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dimanche 28 juin 2026

Pêle-mêle avec canicule

Voilà,
au cimetière du Montparnasse, les tilleuls qui ombragent certaines allées perdent leurs feuilles à cause de la canicule et leur donnent ainsi une couleur jaune. Certainement en raison de ces fortes chaleurs précoces. Il parait que des oiseaux tombent du ciel, que des transformateurs électriques s'embrasent, des trains ne circulent plus pour cause de dilatation des rails


 

Nous sommes fin Juin, c'est la première semaine de printemps et on aura connu ça. C'est étrange que tout cela advienne dans un pays qui en 2015 a accueilli des représentants du monde entier pour finaliser l'accord qui promettait de sauver la planète du réchauffement climatique incontrôlé. Près de 200 pays avait signé un engagement historique à maintenir la température mondiale en-dessous de 2° centigrades à l'horizon 2100. C'est sous les lumières du centre des congrès du Bourget que la France était devenue synonyme d'ambition climatique et siège symbolique contre le réchauffement global. Onze ans plus tard c'est la France, (où on en est déjà à +1,7° de moyenne annuelle)  qui fond. Ce mois de juin, le pays a battu ce record absolu de température depuis le début des mesures en 1947. En un seul jour 122 records de chaleur absolue ont été battus sur le territoire  et 332 records mensuels supplémentaires. Paris a connu la plus chaude nuit jamais enregistrée en juin  avec des températures ne descendant pas en dessous de 24°2 tôt le matin. Des dizaines de personnes se sont noyées en essayant de se rafraîchir dans les rivières sont surveillance. Les écoles sont fermées, les hôpitaux en alerte rouge. Ainsi la ville qui a accueilli le traité, est devenu selon le classement des températures en temps réel, la ville la plus chaude de la planète. Plus chaude que 98 % de surface terrestre en un seul jour. C'est la preuve que la signature d'un accord ne suffit à lui seul à refroidir quoi que ce soit. L'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 80, et la France pays hôte du traité environnemental le plus cité de l'histoire, fait partie de ceux qui s'en ressentent le plus. Pourtant, durant ces dix dernières années, le climat ne fait pas les gros titres et l'intervention du gouvernement français reste bien modeste. Pire, la police, les médias, le patronat, les partis politiques font passer les écologistes pour des terroristes anticapitalistes lorsqu'ils entreprennent des actions sur le terrain.
Ceux qui participaient au congrès du Bourget en 2015 nous promettaient un avenir dont la priorité serait la lutte contre le réchauffement global. L'avenir est là, il ressemble aux portes de l'enfer. Nous sommes à 14° au-dessus des normales saisonnières. 
 
 


Je repense à ce mural si beau et si triste aperçu à Lisbonne en Novembre 2014.  
Aujourd'hui on réalise que le climat dans lequel nos sociétés se sont construites et développées n'existe plus. Les morgues parisiennes sont saturées, les hôpitaux sont débordés, le nombre de morts à domicile ne cesse d'augmenter. On envisage l'ouverture d'une chambre funéraire au marché de Rungis comme ce fut le cas à l'époque du COVID. Mais cet hiver on aura oublié. Notre gouvernement n'a-t-il pas gelé 20% du Fonds vert destiné à aider les régions pour faire face au changement climatique (après avoir divisé par 3 ce fonds en trois ans). On se contente d'effets d'annonce mais la volonté politique ne suit pas et les banques continuent de soutenir les entreprises qui investissent dans l'énergie fossile. J'avais, fin juillet 2023, fait quelques recensions de titres concernant le climat aux États-Unis. C'était déjà alarmant, on sait ce qu'il s'est passé depuis. Ici nos politiciens sont juste un peu plus hypocrites, mais cela ne vaut guère mieux.
Mais bon, la grande nouvelle c'est qu'on va prolonger la saison des soldes contrariée par la canicule, car l'essentiel n'est-il pas de consommer ?
Tout cela est tellement absurde et serait bien risible si la situation ne s’avérait aussi dramatique. 
Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles

mercredi 3 juin 2026

Petite nature

 

Voilà,
Les vieux qui parlent tout seuls dans les cimetières me font peur. 
Les brusques changements de températures m’incommodent.
Les chiens solitaires attachés qui attendent docilement leur maître
m’arrachent des larmes.
Je suis une petite nature
certes
mais les gens qui consacrent leur vie
 à détecter les infimes secousses de l’espace-temps 
n’en continuent pas moins de me fasciner.

samedi 16 mai 2026

En passant par la rue Crémieux

 
Voilà,
située dans le 12ᵉ arrondissement, à proximité de la gare de Lyon, la Rue Crémieux est considérée comme l’une des rues les plus pittoresques et insolites de Paris. Longue d’environ 144 mètres et totalement pavée elle contraste totalement avec l’architecture haussmannienne classique de la capitale. Ses façades colorées, ses volets pastel et son ambiance de “village” en font aujourd’hui un lieu très apprécié des photographes et des visiteurs. Entièrement piétonne depuis 1993 elle est bordée de petites maisons mitoyennes de deux étages aux couleurs vives : rose, bleu ciel, vert d’eau, jaune pâle ou lavande. Certaines façades sont décorées de fresques ou de trompe-l’œil, ce qui renforce son charme atypique. L’atmosphère y demeure calme et résidentielle malgré sa grande popularité touristique. 
Créée en 1865 par le promoteur et homme d’affaires Moïse Polydore Millaud, elle portait initialement le nom d’Avenue Millaud. Construite sur le modèle des cités ouvrières du dix-neuvième siècle elle  proposait des logements modestes mais confortables. Les 35 pavillons construits avaient tous une architecture similaire et comprenaient plusieurs pièces réparties sur trois niveaux. En 1897, l’avenue devint rue Crémieux en hommage à l'avocat et homme politique français célèbre notamment par le décret de 1870 portant son nom qui accorda la nationalité française aux Juifs d’Algérie. La rue a également été marquée par la grande crue de la Seine de 1910. Visible au numéro 8 une plaque rappelle que l’eau est montée jusqu’à 1,75 mètre à cet endroit. Depuis les années 2010, extrêmement populaire grâce à Instagram et aux réseaux sociaux, cette ancienne rue discrète est devenue l’un des lieux photographiques les plus connus de Paris. 
J'y suis passé par hasard, en me rendant à pied de la place de la Bastille à la Cinémathèque et par chance il n'y avait pas grand monde. J'en ai profité pour photographier cette entrée avec ses oiseaux peints et aussi ces fausses fenêtres.
 
