mercredi 4 mars 2020

Jamais comme prévu



Voilà,
même si le pire est toujours à envisager, il n'arrive jamais comme prévu. C'est étrange, on cherche toujours à deviner l'avenir, mais les oracles font rarement preuve de perspicacité. Et lorsque certains d'entre eux s'avèrent clairvoyants et en capacité d'argumenter au moyen d'analyses fines et subtiles, ou au filtre d'hypothèses concordantes, ceux qui ont le pouvoir de décider ne les écoutent pas. Donc, si la plupart du temps cela ne se réalise jamais tout à fait comme on l'imaginait, il est rare que cela advienne mieux qu'on ne le supposait. De l'imprévisible surgit, rendant un temps inintelligible la réalité, contrariant les projets qu'on y faisait. Ça se passe autrement voilà tout. C'est la nature même de l'événement d'être surprenant. Comme le disait Cocteau, "les choses ont une façon bien à elles d'arriver". Et parfois elles arrivent toutes en même temps. On réalise alors que les petits symptômes qu'on avait considérés avec dédain, combinés à d'autres paramètres jusque là tenus pour incertains, voire hasardeux, constituent une équation soudain effrayante parce qu'insoluble dans l'immédiat si bien que toutes les options semblent inappropriées. Et l'ordre des choses, ou ce qu'on nous faisait passer pour tel, ne semble plus aussi fiable. Tout un édifice de croyances se lézarde, et ce qui paraissait, il y a peu de temps encore une improbable fiction  — que nous redoutions cependant sans pour autant vouloir l'admettre — prend lentement forme sous nos yeux, sans que nous puissions nous en affranchir. Et il faut se rendre à l'évidence : nous ne nous étions pas préparés. Et concéder enfin qu'un sursis, par définition, ne peut se prolonger indéfiniment. Linked with the weekend in black and white)

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