samedi 21 février 2026

Nouveaux Parasites


 
Voilà,
J’aime assez la thèse du biologiste Robert Brooks et de la philosophe Rachael L. Brown selon laquelle nos smartphones du point de vue de l’évolution sont devenus des parasites. "De la même manière que certaines guêpes pondent leurs œufs dans des pucerons, et que ces œufs se développent en se nourrissant du puceron, le smartphone est littéralement une extension d’une entreprise privée qui se développe en envahissant son hôte (c’est-à-dire, nous)". Robert Brooks, également auteur de "Artificial Intimacy : Virtual Friends, Digital Lovers and Algorithmic Matchmaker" (2021), explique que prendre conscience de cette relation de parasitisme est aussi une manière de réclamer un meilleur contrôle de l’environnement numérique.
Oui on en est là. Ce que nous apparaissait comme une innovation, une avancée pratique n’est en fait qu'une forme supplémentaire de destruction, simplement plus douce, plus sournoise, presque aimable. Une forme de destruction qui ne fait pas de bruit qui ne remplace pas les autres, mais qui les accompagne, les prolonge, les perfectionne. Car désormais, le capitalisme ne se contente plus de broyer les corps et les paysages : il s’installe dans les heures creuses, il siphonne les instants de répit, il occupe le temps où l’on aurait pu dormir, parler, aimer, conspirer. Le temps libre devient une ressource. Il faut le capter, l’étirer jusqu’à l’épuisement. On vous garde connectés, immobiles, le regard penché, pendant que les plateformes engrangent des revenus publicitaires. Ce temps-là, vous ne l’emploierez pas à chercher des alliés, à forger des colères communes, ni à renverser quoi que ce soit. Vous ne manifestez plus. Vous voilà sans jambes, sans voix. Tout cela s'opère de façon ludique. Dans la distraction programmée. 
 On convoque la part infantile, la plus docile, celle qui réclame des récompenses immédiates, des couleurs vives, des sons brefs. Le téléphone, autrefois, servait à appeler. À dire : je suis là. Le smartphone, lui, ne dit plus rien. Il amuse. Il occupe. C’est un jouet sans repos. Un objet de dépendance quotidienne. On le consulte comme on attend une friandise. Et, sans qu’on s’en aperçoive vraiment, quelque chose cède : le rapport à l’autre se dégrade, l’autonomie s'amenuise. On s’installe dans un confort trompeur, une utilité factice. Une contrainte aussi discrète qu'insidieuse s'introduit, à laquelle l’individu, peu à peu, consent passif, presque reconnaissant.
 

8 commentaires:

  1. Now that is quite the idea, and I like it. There is definitely a lot of truth to it also, especially if you look at the definition of a parasite.

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  2. This says it perfectly. I agree with this too. The photo expresses the feeling that you wrote. People meld into a world of "phone" that leaves them oblivious to the real world. Wonderful post and I'm happy you shared it with SITAR. Have a nice Sunday.

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  3. Smartphones are good servants, but bad masters. Too many people let them be masters.

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  4. Oh I hear you loud and clear. I watch my DIL and my granddaughter bury their face in their phones even when others are around to talk to and enjoy. And those who are around but are being ignored have a sense of how hurtful it is ... for both actually as they are both losing out on being close, talking to a friend or giving someone a hug. I agree with every word of your post and I love the picture because it is what we see all around us every day. Hmmm ... don't know what that will mean to our futures, but I am sure it is not good for anyone.

    Andrea @ From the Sol

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  5. People need bounds when it comes to social media and such. Anyhow i know Algorithmic been around a long time. In my thought they're the cause of polarization

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  6. The box, once opened, cannot be closed. All of the technology is good. All of the technology is a curse. Like the cellphone, AI is a wonderful thing-- but it will wreak havoc on the lives we are used to. That picture is AMAZING!

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  7. It's a stark reminder that what we often celebrate as convenience can quietly become a form of control, reshaping our attention, autonomy, and even our relationships under the guise of connection.

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