samedi 31 décembre 2016

Juste avant


Voilà,
dehors et dedans
mêlés quand tombe la nuit
un doux songe affleure

mardi 27 décembre 2016

Un bruit soudain

Psychopompes

Voilà,
tu dors tu rêves / un bruit soudain / comme celui que fait ton enceinte quand on la connecte par blutooth à un mobile  / cela te semble bizarre ça tient du rôt et du claquement / à peine as tu le temps de comprendre que ton corps a cessé toute fonction /  ton esprit ne se dissipe pas immédiatement il te reste encore un résidu de conscience / tu es tout de même ennuyé à cause du linge sale du désordre du disque dur pas nettoyé / à cause des zones d'ombre des brouillons  / et puis il y a l'amour qui n'a pas été dit pas suffisamment donné les mots imprononcés les malentendus les mécompréhensions / mais on t'attend semble-t-il on veut t'accompagner  / tu penses au trouble au chagrin que tu vas laisser derrière toi / un peu quand même / mais déjà tu te sens comme un papillon libéré de sa chrysalide / l'inconnu t'appelle laisse là les regrets ils n'ont plus lieu d'être / puisqu'il n'y a plus d'être / et c'est comme une révélation / ce n'est ni le vide ni le silence / quelque chose qui dépasse l'entendement et n'exige plus aucune langue  / c'est doux c'est paisible / tu le sens tu le sais désormais tu ne seras plus que voyage et musique et c'est très bien comme ça

vendredi 23 décembre 2016

Magasin de jouets


Voilà,
quand Noël approche, j'ai envie de rester à la maison, de régresser en relisant des bandes dessinées de mon enfance tout en buvant du chocolat chaud, rester au lit, glander.... Manger des fruits exotiques (letchis, fruits de la passion, tamarillos, anones, mangoustans), écouter du vieux jazz avec du vibraphone, Peter Skellern, ou des chœurs de Britten, de Dowland ou bien les vêpres de Rachmaninoff, regarder des comédies musicales américaines, éviter la foule, l'hystérie mercantile


mardi 20 décembre 2016

Alençon et Marcello


Voilà,
j'ai pris cette photo il y a exactement 20 ans. J'étais en tournée avec le spectacle "La cerisaie" de Tchekhov mis en scène par Margarita Mladenova et Ivan Dobtchev, et je crois que c'était notre dernière date avant Noël et la reprise à Paris au théâtre de la cité internationale. Je me promenais dans la grand rue d'Alençon en songeant à Thérèse devenue Sainte Thérèse de Lisieux, mais qui était née dans cette ville et avait été baptisée dans cette église. Parce qu'un jour en feuilletant une revue de photo, je leur avais trouvé une ressemblance, j'ai associé depuis le visage de Thérèse, la première sainte à ma connaissance qui a fait de la photographie à celui d'Agnès. Ce matin là, mes pensées me portaient tour à tour de l'une à l'autre pendant que des hauts-parleurs diffusaient un programme de la radio locale pour les fêtes commerciales de Noël. Lorsque j'ai entendu un flash d'actualité annonçant la mort de Marcello Mastroianni survenue le matin même, j'ai appuyé sur le déclencheur. A ce moment précis j'ai éprouvé un réel sentiment de perte auquel cette image est pour moi définitivement associée.

vendredi 16 décembre 2016

Perspectives constructivistes


Voilà,
certaines perspectives de paysages urbains me saisissent simplement sans doute à cause des lignes, de la géométrie qui s'en dégage. Elle me ramènent à ce moment où à la fin des années 70 j'ai découvert le constructivisme russe qui revenait alors à la mode dans la pub et le graphisme. Ce quartier de Belem au pied du pont qui enjambe le Tage me fascine littéralement et en particulier cet endroit où je suis resté un long moment tant il me semblait irréel, semblable à un décor de cinéma. (Linked with The weekend in black and white)


lundi 12 décembre 2016

Un dimanche après-midi dans le Nord de la France


Voilà,
cette photo prise il y a maintenant dix ans je ne peux la regarder sans une certaine mélancolie. Je trouve pathétique l'image de ce jeune homme jouant devant un parterre de vieux. C'était le 70 ème anniversaire de Christian qui n'était déjà plus très vaillant. Je crois d'ailleurs que je l'ai vu pour la dernière fois à cette occasion. Tout un pan de ma vie s'effritait lentement sans que je puisse y faire quoique ce soit. Je me souviens que la veille un automobiliste fou aurait pu faire un carnage sur la bretelle d'autoroute et avoir alors éprouvé le sentiment de l'avoir échappé belle. Quand j'ai pris cette photo, j'avais la tête ailleurs. La peur - une peur ontologique - qui m'avait, quelques années auparavant, saisi et dont je ne m'étais pas caché, que j'avais extériorisée, nommėe, mais qui tout de même avait été surmontée, puisque je ne m'étais pas défaussé, que je n'avais pas fui, que je faisais face, et que j'assumais mes responsabilités et ce rôle pour lequel je n'étais pas fait, dans lequel je ne m'étais jamais projeté, cette peur on me la reprochait encore cinq ans après, au lieu de reconnaître que je m'étais transformé. Et là j'en avais ras le bol. Ailleurs je redevenais désirable, sans qu'on ne me reproche rien. Si j'avais été capable de jouer de la guitare comme ce jeune homme, j'aurais alors interprété "Hey bulldog" des Beatles juste pour la phrase "you don't know what it looks like to face to your fears"

