samedi 18 février 2012

Corvidés



Voilà
traversant le cimetière Montparnasse, après quelques emplettes au marché du Boulevard Edgar Quinet j'ai voulu déposer, comme il m'arrive de le faire quelquefois, un petit chou sur la tombe de Gainsbourg, une banane sur celle de Beckett. Ce n'est pas que je sois très en fonds ces temps-ci, mais, honorer ces morts de la façon qui convient à leur mémoire, au moins pour le plaisir qu'ils me donnent encore de les lire ou de les écouter, me paraît juste. Et puis de mes proches voisins, je dois tout de même bien admettre qu'ils comptent parmi les plus fréquentables. J'ai alors aperçu quelques corneilles ou corbeaux — engeance en tout cas particulièrement teigneuse — qui saccageaient des tombes, en renversant les pots dessus posés pour en manger les fleurs. J'ai aussitôt supputé (j'aime bien supputer dans les cimetières) que ces sinistres volailles s'empresseraient de se goinfrer de mes offrandes, et finalement, après leur avoir jeté des cailloux en criant "Nevermore ! Nevermore !!!", je suis reparti avec ma banane et mon chou. 

2 commentaires:

  1. :-D Merci pour ce récit, je ne regrette qu'une chose...
    Ne pas avoir pu photographier cet instant presque Kafkesque.

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  2. Des oiseaux j'en ai vu de ma vue perçante voler si haut, si loin, qu'ils semblaient au repos, puis l'instant d'après ils m'arrivaient tout autour, des corbeaux m'ont fait ça. Les canards c'est peut-être le pire, se voir soudain en train de trépigner et de trébucher au mileiu des canards, ou des poules, peu importe la volaille, il n'y a guère pire (S.Beckett in "Têtes-mortes")

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