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mardi 25 août 2026

Jardins en pots


Voilà
ce jardin en pots photographié en juillet 2011 sur l'île de Ré (c'était à La Flotte, je crois) me rappelle celui d'une grand-tante qui vivait près de Niort et qui m'émerveillait enfant. Je ne sais si c'est de là que me vient cette attirance pour ces fouillis savamment organisés, mais ils m'émeuvent toujours autant. Je prête à ceux qui les ont arrangés une patience, une quiétude et une confiance dans le temps qui passe, que je n'ai pas et n'aurai sans doute jamais. Ce sont des endroits qui respirent la paix et rassurent. Moi qui, en dépit des années accumulées, éprouve encore le blues du dimanche soir, c'est l
à que j'aimerais bien être à l'heure où j'écris ces lignes. première publication 23/09/2012 à 19:26

mardi 19 mai 2026

Les souvenirs et la couleur

Voilà,
j'ai de nouveau envie d'images granuleuses et saturées comme celle-ci réalisée en 2011 lors d'un séjour à l'île de Ré. Je m'en fous du bon goût, de ce qui se fait ou ne se fait pas. C'est une photo prise et développée par un dyschromate qui cherchait juste à se faire plaisir et qui me plaît encore.
Il ne me reste que les souvenirs et la couleur que j'étais alors en mesure de leur donner.
Donc, je me promenais en vélo avec ma fille. 
Un instant je me suis arrêté au bord de ce marais-salant. Je crois que j'aime bien les marais-salants. Et les îles aussi.
La lumière était belle et j'ai voulu retenir ça. Ce paysage que nous avions en partage. 

jeudi 12 février 2026

Vacanciers

 
Voilà,
à vingt ans on regarde la mer sur un inconfortable rocher, on fait des projets, une vie passe et pour peu qu'on l'ait traversée sans trop d'encombre, on finit — si l'on est encore en relativement bon état — par emporter ses pliants avec soi pour paisiblement contempler le fleuve et la ville au loin. Je me souviens très bien de cette fin d’après-midi de Juillet sur l’île de la Barthelasse face à la cité des Papes. Les vieux, les familles et les fumeurs de joints se promenaient ou pique-niquaient sur les berges du Rhône. La température tombait doucement sans pour autant atteindre la fraîcheur. Je n'étais déjà plus tout à fait là, songeant à mon retour sur Paris.

mercredi 9 juillet 2025

Autrefois l'insouciance

 
Voilà,
c'était il y a dix ans. La plus grande nation occidentale n'était pas encore gouvernée par un malade mental complètement sénile. C'était même quelque chose d'inenvisageable. Elon Musk, quant à lui était encore un jeune entrepreneur "une sorte de gourou, un porteur de rêves qui aime se lancer des défis disait on de lui dans les gazettes. Les entreprises Paypal, Space X, Tesla, le projet Hyperloop... Autant de défis lancés ou relevés par celui qu'on considérait comme un entrepreneur génial bien que déjà controversé. Après un premier succès économique dans les années 2000 avec la revente de l'entreprise Paypal, Elon Musk s'était lancé dans le challenge technologique en pariant sur la voiture électrique avec la firme Tesla : «Je veux démontrer que la voiture électrique est la voiture la plus prometteuse de monde !», confiait-il alors. À l'époque, son projet c'était Hyperloop. Lancé en 2013, il rêvait au voyage ferroviaire à très grande vitesse avec une ligne reliant Los Angeles à San Francisco en moins de trente minutes. C'est à cette époque aussi qu'il lançait Open AI dont l'Objectif affiché était de développer des technologies d’intelligence artificielle et de les mettre à disposition de tous, pour qu'elle bénéficie à l'humanité « En tant qu’organisation à but non lucratif, notre but et de créer de la valeur pour tout le monde, plutôt que pour des actionnaires », pouvait-on lire dans le texte de présentation, sans réaliser à quel point cette nouvelle technologie serait gourmande en énergie.
Dix ans à peine, depuis cette photo sous le ciel bleu de Madère ; cela me paraît si loin, presque irréel. Ce n'est pas que les choses allaient particulièrement bien à l'époque, mais comparées à maintenant, c'est sans mesure. Ce qui est stupéfiant, c'est l'impression d'une inéluctable accélération vers le pire, dont on ne connaît pour le moment pas la nature exacte. 
On est désormais dans le temps de la force désinhibée, comme jamais peut-être auparavant. Au regard de la puissance de destruction dont l'humanité dispose, on ne peut que s’en inquiéter. Surtout quand la bêtise est à ce point plébiscitée. C’est quand même une sorte d’Amin Dada qui a été démocratiquement élu dans ce qui, voilà peu de temps encore, passait pour la première puissance mondiale. Si, pour l'humanité ce n'est pas encore la fin des temps, il est cependant possible que, comme l'écrit Pierre-Henri Castel dans son ouvrage "Le mal qui vient", ce soit déjà le temps de la fin. De toute façon, cela prendra une forme autre que ce que nous sommes en mesure d'imaginer.
 