jeudi 8 décembre 2016

Fuir Paris


Voilà,
Aujourd'hui nouveau pic de pollution comme il n'en a jamais été enregistré à Paris à cette saison.
La gorge me pique je n'ai plus de voix
Je pense à Bill et à Laura dans leur Ouest lointain, immergés dans la nature.
Et j'ai aussi comme une envie de Dordogne et de grand air.

mardi 6 décembre 2016

Dans le train pour Saint-Quentin


Voilà,
vendredi dernier dans ce train presque vide qui m'emportait vers Saint Quentin (de Paris à Compiègne il avait été bondé) ce long morceau d'Iron Butterfly "In-a-gadda-davida" m'est revenu en mémoire. C'était tellement absurde incongru, inattendu, sans relation aucune avec ce que j'avais pu vivre ces jours derniers et encore moins avec l'endroit où je me trouvais. J'ai soudain eu une envie terrible de l'entendre. Pourtant, je sais très bien qu'au bout de cinq minutes ça m'exaspère, parce que cela me rappelle des états étranges et des époques de ma vie où j'étais très nonchalant et assez stupide, et aussi sans doute parce que cela me remet en prise avec la conscience du temps qui était alors la mienne bien moins douloureuse évidemment, que celle que j'éprouve désormais. Durant ce voyage, je suis allé fureter sur internet pour revoir la pochette du disque dont il me semblait qu'elle était argentée. Ce titre me paraissait autrefois fort énigmatique. Ce n'est que bien plus tard avec l'apparition du web que j'en ai appris l'origine.


dimanche 4 décembre 2016

Marché de Noël au Luxembourg (un rêve)


Voilà,
juste un rêve étrange. Dans un marché de Noël semblable à celui où je m'étais retrouvé au Luxembourg en 2013, j'aperçois un type très vouté, petit avec de longs cheveux blancs - une silhouette quasi beckettienne - qui s'agite conversant avec un autre un peu déchu comme lui. Avec une voix de fausset il tient des propos assez pertinents sur l'art le cinéma la photo. J'ai la certitude qu'il s'agit d'Olivier A. que j'ai connu quand j'avais 16 ans, un garçon autrefois brillant, très engagé politiquement et en son temps le plus jeune diplômé d'une prestigieuse école française de cinéma. Je m'avance vers lui. Je lui dis "bonjour Olivier". Il me répond "je suis content d'être encore Olivier pour quelqu'un". Ce qui est paradoxal dans ce rêve, c'est que c'est moi qui me retrouve dans la position de celui qui mène une vie régulière, alors qu'en réalité, il est devenu une sorte de serviteur et agent du grand Capital (lui qui était autrefois un gauchiste proclamé) avec lequel j'aurais vraisemblablement bien peu à échanger. Aujourd'hui il gagne fort bien sa vie en réalisant des séries télé stupides, et c'est plutôt moi qui suis dans une position marginale. Ce qui m'exaspère dans ce rêve, c'est d'endosser une fois de plus cette figure raisonnable et conciliante alors que je ne contrôle plus grand chose et que la vie matérielle devient de plus en plus incertaine.

jeudi 1 décembre 2016

Notre dernière illusion


Voilà,
"l'histoire est notre dernière illusion (...) ils sont venus, les salauds, effacer à coups d’obus, nous dire que tout simplement on n’existait pas. Alors, ils ont commencé par les oliviers, puis par les vergers, puis par les immeubles, puis toutes choses énumérées enfin disparues, pêle-mêle, ils ont jeté enfants, vieillards, et nouveaux mariés, morts ou à moitié morts, dans la fosse commune, et ont tout enfoui, et tout cela pour dire au monde des demi-vivants qu’on n’existait pas, qu’on n’avait jamais existé, et que donc, ainsi, ils avaient raison… de nous exterminer. Etel Adnan, in "Jenine" (2004).
Ce qui valait hier pour une région, vaut aujourd'hui pour d'autres. Otages d'enjeux qui les dépassent, ce sont les civils qui meurent, simplement parce qu'ils sont civils, et qu'ils ont le malheur de vivre là. L'histoire les réduira en chiffres, en nombre de victimes et rien ne subsistera d'eux. Pendant ce temps, ailleurs, la vie continue dans une sorte de crépuscule. Plus ou moins conscient mais toutefois impuissant on assiste à la débâcle généralisée du monde. On s'y contemple, on s'y admire, on essaie de trouver un peu de lumière ainsi que sa place sur la photo quand déjà nous ne sommes plus que des ombres qu'une grande nuit s'apprête à engloutir.