 
Cela contraste avec la toile monumentale — et malheureusement avec son gigantesque et très laid panneau publicitaire — qui recouvre la façade de la gare de Lyon.
 
 
 
Sur le parvis, en hommage aux chinois qui furent déportés de leur pays — pour la plupart de la province du Shandong — entre Août 1916 et Février 1918 pour contribuer à l'effort de guerre au côté des armées françaises et britanniques, se dresse une statue représentant l'un d'entre eux.  40 000 furent placé sous l'autorité française à l'arrière du front ou dans des usines. 3000 choisirent de rester en France et constituèrent la première communauté chinoise qui s'installa non loin de la gare, rue de Chalon. Le père de l'ami Roger Wen aujourd'hui disparu, fit partie de cette première vague d'immigration.

mercredi 4 mars 2026

Un dernier rêve de galop


Voilà,
la vallée irradiait.
Entre deux versants sévères pareils à des gencives d’ombre, s’étendait sous une lumière tranchante et limpide, une langue d’eau stagnante. Devant moi, couché sur le flanc, un cheval – alezan pâli, crinière d’écume – gisait avec la solennité d’un monument renversé. 
Dans ce rêve cette bête m'en rappelait une autre qui m'avait hanté durant des années. Son ventre entrouvert, n'offrait pas pas l'abjecte obscénité d’une blessure ;  comme par une porte cédant sous la poussée d’une invisible foule, s’en échappait un essaim de papillons.  Tous semblaient participer d’une respiration secrète. Montant en spirale, colonne fragile, fumée chatoyante et multicolore, ils jaillissaient, surgis d’un ultime et invisible galop, puis s'éparpillaient en désordre.
Je me souviens avoir pensé : voilà donc ce que je contiens, je suis ça aussi.
Chaque papillon révélait une nuance de rouille, de cendre, de fleur fanée. Les regardant, je songeais que chacun emportait avec lui un moment de ma vie où j'avais éprouvé de la honte : une parole trop vive lancée à un ami, un désir tû, un geste retenu par lâcheté qui eût pourtant été apaisant, une situation inconfortable et risible. Ils tournoyaient avec une légèreté gracile et capricieuse un peu dégoûtante aussi, parce que née de la décomposition même.
Sa tête reposant sur l’herbe, le cheval dans son abandon avait la langueur d’un enfant fatigué. Les papillons frôlaient mon visage. Le battement de leurs ailes évoquait le son discret d’une page qu’on tourne.  Je songeai à un livre se feuilletant tout seul... Plus ils s’élevaient, plus la vallée semblait s’élargir. Les montagnes reculaient, comme intimidées par cette ascension d’apparence futile. Je voulus toucher le flanc du cheval. Le contact de ma main suscita un violent spasme. Je me reprochai aussitôt d'avoir esquissé ce geste. Quelque chose vivait encore dans cette charogne. Je devais absolument me réveiller.

dimanche 15 février 2026

Sur le bout de la langue

 

Voilà,
autour, tout est à sa place. Le décor tient. Les rues, les gens qui passent, les images parfois énigmatiques sur les murs. Il regarde, il s'attarde peut même encore sourire. Mais quelque chose en lui s’est absenté. L’idée du lendemain peut-être. Le corps continue de faire son travail, sans grande conviction, la tête aussi, mais de plus en plus difficilement. Les mots n'accèdent plus aussi aisément à la pensée. Parfois ils affleurent  et s'effacent aussitôt. Ne se laissent pas retrouver. Durant une bonne partie de l'après midi, il y avait ce mot sur le bout de la langue. Un nom de métier ayant à voir avec les assurances. En vain. Et puis il est revenu comme ça, en début de soirée alors qu'il n'y pensait plus. "Actuaire". Au moins sait-il encore ce que cela signifie. Cela survient de plus en plus souvent. Est ce que ce sont les années ? Un traumatisme précis ? Il fait peu d'efforts, mais tout l'épuise. Et il y a cet ennui. Un ennui calme, sans raison, sans plainte. Il est là, c’est tout. Quelque chose s'est achevé à son insu, pense-t-il, mais quand ? Y-a-t-il un nom à donner à cela ? Pourtant, la peur du dimanche soir ne le quitte toujours pas et une ritournelle, dans son crâne, elle ne se laisse pas oublier. On dit qu'il va neiger cette nuit.
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dimanche 8 février 2026