 
Mais tout de même, à défaut d'être joyeux, apprécions — puisque de toute façon il ne nous reste guère d'autre alternative —,  le plaisir de pouvoir encore, sous un ciel radieux flâner en paix dans la splendeur d'une sainte et moyenâgeuse cité.

mardi 3 juin 2025

Joli cadeau


Voilà,
c'est l'été sur une île paradisiaque, il fait chaud, on est tout à la joie du soleil et de la mer, un jour, une enfant que peu à peu l'on apprend à connaître vous offre son sourire, sa gaîté. Onze années passent comme un battement de paupières, et une adolescente vous envoie un texto pour partager sa joie d'être admise à un cursus universitaire qui lui tient à cœur. La vie fait parfois de jolis cadeaux
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mercredi 12 février 2025

Bananes et Raisins

 
Voilà
une des choses qui m'avait tant étonné à Madère
les vignes poussant dans l'ombre des bananiers 
et c'était aussi émouvant que les fleurs splendides qu’on peut y trouver

jeudi 14 novembre 2024

Cabanes sous les tropiques

Voilà
c'était sur l'île de la Désirade, une dépendance administrative de la Guadeloupe située à une dizaine de kilomètres à l'est de la Grande-Terre. L’endroit me parut sinistre. Comme si le lieu, depuis longtemps, avait un très mauvais karma. Dès le dix-huitième siècle, quand on installa une léproserie à Baie-Mahault, elle devint une terre de relégation. En outre, l'île ordinairement pauvre en eau potable, fut en 1989 dévastée par l'ouragan Hugo.
Ces cabanes de pêcheurs et ce grand arbre solitaire en arrière plan, j'ai eu envie de les cadrer, comme cela m'est arrivé sous d'autres cieux sur d'autres rivages. Cela reflétait assez bien mon état d'esprit. J'avais alors le moral à zéro et me sentais aussi misérable que ces tôles. 
Il reste cette photo. Merci la vie.

jeudi 22 août 2024

En pensant à Madère

 
Voilà,
l'île de Madère est actuellement en proie à de gigantesques incendies. C'est un endroit merveilleux qui possède en son centre une forêt primaire aujourd'hui menacée. J'y ai marché, la tête parfois dans les nuages, et il arrivait qu'entre deux nuées on aperçoive l'océan. Je garde un souvenir émouvant de cette nature. Ce fut un bonheur d'y être. On rapporte qu'au printemps, lorsque l'île est en pleine floraison, c'est stupéfiant de couleurs et de fragrances. J'espère qu'elle ne sera pas trop ravagée.
 
 

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jeudi 1 août 2024

Playlist de la glande intégrale


Voilà
ma playlist de la paresse intégrale
sunny afternoon des Kinks
sun king des Beatles 
a sad affair de Peter Skellern
Mo ti mo de King Sunny Ade
crying song de Pink Floyd 
sea sex and sun de Gainsbourg 
Santa Lucia de Tino Rossi 
On the beach de Chris Rea
Couleur Café de Serge Gainsbourg
Easy Skanking  de Bob Marley
Good vibrations des Beach Boys 
The girl from Ipanema de Jao Gilberto & Astrud Gilberto
Cigarette de Jacques Higelin
Poinciana par Ahmad Jamal 
O relogio de Os Mutantes
All blues de Miles Davis
 L'aquarium de Saint-Saens 
Jarabi de Toumani et Sidiki Diabate 
Quiet village de Martin Denny
shadow captain de Crosby Stills & Nash 
Saint tropez Pink Floyd
Besame mucho par joao Gilberto
Ligia Antonio Carlos Jobim
(à suivre, mais toutes les suggestions sont bienvenues)

lundi 15 avril 2024

La Vie

 Voilà
 un jour singulier  
aujourd'hui
tant espéré
durant ces six derniers mois
un jour de délivrance
je suis si heureux 
si désemparé
aussi
je ne parviens pas à y croire 
(je ne suis pas doué pour le bonheur)
 c'est tellement miraculeux
oui
miraculeux
elle revient de si loin
ma fille

