rêve)


Voilà,
juste un rêve étrange. Dans un marché de Noël semblable à celui où je m'étais retrouvé au Luxembourg en 2013, j'aperçois un type très vouté, petit avec de longs cheveux blancs - une silhouette quasi beckettienne - qui s'agite conversant avec un autre un peu déchu comme lui. Avec une voix de fausset il tient des propos assez pertinents sur l'art le cinéma la photo. J'ai la certitude qu'il s'agit d'Olivier A. que j'ai connu quand j'avais 16 ans, un garçon autrefois brillant, très engagé politiquement et en son temps le plus jeune diplômé d'une prestigieuse école française de cinéma. Je m'avance vers lui. Je lui dis "bonjour Olivier". Il me répond "je suis content d'être encore Olivier pour quelqu'un". Ce qui est paradoxal dans ce rêve, c'est que c'est moi qui me retrouve dans la position de celui qui mène une vie régulière, alors qu'en réalité, il est devenu une sorte de serviteur et agent du grand Capital (lui qui était autrefois un gauchiste proclamé) avec lequel j'aurais vraisemblablement bien peu à échanger. Aujourd'hui il gagne fort bien sa vie en réalisant des séries télé stupides, et c'est plutôt moi qui suis dans une position marginale. Ce qui m'exaspère dans ce rêve, c'est d'endosser une fois de plus cette figure raisonnable et conciliante alors que je ne contrôle plus grand chose et que la vie matérielle devient de plus en plus incertaine.

lundi 12 septembre 2016

Lorsque l'enfant était enfant


Voilà,
un poème de Peter Handke que l'on entend si je me souviens bien dans le film "Les ailes du désir" de Wim Wenders

Lorsque l’enfant était enfant,
Il marchait les bras ballants,
Il voulait que le ruisseau soit rivière
Et la rivière, fleuve,
Que cette flaque soit la mer.
Lorsque l’enfant était enfant,
Il ne savait pas qu’il était enfant,
Tout pour lui avait une âme
Et toutes les âmes étaient une.
Lorsque l’enfant était enfant,
Il n’avait d’opinion sur rien,
Il n’avait pas d’habitude
Il s’asseyait souvent en tailleur,
Démarrait en courant,
Avait une mèche rebelle,
Et ne faisait pas de mines quand on le photographiait.
Lorsque l’enfant était enfant, ce fut le temps des questions suivantes :
Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?
La vie sous le soleil n’est pas qu’un rêve ?
Ce que je vois, entend et sens, n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
Le mal existe t-il vraiment avec des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment se fait-il que moi qui suis moi, avant de le devenir je ne l’étais pas, et qu’un jour moi qui suis moi, je ne serais plus ce moi que je suis ?
Lorsque l’enfant était enfant,
lui répugnaient les épinards, les petits pois, le riz au lait
et la purée de chou-fleur.
et maintenant il en mange même sans être obligé.
Lorsque l’enfant était enfant,
Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
Et il en est toujours ainsi.
Lorsque l’enfant était enfant,
Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,
Les noix fraîches lui irritaient la langue,
Et c’est toujours ainsi.
Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,
Et il en est toujours ainsi.
Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises, exalté
Comme aujourd’hui encore,
Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
Il attendait la première neige et il l’attend toujours.
Lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
Et elle y vibre toujours.
shared with sunday postcards 

jeudi 14 janvier 2016

A la tombée de la nuit


Voilà
Ce soir je voudrais être auprès de ma fille et la serrer très fort dans mes bras,
car pour elle c'est un jour particulier et pour moi aussi sans doute.
Elle me manque. 
Entre Rhône et Saône j'ai le le blues de la presqu'île.
linked with weekend reflections

vendredi 18 décembre 2015

Grande Roue


Voilà,
un soir, il n'y a pas si longtemps j'ai vu cela. J'étais sans mot sans perspective. 
je me souviens avoir envié ces personnes dans le cadre
qui prenaient le temps de s'attarder à la buvette pour boire du vin chaud