Une nuit je fus papillon


Voilà,
sur un mur de l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, j'ai aperçu ce papillon peint par l'artiste C215, connu pour ses portraits de célébrités disséminés un peu partout dans Paris. J'en ai déjà montré ici, et encore , et aussi sur cette page.
Le  groupe hospitalier souhaitait donner poésie et couleurs à des sites a priori rébarbatifs, chargés du tabou de la maladie mentale. Désireux, selon un des responsables du projet, de déstigmatiser les troubles mentaux, et de remettre l'hôpital dans la ville afin que celui-ci ne soit plus un lieu à part, il a été demandé à C215 d'intervenir. Il a tout de suite pensé au papillon, car selon lui "sa dimension métaphorique correspond bien à l'idée initiale. Le papillon c'est l'évasion, c'est éphémère, insaisissable et léger… C'est aussi la transformation, comme les gens qui viennent ici pour évoluer, se transformer". Il paraît qu'il y en a d'autres, mais je n'ai aperçu que celui-ci. 
M'est alors revenu en mémoire l'apologue de Zhuāng Zhōu, un penseur taoïste chinois du quatrième siècle siècle av. J.-C.  Il dit en substance ceci : Jadis, une nuit, je fus un papillon, voltigeant content de son sort. Puis je m'éveillai, étant Zhuāng Zhōu. Je me demandai alors suis-je bien le philosophe Zhuāng Zhōu qui se souvient d'avoir rêvé qu'il fut papillon, ou suis-je un papillon qui rêve maintenant qu'il est le philosophe Zhuāng Zhōu ? Qui suis-je en réalité ? Dans mon cas, y a-t-il deux individualités réelles ? Y a-t-il eu transformation réelle d'une individualité en une autre ? Ni l'un ni l'autre, est la réponse. Il y a eu deux modifications irréelles de l'être unique, de la norme universelle, dans laquelle tous les êtres dans tous leurs états sont Un. "
 
 
Sinon, pour passer à un sujet plus léger, le tournoi de rugby des six nations a commencé ce weekend. À ce propos j'aimerais rappeler que si l'on connaît bien Montaigne pour ses Essais, on a tendance à oublier qu'il a aussi claqué quelques bons drops. Il est probable que cette plaisanterie n'atteindra que peu de gens, — essentiellement francophones — mais bon, je fais ce que je peux pour démentir ceux qui me considèrent comme un esprit chagrin qui voit toujours tout en noir.
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lundi 26 janvier 2026

Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe (21)

 
Voilà,
ça me revient,
en Janvier 2010 il était tombé beaucoup de neige au Havre. Je me souviens avoir vu dans cette ville le film de Coppola, "Tetro". Quelques temps auparavant, "L'homme sans âge" adapté d'un roman de Mircea Eliade m'avait beaucoup impressionné. Je m’étais alors promis de lire ultérieurement cet ouvrage, mais je ne l'ai jamais fait. 
De "Tetro", je ne me souviens que de plans sur la route transpatagonienne en noir et blanc. Et aussi que l'ensemble m'avait plu, même si je serais incapable aujourd'hui de raconter l'histoire. C'est aussi à la même époque que j'ai découvert au cinéma de la maison de la Culture un excellent western australien "The proposition" de John Hillcoat dont Nick Cave était le scénariste. J'étais chagriné à l'époque. J'aurais tant voulu partager ces visionnages avec celle qui, partie de l'autre côté de l'Océan, sous des cieux plus cléments avait, quelques semaines auparavant, jugé préférable de mettre un terme à notre relation. Il me semblait alors que nous avions encore tant à découvrir et partager. 
 
ça me revient
en 1991 fut fêté le bicentenaire de la mort de Mozart. Il y eut donc à cette époque beaucoup de coffrets et de promotions sur les œuvres du compositeur. Durant les années qui suivirent j'en ai beaucoup écouté. Le concerto pour clarinette avait souvent ma préférence

ça me revient 
rue de Vaugirard, non loin de chez Agnès, vivait, dans les années soixante-dix Paul Arzens cet inventeur qui avait crée une automobile biplace appelée "l'œuf électrique". Certains dimanches matins, on pouvait l'apercevoir, rue de Vaugirard, au volant de son véhicule transparent. Je n'appris que bien plus tard qu'il était aussi le designer de la plupart des locomotives de la SNCF
 
ça me revient 
parfois — mais de façon très fugitive — ces moments où, enfant, j'étais complètement happé par une mélodie, celle de "Hey Jude", ou de "Penny Lane" par exemple, ou encore "Wither shade of pale" ou "Baby love" ou "Only you"
 
ça me revient 
j’ai découvert l’adagio pour cordes de Samuel Barber grâce au film "Éléphant Man". Je me souviens que ce même morceau a été exécuté pour les obsèques de la Princesse Grâce de Monaco. Avant sa version orchestrale ce thème fut initialement composé pour un quatuor à cordes.
 
ça me revient 
il y a fort longtemps alors que j’étais encore jeune homme, je me suis retrouvé un soir à une table de restaurant en face de Hugues de Courson. C’était un musicien qui était à l’origine d'un groupe appelé Malicorne. Il a en outre composé des chansons avec Patrick Modiano, j'ai d'ailleurs le disque qui est un collector. Plus tard il a entrepris ce formidable projet qui s'appelle "Lambarena Bach to Africa"
 
ça me revient 
le géniteur avait appelé son affreux clébar, un berger allemand "kayser", 
 
ça me revient 
Jérôme Mistler et sa sœur Amélie. Leur mère s'appelait Corinne et leur père était surnommé Vercingétorix parce qu'il ressemblait au chef gaulois. C'était un artisan qui travaillait le cuir. Son logis et son atelier se trouvaient dans un petit mas retiré au fond d'un vallon près de Châteaudouble. Je les ai connus en 1973 lors de mon premier été à Châteaudouble. Je crois que c'est l'année suivante que Vercingétorix et Jérôme ont trouvé la mort dans un accident de voiture. Jérôme était un très beau jeune homme, et avait une merveilleuse complicité avec sa sœur.
 