jeudi 14 décembre 2023

Ciel de Corse






 
Voilà, 
prise durant le mois d'Août 2014 lors d'un séjour en Corse passé en compagnie de ma fille avec de nombreuses autres personnes dont beaucoup d'enfants, cette photo me rappelle des jours heureux. Oui ce fut vraiment une parenthèse enchantée, Ça j'en suis certain. Il y eut même des moments de pure félicité. Mais j'ai quand même voulu vérifier. Savoir si je n'enjolivais pas les choses. Après tout je tenais déjà ce blog, c'est facile. 
Je n'étais certes pas d'un très grand optimisme, mais ça, ce n'est n'est pas nouveau. Il y a presque dix ans, l'état du monde n'était déjà pas bien brillant. Il n'y a d'ailleurs toujours pas de quoi pavoiser. Je suis retombé sur ce post. Il faut bien l'admettre, il y a des lieux vraiment maudits. Même que ça s'appelle Terre Sainte. Et la pire injustice et souvent de naître en tel lieu plutôt qu'en tel autre.
 

Sinon, ici il pleut, même si les températures sont plutôt douces. "La joie de Noël" a envahi les rues. Bientôt on fêtera la naissance d'un sauveur. Car c'est bien ça qu'il doit faire, nous sauver n'est-ce pas ? 

jeudi 13 juillet 2023

Solastalgie (2)


Voilà,
Comment se fait-il que ce paysage me paraisse à la fois si lointain dans le temps et comme inaccessible désormais ?  Mer nuages montagne tout à la fois ; rudesse et douceur mêlées. Je me souviens de la puissante émotion éprouvée alors. Y songeant à présent, je suis pris de solastalgie, cette détresse existentielle liée aux ravages environnementaux que les activités humaines de l’ère industrielle n’ont cessé de provoquer et d’amplifier..
Je me demande aussi parfois si le cerveau humain dont l’observation et le discernement constituaient des fonctions essentielles, n’est pas en train de devenir un organe inadapté, et dépérissant, ne nous permettant plus de penser les condition de notre survie. Certes on conçoit des télescopes qui nous offrent presque la possibilité d’observer l’origine de l’univers, mais dans le même mouvement l’on empoisonne nos eaux, notre air nos organismes sans y accorder l’attention et l’énergie qu’une telle situation exige.

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mardi 27 juin 2023

Fraîcheur, paix, douceur

 
Voilà,
vraiment toutes ces contraintes, ces nécessités d'être efficace, ces obligations dictées par la vie quotidienne  — formulaires à remplir, dispositions de toutes sortes à prendre au cas où, choses à acheter, jeter, faire, réparer, inventaires à dresser, listes de consignes à établir, bouquins à trier (ceux qu'on garde, ceux qu'on vend, ceux qu'on donne), ménage à faire, à recommencer et j'en passe, — tout cela m'accable, m'exaspère... Je rêve d'ailleurs, de nuages, de paysages, d’océan ; je rêve de fraîcheur, de paix de douceur... Mais bien sûr, c'est tout le contraire qui se profile.

dimanche 25 juin 2023

Sculpture murale

Voilà,
c'étair à Funchal, sur l'ile de Madère. Est-ce à cause de la chaleur accablante qui pèse sur Paris — au point que je suis resté toute la journée enfermé chez moi, les volets clos — ou bien en raison d'un soudain coup de nostalgie pour cette île si merveilleuse ? Quoi qu'il en soit, je me suis souvenu de cette sculpture murale à hauteur d'enfant aperçue une fin d'après-midi dans une ruelle, alors que j'étais à la recherche d'une bouteille d'eau.
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lundi 8 mai 2023

L'inexplicable roc

 
Voilà,
"Quatre légendes nous rapportent l’histoire de Prométhée : selon la première, il fut enchaîné sur le Caucase parce qu’il avait trahi les dieux pour les hommes, et les dieux lui envoyèrent des aigles, qui lui dévorèrent son foie toujours renaissant. 
Selon la deuxième, Prométhée, fuyant dans sa douleur les becs qui le déchiquetaient, s’enfonça de plus en plus profondément à l’intérieur du rocher jusqu’à ne plus faire qu’un avec lui. 
Selon la troisième, sa trahison fut oubliée au cours des millénaires, les dieux oublièrent, les aigles, lui même.
Selon la quatrième on se fatigua de ce qui avait perdu sa raison d'être. Les dieux les aigles se fatiguèrent, fatiguée, la plaie se referma. 
Restait l’inexplicable roc. – La légende tente d’expliquer l’inexplicable. Comme elle naît d’un fond de vérité, il lui faut bien retourner à l’inexplicable" (Franz Kafka)
 