vendredi 2 janvier 2015

Jardin des Tuileries, premier soir de l'année


Voilà,
c'était bien d'être ici... L'année a, une fois de plus, commencé avec une expo, à une heure certes plus tardive, mais après une journée douce et paresseuse, et des vacances de Noël qui bien que parisiennes n'en furent pas moins de vraies vacances. J'aurai goûté des anones, des tamarillos, des fruits de la passion, du pitaya, des litchis, des narangilles et des mangoustans, bu raisonnablement et mangé quelques huîtres, découvert les livres de Pastoureau, un restaurant vietnamien où je reviendrai souvent et un vin des coteaux de l'Aubance apporté par la plus estimable des pourvoyeuses. Je me serai laissé aller à quelques grasses matinées sans aucune culpabilité, j'aurai vu quelques bons films et quelques bonnes pièces... Il y a longtemps que cela n'avait pas été aussi bien et aussi simple.
Sinon, il semblerait que je me fasse à l'idée de ne plus écouter le journal du matin sur France Culture ou l'insupportable Marc Voinchet ne cesse d'interrompre ses invités (ce matin c'était Cynthia Fleury une philosophe qui a pourtant beaucoup de pensées intéressantes à développer, mais j'ai du changer de fréquence). M'éveiller avec France Musique et ses quelques flashes d'actualité, me déconcerte un peu. Il y a moins de paroles.  Et c'est comme si le monde s'éloignait. Ce n'est peut-être pas plus mal après tout.
À part ça, merci à tout ceux qui m'ont envoyé leur vœux sur ce blog. Une pensée aussi pour Nicolas qui a trouvé ce qui lie tous les personnages évoqués dans certaines de mes pages. Non seulement c'est un bon lecteur, la moindre des choses que l'on peut espérer d'un libraire, mais c'est aussi un talent d'écriture, ainsi qu'un bricoleur d'images comme je les aime : un peu brut, un peu sauvage..
Allez, courage, entrain, abnégation (il en faut parfois), pieds au chaud (du moins pour l'hiver) et bonne année à tous et à chacun ...

vendredi 3 janvier 2014

Crazy Mouse



Voilà,
aujourd'hui avec ma fille, nous nous sommes rendus à la fête foraine dressée durant les vacances sous les voûtes du grand palais. Il a fallu attendre longtemps pour cette attraction de montagnes russes assez effrayante qui s'appelle "crazy mouse". Observant la foule et l'installation l'idée m'a traversé que si l'une des nacelles se détachait ce serait une terrible catastrophe et que vraiment c'était trop con d'être là, que sûrement on n'en réchapperait pas. Je suis comme ça, je ne peux pas m'empêcher en certaines circonstances d'imaginer le pire. Mais bon finalement rien de terrible n'est advenu. Je dois toutefois admettre que ça secouait fort pendant notre tour de manège qu'il y a eu quelques instants de grande frayeur. En descendant nous ne marchions pas très droit, et ma fille a immédiatement qualifié ça comme "l'expérience traumatisante de sa vie". Nous avons donc passé la fin de l'après-midi là ainsi que le début de la soirée, entre les balançoires, la grande roue et le train fantôme à nous fabriquer des souvenirs. On a même mangé de la barbe à papa. Pour finir, nous sommes allés aux auto-tamponneuses, chose que je n'avais pas faite depuis plusieurs décennies. Je n'ai pas perdu la main et j'y ai même repris goût....