ça me revient 
j'ai découvert José James à Madeire en 2015 grâce au morceau "While you were sleeping" que j'ai shazamé dans le lobby de l'hôtel où il passait en musique de fond

ça me revient,
les tisanes à la badiane le soir rue des Jonquilles, et aussi le riz aux oignons et à la sauce d’huîtres, notre plat de pauvre de l’époque

ça me revient
les Quatre barbus chantant la pince à linge sur l’air de la cinquième de Beethoven 

ça me revient
il y avait un journaliste qui présentait le dernier journal télévisé sur la troisième chaîne je crois. Il ressemblait à Droopy et parlait un peu comme lui. Il nous faisait beaucoup rire Agnès et moi. Il s'appelait Joseph Poli, et j'ai découvert il y a peu qu'il était enterré dans le petit cimetière de Grenelle.
 
ça me revient
le générique de Radioscopie, l'émission de Jacques Chancel, tous les après-midi vers 17 heures je crois sur France-inter écrit par Georges Delerue et qui ressemblait un peu à du Bach.

ça me revient
Quand j’étais enfant je n’étais absolument jamais intéressé par l’émission "au théâtre ce soir" qui consistait en la retransmission de pièces de boulevard. S'il m’arrivait d’y prêter quelque attention, je me lassais très vite, je n'aimais pas le théâtre, je détestais la façon de parler des acteurs sur une scène de théâtre
 
ça me revient
pendant longtemps j'ai été soigné à l'Institut Arthur Vernes par Jacques Chautemps qui était le grand-père d'Agnès. Lorsqu'il a pris sa retraite, son successeur fut un jeune médecin, le Dr Halopeau. Je me rappelle qu'il fumait dans son cabinet. Je ne l'ai pas vu souvent, car il est mort prématurément chez lui d'un AVC.
 
ça me revient
le manège enchanté à partir de l'année 1964. C'est Jacques Bodoin qui prêtait sa voix au chien Pollux et j'aimais bien l'imiter dans la cour de l'école de Biscarrosse plage

ça me revient
dans "Le château de Barbe bleue" composé par Belà Bartok l'accord qui précède le chant et se répète au cours de la mélodie pour désigner "le lac de larmes" qui se trouve derrière la sixième porte

ça me revient
la galerie Denise René, spécialisée en art optique (Op'art), un peu excentrée par rapport aux autres galeries du quartier latin était située au 196 du Boulevard Saint-Germain, sur le trottoir de droite quand on va vers l'Assemblée Nationale. Y étaient rassemblées dans les années 70 des tableaux de Vasarely et de son fils Yvaral, de Carlos Cruz-Diez ainsi que de  Jesus-Rafael Soto 

ça me revient
la galerie La Demeure (mais peut-être à la réflexion en ai-je déjà parlé) qui se trouvait  6 place St Sulpice était spécialisée dans la la tapisserie contemporaine. Les œuvres exposées y étaient monumentales et les murs blancs et irréguliers de la galerie donnaient l'impression qu'on se trouvait dans une grotte. Je crois que c'est devenu une boutique Yves St Laurent, mais je n'en suis pas certain.

ça me revient
les larmes versées par ma fille après la défaite contestable du XV de France contre les Springboks en Octobre 2023, alors qu'elle vivait par ailleurs une épreuve dramatique
 
ça me revient 
la visite de l'exposition Braque un premier Janvier, et aussi "Les nuits blanches" de Visconti à la Cinémathèque Français, les spectacles de la compagnie FC Bergman au festival d'Avignon, ou à la grande halle de La Villette, l'excursion à St Brévin et la course de chars à voile, et cette intense représentation au Palais des Congrès de Nantes le jour de l'invasion de l'Ukraine par l'armée fasciste russe et ce qui lie ces souvenirs les uns aux autres
 
ça me revient
lorsque j'ai eu la rougeole à Châlons-sur-Marne, j'ai eu le droit de passer les journées dans le grand lit de mes parents absents qui travaillaient tous les deux. La génitrice revenait à midi pour me faire à manger et repartait ensuite. Seul à la maison, je lisais des bandes dessinées en écoutant la radio, c'était la belle vie

ça me revient 
sur le film de Jasmina Merelles à Genève la régisseuse brésilienne qui me faisait des "cafunés" entre les prises. Et c'est ainsi bien sûr que j'ai appris la signification de ce mot.

ça me revient,
notre voisin dans la cité où nous habitions à Biscarrosse-Bourg s’appelait Mr Vigneault et possédait une Peugeot 203 grise

ça me revient
mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe 

dimanche 4 janvier 2026

Mustn't panic ⸮

 

