lundi 24 octobre 2011

Mon grand-père


Voilà
on arrivait par Saumur en empruntant la nationale qui longe la Loire. A la sortie on pouvait, sur la droite, après Notre-Dame-des-Ardilliers, apercevoir les caves Gratien & Meyer où l'on fabriquait du mousseux selon la méthode champenoise. Ce bâtiment perché sur la colline me faisait rêver. Je le trouvai immense et majestueux dans sa rigueur géométrique. Il semblait tout droit sorti d'un jeu de construction. On passait ensuite sous une ligne à haute tension (des boules étaient accrochés aux câbles électriques) puis c’était Dampierre (Mr Gentilleau y avait sa boucherie et vendait une viande délicieuse) et ensuite Souzay qu’il fallait en partie traverser avant de tourner sur la droite pour remonter en sens inverse une ruelle pentue jusqu'à la maison en tuffeau de mon grand-père construite au pied de la falaise crayeuse. Il était alors possible de garer la voiture dans une impasse au bout de laquelle se trouvait un grotte, ce qu’on appelle là-bas une cave où étaient entreposés des outils. C’était un endroit toujours abrité du soleil, entre la maison du grand-père et celle de Mr et Madame Séchet. Il y faisait perpétuellement frais. Souvent, le cyclomoteur jaune de la manufacture des armes et cycles de Saint-Etienne appartenant à mon grand-père y était garé, posé sur sa béquille. Quand il voyait passer la voiture, il apparaissait par la fenêtre. Je pense encore à lui souvent. C'était un homme délicieux. Je l'aimais bien. 

1 commentaire:

  1. "Je l'aimais bien" me paraît un peu faible. Est-ce l'effet de la pudeur ? Ne faudrait-il pas écrire "Je l'aimais beaucoup" ? Ou "je l'aimais".

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