mardi 24 décembre 2013

Ah oui quand même c'est la veille de Noël



Voilà,
c'était il y a quelques jours au marché de Noël à Luxembourg.
l'association de ces deux images m'a rappelé une blague salace
une histoire de petit jésus dans la crèche

samedi 7 décembre 2013

Illuminations


Voilà,
un instant peut-être s'était-il pris à croire à l'illusion née de cette vision. Il était sans âge ou plus précisément à un âge où un tour de manège est une ivresse que l'on espère autant que l'on redoute. Cet ange de lumière voulait être son ami, il le sentait prêt à l'accueillir dans une étreinte chargée de promesses. Daniel Balochin n'était plus ce petit homme des foules errant dans le mensonge consumériste et inquiet de ses lendemains comme nombre de ceux qu'il croisait là secrètement tourmentés par les perspective d'un plan social ou d'une imminente restructuration des services ne laissant rien augurer de bon. Elles étaient réconfortantes ces illuminations de Noël, sur l'esplanade que balayait sèchement un petit vent froid et cinglant comme la remarque à lui adressée le matin même par le contrôleur financier quand il avait découvert une erreur dans le décaissement. Elles suggéraient accompagnées de ces refrains de circonstances  — vive le vent vive le vent d'hiver avec bruit de clochettes et chœurs d'enfants — que la joie peut éclairer le monde, que l'avenir est radieux et que c'est maintenant l'avenir, que l'actualité n'est pas si sombre puisque cela va cela vient cela clignote et que tout est mouvement, oui mais son aînée lui faisait la gueule les rares fois où il la voyait et le cadet passait son temps sur sa tablette et ne foutait plus rien à l'école. Quant à sa femme devenue distante et acariâtre, il préférait ne pas y songer. Marchant vers la station de métro il réalisa qu'il ne sentait même plus sa bite. Il plongea sa main dans sa poche oui elle était bien là toute petite il avait du mal à la trouver — tiens il n'avait pas mis sa clé USB dans son cartable, il devenait donc distrait —, il se tripota un peu, discrètement, de toute façon personne ne le remarquait, personne jamais ne l'avait vraiment remarqué. Il faudrait que tu te reprennes en main mon bonhomme songea-t-il, et cette pensée le fit tristement sourire. C'était le week-end, il pourrait souffler un peu, oui mais voilà il avait emporté des dossiers à la maison. Ça n'en finirait donc jamais ? "Courage" sembla lui dire l'ange de lumière vers lequel il se tourna encore un fois," allez à Lundi". "Pas sûr" répondit Daniel Balochin. Et il s'engouffra dans la station de métro. (première publication 7/12/2013 à 14:25)s

dimanche 17 novembre 2013

Vin chaud gaufres

Champs Elysées 2011
Voilà,
j'ai une tendresse pour cette photo prise il y a deux ans vers la fin du mois de Novembre. Je me suis souvent demandé ce qui liait cette religieuse et cette fille au blouson que j'avais vues arriver ensemble en se parlant. Enfin à cet instant précis, je veux dire celui de la photo, je peux le supposer : quelque chose comme la possibilité du péché - gourmandise ou tentation -. Mais sinon ?

vendredi 5 juillet 2013

La fête foraine des Tuileries



Voilà,
dans la grisaille de ce matin je me suis une fois de plus rappelé que j'aime l'ambiance des lieux désertés ou désaffectés, mais aussi les espaces vides ou à peine fréquentés, les manèges fermés, les fêtes foraines au petit matin, les plages qui attendent d'être envahies, ou que les baigneurs ont quittées, les lieux de grande activité avant ou après les heures d'ouverture... J'aime ce léger décalage qui dès lors donne un tout autre sens aux choses, et en retenir des images qui me semblent dès lors peuplées de fantômes. D'ailleurs la photographie, est par nature fantomatique. Il suffit de songer à toutes ces clichés d'Atget, pris à la chambre et qui nécessitaient un si long temps de pause, que les corps en mouvements, les passants les calèches et les voitures n'avaient pas le temps de s'y inscrire. Mais toute cette vie n'ayant pas laissé de trace visible hante néanmoins ces images, et ce qui n'y est pas apparu, — toute cette activité spectrale — y demeure peut-être plus essentiel encore, que ce qui est resté imprimé pour se donner à voir.

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