Voilà 
l’ONU récemment a lancé son alerte la plus grave depuis longtemps : la planète va mal.
C’est touchant.
Mais qui écoute l’ONU ? On la respecte comme une horloge cassée qu'on ne regarde plus mais dont on sait qu'elle a raison deux fois par jour.
Son dernier rapport — l’un des plus complets, donc l’un des plus ignorés — annonce que le changement climatique avance plus vite que nos excuses. Les systèmes naturels fatiguent. Ils ne protestent pas, ils s’épuisent. C’est plus poli.
Les scientifiques parlent de seuils irréversibles. Autrement dit : bientôt, même la mauvaise foi ne suffira plus.
Deux cent quatre-vingt-sept experts, quatre-vingt-deux pays, des milliers de pages… pour conclure que tout va plus vite que prévu. Une information qui, curieusement, ne surprend personne. Le réchauffement accélère, les catastrophes s'amplifient, les écosystèmes perdent patience. Les récifs coralliens meurent avec élégance, le pergélisol fond sans demander l’avis de personne. La planète, elle, ne s’adapte plus : elle encaisse.
À ce rythme, nous irons allègrement vers +3°, peut-être +4°. Un monde plus chaud, mais pas plus chaleureux. L’agriculture hésite, la santé chancelle, l’économie s’inquiète — car elle ne s’émeut que lorsqu’elle tousse. La planète ne se contente plus de se réchauffer : elle se désaccorde.
 L’ONU nous explique que nous sommes entrés en territoire inconnu. C’est vrai : nous avançons avec inconscience dans ce que nous ne comprenons plus. 40 % des terres sont dégradées, les océans s’essoufflent, l’air tue neuf millions de personnes par an. Discrètement, sans faire de vagues.
Quatre crises s’entremêlent : climat, biodiversité, sols, pollution. Une belle équipe. Chacune affaiblit l’autre avec une parfaite solidarité. Quand tout s’écroule en même temps, on appelle cela un système.
Un résumé politique devait accompagner le rapport. Il a été bloqué. Certains pays n’aiment pas les mots "fossiles", "plastiques", "crise", "transformation". Ils préfèrent les termes vagues, comme "croissance", "sécurité," ou "intelligence artificielle".
La science parle. La politique répond  "changeons de sujet".
Les auteurs s’en désolent. Ils sont bien naïfs. Depuis quand la vérité est-elle compatible avec les égoïsmes nationaux et les intérêts économiques à court terme ? Chaque degré compte, dit-on. Certes, certes... Chaque baril aussi.
L’ONU propose malgré tout une transformation profonde : énergie, alimentation, finance, gouvernance… Tout changer, donc. Autant dire : rien. On promet 20 000 milliards de bénéfices futurs si l'on suit ces prescriptions. Trop loin pour être crédible, trop abstrait pour être désirable. À un salut différé l’humanité préfère un désastre immédiat,
On suggère de cesser d’adorer le PIB comme un veau d’or fiévreux. Mauvaise idée : c’est le seul dieu qui accepte les sacrifices humains sans qu'on lui demande d’explication.
Il resterait une fenêtre d’opportunité. Elle se referme. Nous regardons ailleurs. C’est notre manière de méditer.
 Le rapport conclut qu’un autre version de ce monde est encore possible. Mais certains se disent que l'herbe sera plus verte sur Mars où il n'y a que des cailloux.
À en juger par leurs actes, le suicide collectif est le projet qui conserve la faveur de nos dirigeants. Ils sont vieux. Ils veulent que leur no Future soit le nôtre. Ce n’est plus le temps des solutions, mais celui de l’accumulation. Problèmes sur problèmes, conflits sur conflits. Au lieu d'écouter ceux qui cherchent  et suggèrent des solutions L'Humanité par le truchement de ses dirigeants sombre à nouveau dans son vieux tropisme guerrier.  Le droit international, né après le second conflit mondial sert désormais d'ornement dans les discours

 
Je ne me réjouis pas de voir ceux qui se gaussaient de mon pessimisme s'effrayer à présent des jours que nous traversons. J’aurais préféré avoir tort. Même les optimistes commencent aujourd'hui à envisager — avec la même candeur qu’ils mettaient hier à l’ignorer — un conflit sous nos latitudes .
Nous vivons déjà dans la catastrophe : environnementale, intellectuelle, politique. Les accidents nucléaires, climatiques, pandémiques ne sont plus des menaces, mais des hypothèses plausibles. La guerre n’est qu’un souci supplémentaire. Une option parmi d’autres dans le chaos ambiant. La barbarie est déjà là : au Moyen-Orient, en Ukraine que le fasciste Poutine tente de détruire, parfois chez nous, ponctuellement, quand le terrorisme s'y exprime. Elle finira par nous atteindre aussi, malgré nos musées, nos bibliothèques, nos cathédrales restaurées et nos philosophes. L’Europe a déjà connu cette musique. Elle avait juste oublié les paroles.
Rien n’arrivera exactement comme prévu. Mais cela viendra. Le retour de l'époque des illuminés...
 Hier, le président des États-Unis a décidé sans consulter son parlement d'une opération militaire au Vénézuela pour destituer le président de ce pays et faire main basse sur la plus grande réserve pétrolière du monde. Demain la Chine s'occupera de Taïwan, et qui sait ce qui peut se tramer d'autre.
Tout cela coïncide avec le début de l’année, ce moment charmant qui relève moins de la raison que de la pensée magique, où l’on échange des vœux. Alors, payons nous encore de cette illusion  Croire que les mots peuvent réparer ce que les actes s'acharnent méthodiquement à détruire.  

dimanche 21 décembre 2025

Loup blanc


Voilà,
en passant hier rue de la Mare, j'ai vu ce nouveau mural peint par Louyz, dont j'aime beaucoup le travail d'ailleurs souvent mentionné dans ces pages. Son terrain de jeux est plutôt dans le treizième et surtout vers la butte aux cailles mais ce fut une heureuse surprise de la trouver du côté de Belleville. J'ai repensé à cette phrase de Pessoa "Fictions d’interlude, qui viennent couvrir, multicolores, le marasme et l’aigreur de notre intime incroyance" (Livre de l'Intranquillité 325).
Sinon je suis très content que l'on ait enfin atteint le solstice d'hiver. Désormais la tendance va s'inverser, les jours vont cesser de diminuer, les énergies vont nous porter vers l'éclosion. Dans le Yi-Jing, "le livre des mutations" le solstice correspond à l’hexagramme (, “Retour”). Il annonce le retour du Yang, fragile mais porteur de renouveau. Le solstice d’hiver nous enseigne que l’obscurité n’est jamais définitive : elle est le berceau du jour. "Selon Lao Tseu "Dans chaque hiver, il y a un printemps qui sommeille". C'est quand même le moment où il faut faire preuve d'un peu d'optimisme, se relier au cosmos et se rappeler que si on n'est que poussière c'est quand même de la poussière d'étoile ! En Médecine Traditionnelle Chinoise, c’est le moment de préserver son énergie, de se nourrir de chaleur intérieure et d’accueillir le cycle du renouveau. Allez hop ! On sourit.

dimanche 16 novembre 2025

Encore traîner à la Butte-aux-Cailles

Voilà,
il y a quelques mois, me promenant à la Butte-aux-Cailles, j'ai photographié ces deux façades décorées par Louyz cette muraliste qui a beaucoup travaillé dans ce quartier. Pour ceux qui sont intéressés par son travail je recommande ce lien.
 

