une chose dont on ne prend conscience qu'avec les années accumulées et qu'on ne peut réaliser tant qu'on ne l'a pas ressenti, éprouvé physiquement — et c'est en cela que l'expérience est intransmissible et que l'écrire est par conséquent absurde mais tant pis je persiste — : avant de quitter le monde c''est le monde qui nous quitte. Le monde où l'on s'est construit, dans lequel nous avons acquis nos réflexes, trouvé nos repères, élaboré notre pensée. Ceux qui constituaient notre environnement sensible et intellectuel meurent, les chanteurs de variétés, les philosophes, les présentateurs de télévision, les acteurs, des auteurs de bandes dessinées... Les magasins disparaissent, les architectures se transforment, des quartiers entiers sont rebâtis. Les lois, les mœurs les coutumes aussi se modifient. Et peu à peu on se trouve sur une terre étrangère qui paraît de plus en plus hostile à mesure que nos facultés physiques et cognitives décroissent. Les formes que prenaient nos rêves se dissipent. On comprend doucement que notre temps est passé, que désormais le monde se fera sans nous. Les heures passent sans illusions et les souvenirs aussi, en bribes, comme de tièdes nuages dans le ciel incertain de notre mémoire. Il nous faut apprendre à cheminer en paix parmi les choses et consentir à la fatalité de n'être que ce qu'on est sans pour autant renoncer à l'espérance qu'un violent bonheur puisse une fois encore nous étreindre. Cependant parmi les ombres et les reflets où se hâte tout un peuple de spectres furtifs, on cherche sa demeure, comme on croyait la trouver autrefois, à l'abri d'une cabane de branchages et de fougères entre les pages colorées des illustrés de l'enfance. (Linked with weekend reflection)
Un blog écrit en français, avec des photos des collages des dessins, des créations digitales, des récits de rêves, des chroniques des microfictions et encore bien d'autres bizarreries... A blog written in french with photos, collages, drawings, digital paintings, dream stories, chronicles, microfictions and a few other oddities.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Publications les plus consultėes cette année
-
Voilà, mercredi dernier je suis passé par la rue Férou qui relie la place Saint Sulpice à la rue de Vaugirard. La nuit tombait paisiblem...
-
Voilà, c'est une perspective étrange sur les hauteurs de la ville de Liège avec cet immeuble d'angle, rue Pierreuse, son Christ en f...
-
Voilà, au milieu du dépotoir, la chose gisait là dans la boue, inerte, suintante, exhalant une odeur putride . Relents d'ammoniaq...
-
Voilà, le ciel, on ne sait jamais ce qu'il contient de menaces, même quand il est beau. Aujourd’hui, je me suis souvenu de Venise, et j...
-
Voilà, Karl Marx considérait que l’histoire se répète d’abord comme tragédie puis comme farce. Ce qui arrive aujourd'hui Outre-Atlanti...
-
Voilà, Au fond, on s’arrange comme on peut avec le monde. Pour y respirer pour y survivre. En être, y trouver sa place n’est jamais allé d...
-
Voilà, sur le moment j'ai eu l'impression de faire une photo américaine. Cet homme tellement élégant, tellement classieux m...
-
Voilà par hasard au détour d'une rue, ici dans le quatorzième à l'angle de la rue du départ et du Boulevard Edgar Quinet, on trouve ...
-
Voilà, un peu moins seul que de coutume, me sentant toutefois étranger à la compagnie, cigale parmi les fourmis, mais n'ayant plus dés...
-
Voilà c'était sur l'île de la Désirade , une dépendance administrative de la Guadeloupe située à une dizaine de kilomètres à l'e...
Fine words, and a delightful image. The changes we are experiencing here are frightening-- Walking in peace is very difficult.
RépondreSupprimermerveilleuse photo avec le reflet lointain de l'homme assis. assis pour contempler le monde qui nous quitte ? merveilleux texte qui nous dit si bien à quelles merveilles d'obsolescence nous assistons impuissants. comme dans un cauchemar, que nous ne pouvons contrôler. et puisque tout le monde autour de nous disparaît et que c'est dans la nature des choses, pourquoi ne pas regarder ceux qui apparaissent autour de nous ?
RépondreSupprimerje m'efforce de regarder le grand chamboulement autour de moi avec tolérance même si c'est dur parfois
RépondreSupprimerLe temps passe si vite que je préfère profiter des arbres et des oiseaux, comme Laurent..
bon weekend Arnaud
...some many layers in this image.
RépondreSupprimerThere is a great deal going on on both sides of the glass.
RépondreSupprimer