jeudi 1 septembre 2022

Le Mal qui vient


Voilà,
c'est la fin de l'été, mais pas n'importe quel été. Ce qui nous gagne n'est pas juste cette légère mélancolie liée à la fin des vacances. C'est aussi l'inquiétude face au monde qui vient, toujours plus incertain, plus menaçant. Les faits sont sans équivoque. On a atteint un point de non-retour. On ne se débarrassera pas des déchets nucléaires, de la radioactivité, des pollutions chimiques. On ne pourra pas grand chose contre la multiplication de phénomènes naturels extrêmes. C'en est fini de l'illusion de tout maîtriser. 
Et puis la démence de dirigeants va-t-en-guerre, ivres de conquêtes et de destructions et dévorés par leur désir de puissance me rappelle ce qu'écrit Pierre-Henri Castel dans "Le Mal qui vient", ouvrage déjà évoqué dans une publication précédente mais qui n'a pas, hélas, suscité de réaction malgré ou peut-être à cause des graves questions qui y sont abordées. "Plus la fin sera certaine donc proche, plus la dernière jouissance qui nous restera sera la jouissance du mal. Plus proche sera la fin et plus passionnément l'humanité trouvera les sources d'excitation nécessaires à vivre dans des actions excessives, atroces, démentes. Mettez en effet ceci en balance : s'assurer, en cherchant le moindre mal, les moyens toujours plus précaires de retarder la fin, ou assumer la volupté cruelle de les arracher à autrui, quitte à précipiter pour tous un destin de toute façon inévitable ? Les vices les pires (la cruauté venant tout de suite à l'esprit) ne seraient plus dès lors, les effets collatéraux du désespoir universel. Pour les derniers hommes ces vices seraient les derniers moteurs affectifs (...) Car les gens n'auraient peu à peu plus rien à considérer que leur mort en tant qu'individu pris un à un. Ceux ou celles à qui se réduira alors l'humanité (non plus collectivement, mais par composition) pourraient donc parfaitement s'avérer tous (en fait chacun) suicidaires.
C'est pourquoi il faut avoir peur, très peur des temps d'avant la fin des temps. Nullement d'une peur métaphysique face à l'idée insupportable du crépuscule de l'espèce humaine, mais à cause des événements parfaitement concrets et tous terribles qui pourraient s'enchaîner et qui s'enchaîneront sans doute sous la forme d'une spirale omni-englobante du Mal. Ceux qui ne voudront pas la rejoindre, en effet, et même la rejoindre en hâte, s'en trouveront plus vite encore victimes, ils serviront d'exemple aux scrupuleux et aux hésitants. En sorte que, si l'on y réfléchit bien, l'idée de l'inéluctabilité de la fin, tel un germe catastrophique infectant toutes les anticipations, constitue déjà le commencement réel du processus d'annihilation — dès aujourd'hui." 
Il suffit d'écouter les déclarations des grands tyrans de ce siècle, ou de se souvenir de leurs actes, pour constater que d'une certaine façon on y est déjà.
Est-ce vraiment là le monde que nous allons laisser à Keith Richards  
Alors haut les cœurs ! 

jeudi 18 août 2022

Marais salant de la chèvrerie


Voilà, 
ça ne tient pas à grand chose, la sensation de bien-être. Juste à la surprise de se retrouver dans un paysage inconnu, de ne pas s'y sentir seul, en dépit de l'extrême austérité du lieu ; à la perspective d'une journée de découverte ; à l'amitié partagée ; aux plaisirs d'enfance retrouvés. C'est aussi que jamais peut-être auparavant je n'ai ressenti avec une telle densité le caractère fragile éphémère et superflu de ma présence au monde. La guerre autant que la rupture des grands équilibres écologiques menacent l’humanité, mais le corps aussi, se déglingue. La vie cependant, exige d'être vécue, même si le moral n'est pas au plus haut. Que le présent s'offre soudain sous un certain angle avec telle lumière et, dans l'air, un parfum particulier, aussitôt ça va mieux. Ça ne dure certes pas, mais c'est un menu plaisir toujours bon à saisir : cette fugitive sensation d'éternité.