Sinon, la récente lecture du livre d'Éric Hazan, "L'invention de Paris" m'a fourni quelques informations sur cette fameuse Butte-aux-Cailles qui tient son nom de Pierre Caille, qui en fait l'acquisition en 1543. À l'origine, c'était une colline recouverte de prairies, de vignes et de bois surplombant de 28 mètres la rivière Bièvre qui fut entre 1820 et 1910 progressivement recouverte.  Plusieurs moulins à vent  y avaient été bâtis. Il reste d'ailleurs une rue du nom de moulins-des-prés. C'est aussi là que le eu lieu l'atterrissage du premier vol avec équipage d'une montgolfière sur laquelle avaient embarqué le marquis d'Arlandes et Pilâtre de Rozier.
Dans son livre de proses intitulé "Les Ruines de Paris", le poète Jacques Réda évoque souvent ce quartier. Par exemple : L'ombre monte à la Butte-aux-Cailles. Mais une seule lame de verre ou de jade illumine l'horizon, sur quoi les nuages posent un mur qui tient comme par miracle. Toujours je pense au front bas d'une tête que l'esprit visiterait. Deux étoiles déjà scrutent dans la brèche. Il fait humide et froid. Du côté de la Place d'Italie, un tout autre ciel, en touches de pastel rose et bleu dans la rouille d'arbres lithographiques. Je quitte la rue de Tolbiac. Et là, tout de suite, rue du Moulin-des-prés, comme on dit petit jour glisse un petit soir qui pourrait être d'émeute, car on se sent haut et retranché, familier d'un dédale (rue Samson, rue Jonas) où si les silhouettes qui se défilent supposent une épaisse touffe de peuple encore ici concevable, opiniâtre dans sa façon furtive de se cramponner. Il ne manque peut-être que des armes. On en trouverait. De quoi tenir plusieurs jours sous l'effondrement amorcé des façades (rue Vandrezanne, passage Boiton), et sans nécessité d'avoir à défendre une cause : rien que cette fureur, comme le ciel glacial calcinant au loin des forêts de grues."
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samedi 6 septembre 2025

Ou ce qui reste de singe en moi

 
Voilà,
depuis deux trois ans je vais au cinéma comme on se drogue. C’est la façon la moins toxique que j’ai trouvée de m’absenter de ma vie. Le spectateur que je suis adopte alors la position du rêveur qui se laisse traverser par des histoires. Cela me permet de tenir mes angoisses à distance. Pas toujours, mais la plupart du temps. Pendant ce temps là je ne parle pas, je n’écris pas, je n'ai pas de tentation morbide ni de prétention à produire de la pensée. Je vois des corps des paysages, je m'abandonne à ce transport si particulier. Je suis seul avec moi-même, parmi d'autres solitudes. Et pendant ce temps là, au moins, je n'essaye pas de paraître intellectuellement — et ce blog malheureusement participe en partie de cette pathétique tentation  — pertinent à l'attention des autres. Chacun ses failles narcissiques. Ce n’était pourtant pas le projet initial quand j'ai commencé. Je ne sais pas quand ça m’a pris exactement, cette tendance à commenter bien au delà des images. Au moment de Fukushima peut-être. Faudrait que je regarde.
En fait je suis un gros paresseux. Sans doute parce que je me suis toujours senti en porte-à-faux, autant avec les choses qu'avec les gens. Pour cette raison j'ai préféré éviter de trop sociabiliser.  C'est ce qui m'a amené à réaliser des collages des photos et bricoler des textes. Si j'avais été à l'aise dans la vie je ne me serais jamais engagé dans cette voie. 
En tout cas mon travail graphique est ce qui me ressemble le plus.  
J’aurais pu me contenter de simplement publier des images. Mais je ne pouvais m’empêcher d’y associer des mots. C’est stupide. Ça me bouffe tellement de temps. 
Je fais en outre l'acteur depuis longtemps parce que ça aussi me fait du bien. Et puis sans doute que je n'ai jamais eu envie d'abandonner l'enfant que j'ai été. Essayer de vivre comme dans une cour de récréation, alors que le monde est ce qu'il est (et j'ai compris assez tôt un certains nombre de trucs à ce sujet), c'est une façon comme une autre de sauver sa peau.
A moins que ce soit ce qui reste de singe en moi qui m'ait amené là.
D'ailleurs au passage, si tout se passe comme prévu, je remets ça pendant deux mois deux fois par semaine. 



Quoi qu'il advienne, j'aurais au moins fait quelques rencontres dans cette vie, avec des personnes qui souvent m'auront pris pour un autre. Toutefois quelques unes m'auront vraiment connu et compris, et certaines même m'auront aimé  — du moins je l'espère. En cette matière on n'est jamais sûr de rien.  

samedi 19 juillet 2025

Inquiet comme un enfant

 
Voilà,
pour penser, écrire, dessiner, bricoler des images, tenter de mettre en forme des idées — ce qui peut se révéler parfois chronophage et laborieux — il est souvent besoin de solitude. Mais il arrive que celle-ci pèse et devienne angoissante quand on n'a pas retrouvé un ou une presque-pareille qui soit dans de semblables dispositions. Et l'on se sent alors inquiet comme un enfant qui se réveille la nuit dans une maison vide. C'est à cela que je pensais, errant à une heure tardive parmi les rues désertes. Jusqu'à cette rencontre. 

dimanche 8 juin 2025

Pêle-mêle avec crocodiles

 

