Voilà,
lové dans un véhicule qui tient à la fois du bobsleigh capitonné et de la pantoufle géante, je glisse dans le futur qu’imaginait mon enfance, un futur qui n’a pas eu lieu. La vitesse elle-même semble s'être assouplie pour m’accueillir. La carlingue, à l’extérieur, comme vêtue — oui, vêtue — d’une étoffe d’anorak, peau souple et légèrement mate, donne à l’engin une apparence plus textile que mécanique. Ainsi enveloppé, je me tiens à quelques mètres du sol, cinq ou six tout au plus, dans une suspension aussi énigmatique qu'enivrante.
Je pourrais m’élever davantage, m’arracher délibérément à la gravité, mais je préfère cette fidélité au monde d'en bas : je surplombe légèrement les autres véhicules, leurs flux continus sur des autoroutes mesquines et trop prévisibles. Je les accompagne sans les toucher, tel un témoin distant, une ombre détachée.
Reste ce problème, tenace et vaguement embarrassant : les tunnels. Vaut-il mieux s’y engager, consentir à leur obscurité, ou bien les franchir par-dessus, dans un surplomb qui serait une forme d’évitement ? Entre la pénétration et l’esquive, mon cœur balance. Mais, depuis La Grande Épidémie, n’en est-il pas ainsi de toute mon existence ?
Multi-dimensional traffic as an existential reasoning... It's actually quite descriptive of the feelings involved. Well done.
RépondreSupprimerSince COVID-19 pandemic, even this gentle levitation feels less like escape than a quiet negotiation between exposure and evasion.
RépondreSupprimerHappy Sunday Kwarkito
RépondreSupprimerMy Sunday Link Pary is
much love
Happy Sunday!-Christine cmlk79.blogspot.com
RépondreSupprimerI know I have told you this before, but I absolutely love your writings. You describe in such a beautiful way. Your art is taking an image and then bringing it to life with words. You are brilliant. Thank you for sharing with SITAR and have a very nice day.
RépondreSupprimerPantoufle géante!
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