Voilà,
le marchand de pâtes fraîches et de produit italiens a ressorti les brimborions d'Haloween. J'ai trouvé ça un peu con que même lui s'y mette. On ne peut donc plus acheter trois raviolis sans se retrouver nez à nez avec un squelette qui vous fait de l'œil. Je sais très bien pourquoi j'ai du mal avec cette iconographie ; il y a des images qui depuis longtemps me hantent. Vraiment, je déteste tout ce cirque. C'est arrivé en France dans les années 90, avec les déguisements à deux balles, les fantômes en plastique et ses commerçants qui ont découvert un nouveau moyen de nous faire les poches. Je sais bien que cette histoire a des origines celtes, inutile de me sortir les druides et les feux de joie. Mais ce qui nous est tombé dessus, c’est surtout l'impérialisme culturel américain et son obsession consumériste. Le marketing les grandes surfaces et les médias ont réussi à transformer ici aussi cette vieille tradition en opération commerciale. En 1997, un opérateur téléphonique avait même planté 8 500 citrouilles dans les jardins du Trocadéro. Huit mille cinq cents ! Il devait y avoir une bonne promo sur les forfaits.
Peut-être que je suis un peu à cran avec les États-Unis en ce moment. Mais je ne dois pas être le seul. On a déjà bien de quoi faire avec la connerie française, très effervescente ces dernières années, et depuis quelques semaines particulièrement bouillonnante. C'est pas la peine d'en importer encore. On est déjà submergés. Pourtant, on s’obstine. Le week-end dernier, au Stade de France, on nous a offert Pittsburgh - New Orleans, un match de NFL retransmis en plus sur une chaîne du service public. Du foot américain, donc. Un des sports les plus cons qui existe où des types casqués, bardés de protections et bâtis comme des armoires normandes passent leur temps à se rentrer dedans pour gagner trois mètres. Pourquoi pas un rodéo au pied de la tour Eiffel le printemps prochain ?
Bon je ne veux pas accabler mes lecteurs d'Outre-Atlantique avec mes grincheux emportements. Ils peuvent bien fêter ce qu'ils veulent et comme ils le veulent après tout. Ils ont d'autres problèmes et sont loin d'être sortis d'affaires. Les quinze prochains jours risquent pour eux d'être tendus. Je ne crois pas que les élections de mi-mandat — si par chance elles offrent une issue favorable aux tenants de la démocratie et que Trump, dans ce cas, accepte de s'y conformer — suffiront à atténuer les dégâts provoqués ces deux dernières années par l'administration républicaine. Certains sont de toute façon irréversibles.
Enfin quoi qu'il en soit les zombies seront de circonstances. Quand on voit le président et toute son administration on peut se dire que dans le genre mortifère c'est Halloween toute l'année. Pas un pour racheter l’autre. Tous plus cons et corrompus les uns que les autres. Le festival des horreurs. Comme l'a écrit l'année dernière Oliver Kornetzke — j'ignore qui il est ; je n'ai pas trouvé beaucoup d'informations à son sujet sur la toile,
mais quoi qu'il en soit, ce qu'il a écrit me paraît tout à fait juste — Trump représente "La
carcasse putride de la pourriture américaine, enfilée dans un costume
trop petit : la bassesse d'un escroc, la lâcheté d'un réfractaire, la
gourmandise d'un parasite, le racisme d'un membre du Ku Klux Klan, le
sexisme d'un pervers de bas étage, l'ignorance d'un ivrogne de comptoir
et la cupidité d'un requin de la finance ... le tout peint en orange et
exhibé comme un animal de foire. Pas
un président. Même pas un homme. Juste la quintessence malade de tout
ce que ce pays jure ne pas être, mais qu'il a toujours été : l'arrogance
déguisée en exceptionnalisme, la stupidité prise pour du bon sens, la
cruauté vendue comme de la force, la cupidité exaltée comme de
l'ambition et la corruption vénérée comme un dogme.
C'est
l'ombre de l'Amérique incarnée, une idole de citrouille pourrie qui
prouve que lorsqu'une nation s'agenouille devant l'argent, le pouvoir et
la rancune, elle ne perd pas seulement son âme, elle chie cette obscénité grotesque et l'appelle son leader."
Il paraît que Dieu bénit l'Amérique. Dieu est sous fentanyl c’est sûr.
Allez c'est promis le 31 au soir je montrerai d'autres squelettes.
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