lundi 28 février 2022

Puissance maléfique



Voilà,
les réactions à un précédent post, que l'on trouvait sombre et pessimiste — il s'agissait d'une évocation de l'espèce humaine par Jacques Sternberg — n'ont pas manqué de me surprendre. Non seulement l'Histoire, mais aussi l'actualité la plus récente nous prouvent quotidiennement que l'humanité n'est pas très reluisante. Il est désormais évident qu'elle s'épanouit plus fréquemment dans la manifestation du mal que dans l'expression de la bonté. Le tropisme suicidaire et destructeur qui la caractérise paraît en outre se confirmer de jour en jour. Qu'on s'étonne du contraire me déconcerte. D'ailleurs même les religions, qui ne l'oublions pas sont une invention de l'homme, ont considéré que celui-ci, d'emblée avait quelque chose à expier.
Est-ce parce qu'elle s'est elle-même supposée porteuse d'une faute originelle que l'humanité s'est comportée comme une puissance maléfique ? A-t-elle a compensé sa faiblesse initiale qui, dans ses premiers âges, la rendait particulièrement vulnérable par un exceptionnel sens de l'adaptation et une singulière capacité à formuler et donc à transmettre sa pensée ? En cela, pour sûr, elle constitue une exception dans le domaine des vertébrés. Mais comme elle a perçu la Nature comme une puissance hostile et menaçante, elle s'est acharnée — non sans génie, comme lorsque dans l'île de Madère, elle a construit, à flanc de montagne ces canaux d'irrigation qui ont dû coûter bien des vies — à la domestiquer parfois, le plus souvent à l'asservir. 
La volonté de puissance est au principe même de l'espèce humaine. À présent elle est sans limite. Depuis qu'il est parvenu à plus ou moins maîtriser l'atome, à s'extraire de de la gravité pour aller faire sur la lune ce petit pas dont il espérait qu'il serait un grand bond, l'homme semble désormais vouloir tout détruire autour de lui. Et c'est avec une sorte d'effarement, de sidération que l'on en vient à constater tous les ravages dont se rend coupable l'espèce humaine. 
Bien sûr, il en est qui alertent des dangers, mais ils ne sont pas assez puissants. Ce ne sont pas les Chefs, les dominants de l'espèce qui réagissent de la sorte. Ce sont des jeunes, parfois même des enfants, dont on raille l'inquiétude. Comment cette espèce qui a su parfois s'exprimer de façon subtile et sublime, en est elle arrivée là ? Elle a inventé la musique, la peinture. Elle a érigé des monuments extraordinaires. Elle a inventé l'art de guérir... Mais elle a aussi conceptualisé les notions de Dieu et d'Absolu, et inventé des machines meurtrières dont la vitesse excède son temps de réaction. 
Nous disparaîtrons probablement plus vite que les dinosaures. Un autre cycle de vie, nous succédera et s'adaptera à cette planète que nous nous sommes, en particulier au cours de ces deux cents dernières années, tant acharnés à ravager. Continuons donc, avec cette allégresse stupéfiée qui distingue les maîtres de ce monde, notre course folle à la consommation et à l'armement, au pillage des ressources, au suicide collectif. Nos traces s'effaceront, les divinités stupides que nous avons inventées retourneront au silence et au néant. Les petites crevettes qui, au fond des océans, vivent à proximité de volcans sous marins pourront à leur tour prospérer, et c'est très bien comme ça. J'espère seulement que les fougères apparues sur terre il y a plus de trois cents millions d'années, continueront de s'épanouir après notre nuisible et fulgurant passage.

mardi 6 octobre 2020

Poinciana


 
Voilà 
dans la grisaille parisienne songer à la douceur des îles en écoutant Ahmad Jamal jouer "Poinciana" C'est un morceau à la fois solaire et apaisant tout empreint de douceur. Oui j'aimerais bien qu'on le joue quand il me faudra quitter ce monde. Il suggère pour moi cette nostalgie des lieux ou des choses que l'on ne connaît pas sans qu'il y ait pour autant quoi que ce soit de mélancolique ou de triste. "La langue allemande possède un mot pour désigner cet état : « Fernweh ». Linked with our world tuesday
 


mardi 28 juillet 2020

Madère


Voilà,
Je ne me souviens plus du village, mais c'était au centre de l'île de Madère, les guirlandes tendues au dessus de la rue ajoutaient de la couleur au bleu du ciel. Il faisait très chaud. Ce qui me manque à présent lorsque vient l'été, c'est ce sentiment d'insouciance que je pouvais éprouver en d'autres temps. Mais je suppose que cette sensation est assez communément partagée désormais. (Linked with Our world Tuesday)

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