vendredi 29 juillet 2016

Projections



Voilà,
j'ai parfois la vision d'un monde d'après la catastrophe, un monde où le pétrole manque. Trop coûteuses les voitures, devenues rares sont réservées à une minorité fortunée ainsi qu'à la police et à l'armée. On a pris l'habitude se déplacer dans des carrioles légères en titane recyclé. Profilées comme des chaussures de sport, elles sont trainées par des chevaux, parfois même des chameaux ou encore tractées par des réfugiés climatiques du quart monde constituant une main d'œuvre à bas-coût. Les jeunes se déplacent vite, en rollers ou en skate. Sur les voies ferrées ne circulent que des draisines comme celles que l'ont voit dans "Stalker" le film de Tarkovski, ou d'autres sur lesquelles des vélos ont été posés. (Linked with the weekend in black and white)

mardi 26 juillet 2016

Le pavillon chinois


Voilà,
Comment ça s'appelait déjà ce petit bar à côté de notre hôtel, le pavillon chinois je crois mais je n'en suis pas tout à fait sûr. C'était si doux ce voyage avec ma fille. J'étais content de lui montrer une ville que j'avais découverte quelques mois auparavant. Mais cet endroit, je n'y étais pas encore venu. Nous sommes allés y boire un verre, un soir. C'était bien. Il y régnait comme un parfum d'enfance.

vendredi 22 juillet 2016

Un certain Immeuble


Voilà,
depuis que j'habite cette ville, j'ai toujours été fasciné par cet immeuble et particulièrement cette tourelle, tout en haut, recouverte d'ardoises. J'ai commencé à traverser le jardin du Luxembourg dès mes 14 ans (c'est l'âge de ma fille cette année) pour me rendre au collège, et donc j'ai toujours aperçu le sommet de cet immeuble. Aujourd'hui encore je me demande bien à quoi cela peut ressembler à l'intérieur. Une fonction particulière était-elle dévolue à cette tourelle ou bien était-ce juste une fantaisie d'architecte ? (linked with The weekend in black and white)

mercredi 20 juillet 2016

Le Poème dans la vitre du train


Voilà
c'est à ce poème de Charles Reznikoff que je pensais ce jour là regardant à travers la vitre du train :

Ils étaient trois sur la locomotive
le signaleur le chauffeur et le mécanicien
À environ deux cents mètres de l’homme
– sourd comme un pot –
le signaleur commença à sonner la cloche ;
à moins d’environ une centaine de mètres
 le mécanicien commença à actionner son sifflet
trente ou quarante coups brefs. 


L’homme ne quitta les rails ni ne leva la tête.

Cela me fait penser à ce que nous vivons aujourd'hui, parce que bien sûr l'humanité ressemble à l'homme sourd. Depuis des années des gens expliquent que nous ne pouvons à ce point continuer avec ce mythe de la croissance permanente dans un monde fini, qu'il est malsain de faire perdurer un système financier basé non sur la production mais sur la spéculation, de saccager la planète à ce point et pourtant on continue, on continue comme si tous les signes annonciateurs de la Catastrophe ne comptaient pour rien. On continue avec cette idée folle que, puisque jusqu'à présent l'Humanité s'en est toujours sortie, il n'y a pas de raison que cela change

dimanche 17 juillet 2016

Panique


Voilà,
il n'est plus de lieu où je me trouve, dès lors qu'il y a du passage, de la foule, sans qu'une sensation de panique intérieure ne s'empare de moi. J'ai connu ça enfant lorsque je vivais en Algérie, pendant la guerre. Il fallait toujours être sur le qui-vive ; le danger, sans cesse présent pouvait surgir à tout instant. Vers l'âge de huit ans lorsque nous sommes arrivés dans les Landes, j'ai commencé à me détendre un peu. Même si, de façon générale, je continuais à me méfier des autres, j'ai fini par éprouver un sentiment de sécurité inconnu jusque là. Les landais étaient accueillants, généreux. La nature belle odorante et apaisante. Bien sûr parfois la violence de l'océan m'effrayait, mais il me procurait aussi tant de joies. On parlait toujours de guerre, à la radio, on la voyait à la télévision, celle du Vietnam, elle s'invitait ã l'heure des repas. Le géniteur suivait cela avec attention, lui qui, un peu plus de dix ans auparavant y était allé guerroyer quand ça s'appelait l'Indochine. Pour lui c'était encore très présent. Il vivait avec, imposait à son entourage cette proximité. D'une certaine façon, je n'ai jamais connu la paix, je veux dire la paix intérieure. Heureusement, il y avait la nature, les longues randonnées en bicyclette à travers la forêt de pins, le long du lac de Sanguinet. Aujourd'hui, je n'ai plus d'autre horizon que les murs de la ville et je sens une tension terrible dans les rues. Tout à coup la population réalise que le monde dans lequel nous vivons à généré des monstres qui sont parmi nous. Nos gouvernant sont impuissants. Ils utilisent de vieux mots, continuent à vendre des armes à des puissances qui financent des organisations qui nous sont hostiles. Ces fabricants d'armes détiennent aussi des organes de presse. L'art, la littérature ne me sont plus d'aucun secours. Je voudrais être parfum, la trille de l'oiseau, les embruns qui fouettent le visage, le chant de la cigale, l'ombre fraîche de l'église, la pierre sous le fenestron de la cuisine reposant contre le mur. Je voudrais que cette inquiétude me quitte, comme le font les idoles de mes vingt ans


