lundi 1 avril 2019

Dans le flottement des pensées confuses


Voilà,
Un moment d'inattention, tu poses, sans ton rendre compte ton smartphone sur un endroit inapproprié. Combustion lente, une odeur terrible. Tu es à côté. Heureusement tu es à côté. Tu comprends vite. Tu évites la catastrophe. Le possible court-circuit, l'incendie. L'odeur ne te quitte pas de la journée. Odeur tenace et toxique dans tes narines, tes poumons. Qui sait le lent ravage que peut-être elle commence à y propager. Toute la journée tu y repenses. Et si tu t'étais absenté, éloigné  de sorte que tu ne te rendes compte de rien dans l'immédiat ? Une journée commencée avec l'enchantement du premier merle qui aurait pu mal tourner. À cause d'une négligence, plus précisément d'un geste absurde, inadéquat, irréfléchi, et au fond complètement con, comme de laisser un fer à repasser chaud sur un vêtement. Ce qui te tourmente c'est que tu n'aies pas un instant songé que cela pouvait être dangereux, c'est ce relâchement qui heureusement n'a pas prêté à conséquence. Toute la journée tu n'as cessé d'y songer.
Le soir tu vas voir le film "Still recording". Évidemment ça relativise les choses. Avec cette scène finale terrible parce que d'une atroce banalité. Et aussi au milieu du film cette fille très belle qui dit qu'elle trouve tout ce chaos réjouissant. La guerre dans les faubourgs de Damas, et puis le centre ville où l'on vit relativement normalement. Et la possibilité de passer d'un endroit à l'autre pour peu que l'on parvienne à franchir les check-points.
Après la projection cette sensation de malaise dans la station de métro. Parce que ce monde en paix semble si vide, si artificiel, si dénué de beauté et d'élévation. Mais il demeure encore si désirable pour tous ceux qui fuient la misère et les zones de guerre. Pourtant, sous nos latitudes, on sent bien que la paix n'est pas dans les cœurs. Les émeutes hebdomadaires et la répression policière qui s'y rapporte, l'attestent. Quand un pouvoir politique refuse d'écouter le peuple qui l'a élu et se crispe à la moindre contestation, nul ne sait ce qui peut advenir.
Sur le quai, j'ai repensé à cette photo d'un homme riche et cultivé dans les ruines de son appartement d'Alep, et j'en ai pris une autre juste pour faire le point sur une fraction de seconde traversée d'idées confuses.
(linked with our world tuesday )

5 commentaires:

  1. They say--- With age comes wisdom. I still keep hoping for the things of my youth.

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  2. That is one hell of an image of Mohammed Anis. I hope you weren't in a fire, I never quite get the full picture with the translation. I like the infinite look of the subway.

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  3. there's a bit of the sinister in this night photo but i like it

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  4. J'aime ces filiations, analogies et autres (con)fusions qui nous mènent sur des pistes évocatrices.

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  5. Really good links today Kwarkito. I remember reading about the old man in Aleppo ✨

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