Voilà,
les crocodiles du marigot commencent à s'entredévorer. Musk accuse Trump d'être compromis avec Espstein et déclare avoir des preuves précises, Steve Banon veut expulser Musk au prétexte qu'il est Sud-Africain et drogué, et au passage lui "arracher la tête" . J.D.Vance ne dit rien mais reste en embuscade.
Vu d'ici, c'est grotesque. On se croirait dans un sitcom. 
En France aussi ils sont très cons ceux qui nous gouvernent, mais pas à ce point tout de même. Et puis c'est tout petit la France, ça n'a pas beaucoup d'influence sur le monde.
Ça serait risible s'il n'y avait par ailleurs tant d'urgences planétaires. 
Mais on en est là outre-Atlantique, on caligule et complote sur fond de désastre budgétaire, social, humanitaire. 
De plus en plus d'américains, paraît-il, commencent à paniquer et espèrent que le cauchemar s'atténuera après les élections de mi-mandat, dans un an et demi. Mais qui sait dans quel état sera leur démocratie dans un an et demi ? Et leur fédération ? Et quand bien même, parviendrait-on à rétablir un semblant de légalité, comment réparer les dommages causés par Trump et sa bande. Certains apparaissent d'ores et déjà comme irréversibles. 
L'effroi se mêle au ridicule. 
Depuis janvier, Trump profite de sa fonction pour s'enrichir au vu et au su de tous. Il vend des parrainages d'événements à la Maison Blanche. Il s'est emparé du Kennedy Center alors qu'il est d'une inculture crasse, qu'il n'y connaît rien aux arts et qu'il a un goût de chiottes, il suffit de voir la décoration de sa propriété de Mar-a-Lago . 
 
 
 
Il brade des bâtiments fédéraux. Il s'attaque à toutes les institutions. Il défie les décisions de justice. Il a manipulé les marchés financiers. Il a militarisé le ministère de la justice. Il a aboli la sécurité alimentaire et le contrôle des maladies. Il s'attaque à la science, à l'Université. Il veut détruire les terres publiques, exploiter les fonds marins dans les eaux internationales. Il extorque des minéraux à d'autres nations. Il a permis à un oligarque non élu d'accéder à des données gouvernementales. Il a rompu la confiance avec ses alliés. Il a souillé pour de nombreuses années l'image des États-Unis dans le monde. Il agit de façon capricieuse et incohérente, il rampe devant Poutine, il tweete à tour de de bras, il utilise son téléphone portable comme un quidam au mépris de toutes les règles de sécurité et de confidentialité. Il est dénué de classe, n'a aucune dignité. Il ferait passer Nixon pour un type sympa et Reagan et Bush Jr pour des lumières. Il est rude, grossier, vulgaire, inculte, vantard, stupide, cruel. C'est surtout un tyran, qui s'est entouré de gens encore plus maléfiques que lui. 
 
 

 
On peut supposer que des dirigeants comme Poutine ou Xi Jinping qui en matière de crapulerie ne valent guère mieux, mais qui cependant, pour les avoir subies, savent mesurer les revers et les vicissitudes de l'Histoire, observent ces péripéties avec une certaine jubilation.

jeudi 5 juin 2025

Coupé du monde


 
Voilà,
"Il existe une forme de tristesse qui naît du fait d'en savoir trop, de voir le monde tel qu'il est vraiment. C'est la tristesse de comprendre que la vie n'est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l'amour n'est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n'est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s'accrocher. Et dans cette compréhension se cache une profonde solitude, un sentiment d'être coupé du monde, des autres, de soi-même."
(Virginia Woolf, Vers le phare)

dimanche 20 avril 2025

Encore la Butte-aux-Cailles

 
Voilà,
il y a quelques semaines, je me suis promené du côté de la Butte aux cailles, un petit quartier du treizième arrondissement de Paris, non loin de la place d'Italie, dont j'ai déjà souvent parlé ici ou bien . C'est un spot pour les muralistes et chaque fois que je m'y rends je ne peux m'empêcher d'y prendre quelques photos. 
shared with monday  murals

