mardi 14 avril 2020

Jeune femme lisant en compagnie de son chien


Voilà,
celle-ci je l'ai prise en Octobre 2018. Je suis toujours envieux de cette capacité qu'ont certaines personnes à s'allonger sur les bords de Seine, pour prendre le temps de lire ou simplement de ne rien faire, de se laisser baigner par la chaleur du soleil. Je m'y attarde souvent pourtant, mais il me faut être en mouvement. Je ne parviens pas non plus à m'abandonner ainsi dans un lieu public. Même lire au bistrot m'est difficile. Cette image atteste d'un temps où l'insouciance, la légèreté et l'indolence étaient encore des possibilités. Désormais notre vie confinée nous prive de plaisirs simples dont rien n'augurait, il y a quelques mois à peine, qu'ils pussent nous être aussi vite dérobés.
Traîner, flâner dans les rues du quartier latin, de Saint-Germain et sur les quais de Seine, déambuler dans l'île Saint Louis qui, ressemble à certaines heures à un petit village, me manque. Et sans doute aussi ce plaisir d'être saisi par un instant, une situation, une fraction de seconde insolite, un détail incongru. Ces moments d'errance, de déambulation me lient à cette ville depuis que j'y vis. J'en ai besoin. Ils sont ma part nécessaire de poésie et de lumière, surtout au printemps. Ces promenades au printemps naissant m'apportent, sinon la joie, du moins de fugitives félicités, d'éphémères délices, de doux transports. Les photos que je peux alors y faire sont comme des cailloux ramassés sur le bord du chemin. Parfois c'est un plaisir semblable à celui que l'enfant éprouve lorsqu'il capture parmi les herbes une sauterelle ou un papillon, peut-être juste pour ce chatouillement sur les paumes des mains refermées en une cage éphémère avant que l'insecte ne soit rendu à sa liberté.
Oui les photos offrent un contrepoint aux images, la plupart du temps sombres et tourmentées, que je produis et qui sont celles qui me viennent le plus spontanément. Comme le confinement, avive cette tendance, je m'abstiens de les publier. Peut-être d'ailleurs ne le ferai-je jamais.
Heureusement il y a les voix chaudes de Louis et Ella. Je vais commencer avec ça. Ensuite en verra. La musique accompagne mes journées. Je ne supporte plus d'écouter les nouvelles. Words words et guignolades. Oui heureusement, il y a les musiques, toutes les musiques.
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PS : En regardant quelques nouvelles sur le net, je vois que le spectre d'une nouvelle catastrophe nucléaire se profile, trente quatre ans après la première, à Tchernobyl où flambent les forêts de la zone interdite. On rapporte que le taux de radiation y a considérablement augmenté. Ici un fort vent de Nord-Ouest, sans doute chargé de particules balaye la ville. Mauvais karma pour l'humanité semble-t-il. Au moyen-âge, ai-je lu quelque part, après les catastrophes et les pandémies, il y avait toujours de grosses orgies. Est-il vraiment nécessaire d'attendre ?

11 commentaires:

  1. orgies ? en attendant, je me promène tous les jours, a priori une heure, parfois plus car depuis l'instauration du confinement, je n'ai pas encore vu un gendarme. et surtout je ne sais pas ce qu'il en sera de moi demain. profiter du moment présent, n'est-ce pas ainsi que nous devrions vivre, quel que soit l'époque ?

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  2. Lire dans un endroit public m'a toujours semblé impossible, et si je sors c'est pour voir ce qui s'y passe.
    Écouter Ella en lisant ton billet, un plaisir, merci!

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  3. yes i miss walking around with my camera too...especially after a long winter...but indeed at least we still have music :))

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  4. Je vois bien ce chatouillement, je le sens aussi non pas dans la ville mais en grimpant la dune. La petite ivresse de découvrir l'euphorbe poindre ne me sera pas permise cette année... Me restent les photos de l'an dernier.

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  5. ·.
    Bueno, la fotografía resulta muy refrescante. Nos hace pensar, y valorar, en todo aquello que estamos perdiendo rápidamente. Es la volatilidad del mundo VUCA, que enlazas. Pasarán estos malos tiempos y esperemos que hayamos aprendido algo, de lo diminuto y frágiles que somos.
    Mientras, nos queda la música, que nunca nos abandonará.

    Un abrazo... y a cuidarse !
    Te escribo en español porque veo que lo comprendes. Yo de francés, nada.

    LaMiradaAusente · & · CristalRasgado

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  6. What a serene shot of the lady and her dog! I have to hope that life will be back to 'normal' soon and we can all get out and do things again.

    I'm so happy that you joined us over at at 'My Corner of the World' this week!

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  7. It's a fine shot of her reading--- I can't read a book with the light behind it. I'd be on my belly with the book on the ground. Keep safe, both body and mind...

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  8. Hopefully not too long before you are strolling the streets of the Latin Quarter again Kwarkito 💙 Your very last sentence made me smile 😊

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  9. Your dark and gloomy posts are enjoyable, too, but this is as you say, a nice change of mood! I'm sad because it looks as if my next trip to Paris won't be for a very long time. For the moment, even if I felt safe traveling, "you" won't let me in, and "you" are right.

    be well... mae at maefood.blogspot.com

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  10. I'd be right there with this reader, living in the moment, enjoying the time in the sun with the dog and the book. In fact, I am doing that right now. Thank you for taking me there.

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  11. Oh, I am missing all you described. Even though no trip to Paris was in the plan for this year (unless a short jaunt from London), it's still the idea that I CAN'T. Your words are so evocative. I hope you'll be able to travel again soon. I hope we all can.

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