samedi 22 mars 2025

Dindon de la farce

 
Voilà,
si une hirondelle ne fait pas le printemps, on peut cette année trouver un autre volatile. Il est probable que d'ici quelques mois, nombre de ceux qui ont voté pour Donald Krasnov Trump s'apercevront qu'ils auront été les dindons de la farce et il sera alors bien trop tard pour eux. Pour le moment ils pataugent dans leur propre merde, et bientôt ils n'auront plus que ça à bouffer. Il ne sera plus temps de se lamenter du prix des œufs. Qu'ils aillent se faire d'ores et déjà rissoler le fion en enfer. 
Trump restera dans la courte histoire de ce pays, le premier président à avoir été "retourné" par une puissance étrangère, le premier aussi à avoir des velléités expansionnistes délirantes, à déclarer la guerre  économique à ses alliés. Trump fait de la politique comme un joueur de golf. Poutine comme un joueur d'échecs. Xi-Jinping comme un joueur de go. Donc si les citoyens des États-Unis ne se ressaisissent pas il ne sont pas près d'avoir le cul sorti des ronces. Leur président leur a bien dit qu'ils n'auront plus jamais besoin de voter. S'ils ne se rendent pas compte qu'ils ont affaire à un dingue, à un fasciste qui est en train de s’attribuer les pleins pouvoirs, ce n’est pourtant pas faute d’avoir été prévenus par celui là même qui aujourd’hui les bafoue.
"Nous devons attaquer honnêtement et agressivement les universités de ce pays. Ces mots ne viennent pas d’un régime ouvertement déclaré comme totalitaire, mais du vice-président américain J.D. Vance. Aux États-Unis, la science et la recherche sont devenues des cibles. Dès l’instant où un régime considère l’université la science ou la recherche comme des ennemis, il bascule dans l’obscurantisme. Comme ses dirigeants sont des tarés, il n’y aura pas de leur part de retour en arrière.
Quand je pense à tous ces blockbusters de merde où l’on voyait un héros  presque toujours solitaire délivrer les "USA-et-par-conséquent-le-monde-libre" d’affreux qui voulaient du mal au monde libre, en général des extraterrestres, des communistes, une internationale maffieuse, des cartels de drogues, des terroristes musulmans, et que personne n’est capable de virer ce gang de crapules, on ne peut que constater l'inanité d'une société qui tient "l'entertainment "pour une valeur cardinale. 
J'ai lu sur le net cette pertinente réflexion de Olivier Costa à propos de ce qui se passe actuellement aux States et je la partage donc.
Depuis son investiture, les analystes se perdent en conjectures pour comprendre les décisions de Donald Trump. Trois récits dominent.
Certains considèrent que Trump est un populiste un peu confus, qui prend ses décisions au gré de ses humeurs, règle ses comptes avec quiconque lui déplaît, et surestime ses talents de stratège et de négociateur. Il n’y aurait donc aucune rationalité dans ses décisions et déclarations : juste les lubies d’un histrion en roue libre auquel plus personne n’ose tenir tête.
D’autres estiment qu’au-delà de quelques provocations qui font le sel du personnage et détournent l’attention des médias, il y a un plan destiné à libérer les énergies de l’économie américaine, à secouer un État fédéral ankylosé, et à régler les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. L’action iconoclaste de l’administration Trump fera certes quelques dégâts à court terme, mais le pays en sortira gagnant d’ici quelques mois.
Les derniers considèrent que Trump, ses amis et leurs maîtres à penser sont perdus dans des divagations apocalyptiques libertariennes et asociales, et qu’ils sont décidés à engendrer une zizanie planétaire dans l’attente d’un événement salvateur et mystique dont eux seuls seraient informés.
L’histoire tranchera. Mais les résultats des deux premiers mois de mandat de Donald Trump sont pour le moins étonnants, en remettent en cause tout ce qui faisait des États-Unis la première puissance économique, militaire et culturelle.
En effet, les États-Unis sont en train de se brouiller avec l’ensemble de leurs alliés et passent désormais les plats à leur ennemi de toujours, la Russie. L’Union européenne, le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie sont contraints de réviser leurs alliances commerciales et leurs stratégies de défense. Les pays du sud, privés de l’US Aid et frappés comme ceux du nord de droits de douane arbitraires, sont incités à adhérer au récit du « Sud Global » que la Russie et la Chine promeuvent depuis 20 ans pour contester l’hégémonie de l’Occident, et tout particulièrement celle des Etats-Unis.
"Aux États-Unis, Donald Trump s’en prend à l’État Providence et au système de santé. Ils n’ont jamais été particulièrement généreux et efficaces, mais les restrictions budgétaires vont avoir des effets dévastateurs pour les citoyens les moins aisés et vont rapidement créer de profondes tensions sociales. Les coupes claires opérées par Elon Musk dans les programmes et les administrations fédérales ne feront qu’envenimer les choses.
En faisant la chasse aux immigrés, l’administration Trump va pénaliser des secteurs entiers de l’économie – construction, agriculture, industrie lourde, services… – qui n’offrent pas des salaires acceptables pour des citoyens américains, et bénéficiaient d’un avantage concurrentiel décisif en disposant d’une main d’œuvre docile et bon marché ;
En se ralliant au panache jaune de Donald Trump, les patrons des sociétés américaines les plus innovantes et les plus prospères ont déclenché un mouvement de boycott d’une ampleur inédite. Les 7 milliards de consommateurs non-américains peuvent en effet se passer des produits et services des États-Unis et décider de commercer entre eux. A Washington, la menace a fait sourire, mais les "7 magnifiques", principales entreprises américaines de la Tech, connaissent aujourd'hui un trou d’air boursier, et les commandes de F35 sont remises en question partout dans le monde.
Les Américains, qui sont historiquement les plus gros pollueurs de la planète et ont développé le mode de vie le moins écologique qui soit, ont renoncé à toute ambition en la matière. L’heure est à la dérégulation et à l’exploitation de toutes les énergies fossiles disponibles – aux États-Unis ou ailleurs – sans considération pour l’environnement et le destin du monde.
Les États-Unis sont depuis toujours la patrie des droits individuels et de la liberté de pensée et de parole. Dans ce pays, il était possible de tout dire et de tout écrire – pour le pire, mais aussi pour le meilleur. Cette liberté a en effet nourri la créativité de ses romanciers, philosophes, élus, musiciens, cinéastes, humoristes... Désormais, les leaders américains, champions autoproclamés de la libre expression décomplexée, entendent faire taire tous ceux qui critiquent leurs actions et leurs propos.
Enfin, le gouvernement fédéral s’attaque à ce qui a toujours fait la force des États-Unis : ses universités, qui attirent les cerveaux du monde entier, dominent la recherche internationale et ont nourri le leadership technologique du pays. En faisant de la science un ennemi, en s’en prenant plus largement au savoir et à l’éducation, en faisant de la Bible la mesure de toute chose, Donald Trump sabote ce qui a permis à son pays d’assoir une domination économique insolente.
On peut certes considérer que ce ne sont que quelques coups d’éclat de la part d’un leader qui a soif de revanche sur l’administration Biden et tous ceux qui se sont réjouis de son échec de 2020. Mais les dégâts qu’il provoque pour l’image du pays sont profonds et sans doute durables, car Donald Trump conforte avec méthode les clichés de l’anti-américanisme, qui décrit le pays comme une nation égoïste, vorace, brutale, bigote et irresponsable."

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