vendredi 15 juillet 2016

Ruhl Plage


Voilà,
comment ne pas penser à Nice. Vingt ans déjà, c'est loin. Je suis là, au bord de la mer, il ne fait pas très beau, il y a du vent, ce n'est pas un printemps précoce, mais je me sens bien quand même. Je suis avec quelqu'un que j'aime, qui m'inspire confiance, logé dans un bon hôtel, on s'endort chaque soir dans du linge frais, le travail se passe harmonieusement. Chaque soir le spectacle se donne devant une salle comble. J'ai d'autres projets pour lesquels je suis déjà prêt. Je n'ai pas de problème d'argent. La vie semble simple, je surfe sur le cours des événements. Pourtant, ces soudains moments de plaisir et d'énigmatique félicité qui surgissent sans qu'on s'y attendent me semblent bien précaires, si peu conformes à ce que me semble être la loi du monde qu'il m'est difficile d'en jouir pleinement. Je ne peux m'empêcher de redouter le possible accident qui pourrait survenir. C'est ainsi, j'ai été élevé dans l'idée que le bonheur est suspect. Il m'en restera toujours des traces. Voilà pourquoi, même si j'ai le cœur léger je prends des photos de ce jour gris avec son ciel lourd de nuages. Pourtant à ce moment je suis heureux sur la promenade des Anglais. J'ai l'impression de voyager dans un autre monde comme ceux que l'on s'invente quand on est enfant. Jusqu'à ce sinistre 14 juillet, c'était cela pour moi Nice. Aujourd'hui je suis incapable de regarder la télévision, je n'allume pas la radio. Quelques photos sur les réseaux sociaux m'ont suffi. L'horreur, l'horreur. Je repense à ces vers de Paul Eluard lus il y a peu sur un site de poésie "J'avoue je viens de loin et j'en reste éprouvé / il y a des moments où je renonce à tout / Sans raison simplement parce que la fatigue / m'entraîne jusqu'au fond des brumes du passé / et mon soleil se cache et mon ombre s'étend " (linked with The weekend in black and white)

jeudi 14 juillet 2016

Révolution numérique


Voilà,
encore une photo de banc prise le 14 juillet 1983. Évidemment, ce qui est l'essence même de cette célébration s'est perdue au cours des années. Le 14 juillet commémore un acte révolutionnaire, une insurrection populaire. Maintenant des gros cons militaristes viennent voir défiler l'Armée française, et la Révolution n'est plus qu'une mythologie républicaine dont le sens s'est perdu pour la plupart de ceux qui viennent assister à ce rituel. Je ne suis pas dans l'actualité. J'ai écrit ce billet dix jours avant sa publication, avec une photo de plus de trente ans et un texte trouvé il y a quelques semaines et qui me plaît bien, et qui a sa façon est un manifeste révolutionnaire, rédigé je crois par l'homme qui a instigué l'affaire des Panama papers, raison pour laquelle il se fait appeler Mr X.
"La conséquence collective des échecs du droit international à punir la fraude fiscale est l’érosion totale des standards déontologiques, menant en fin de compte à un nouveau système que nous appelons toujours capitalisme, mais qui se rapproche davantage d’un esclavage économique. Dans ce système – notre système – les esclaves n’ont aucune idée de leur propre statut ni de celui de leurs maîtres, qui évoluent dans un monde à part où les chaînes invisibles sont soigneusement dissimulées au milieu de pages et de pages de jargon juridique inaccessible. L’ampleur terrifiante du tort que cela cause au monde devrait tous nous faire ouvrir les yeux. Mais qu’il faille attendre qu’un lanceur d’alerte tire la sonnette d’alarme est encore plus inquiétant. Cela montre que les contrôles démocratiques ont échoué, que l’effondrement est systémique, et qu’une violente instabilité nous guette au coin de la rue. L’heure est donc venue d’une action véritable, et cela commence par des questions. Les historiens peuvent aisément raconter comment des problèmes d’imposition et de déséquilibre des pouvoirs ont, par le passé, mené à des révolutions. La force militaire était alors nécessaire pour soumettre le peuple, alors qu’aujourd’hui, restreindre l’accès à l’information est tout aussi efficace – voire plus –, car cet acte est souvent invisible. Pourtant, nous vivons dans une époque de stockage numérique peu coûteux et illimité et de connexion Internet rapide qui transcende les frontières nationales. Il faut peu de choses pour en tirer les conclusions : du début à la fin, de sa genèse à sa diffusion médiatique globale, la prochaine révolution sera numérique. Ou peut-être a-t-elle déjà commencé." ( John Doe)

mercredi 6 juillet 2016

Terreurs


Voilà,
ces jours-ci, j'oscille entre le besoin de sortir de chez moi où j'ai l'impression de rancir, et la terreur croissante que m'inspirent la rue et l'espace public. Surtout lorsque je dois me rendre à La Défense et prendre les transports en commun aux heures de grande affluence. Heureusement, il arrive parfois qu'il y ait de bonnes surprises. Il suffit d'un rien. Le graffiti aperçu par hasard, il y a quelques jours, sur un mur du sixième arrondissement de Paris, m'a séduit et ému. Je n'en connais pas l'auteur, mais il me semble parent. J'aurais pu en tracer un semblable. Sinon, je me fatigue de plus en plus de cette dépendance croissante aux machines informatiques, et des addictions et contraintes que cela entraîne, de l'aliènation qui en résulte. Je ne parviens pas à décrocher.

mardi 5 juillet 2016

Pique-Nique avec MDMA





Voilà,
comme promis, la suite de mes variations autour du Déjeuner sur l'herbe de Manet. Ce sont paraît-il les vacances, puisque toutes les chaînes de radio ont mis en place leurs "grilles d'été", pendant que leurs animateurs vedettes et journalistes s'absentent deux mois des ondes. Alors n'est-ce-pas on peut s'autoriser un brin de légèreté et même pourquoi pas une once de désinvolture.

lundi 4 juillet 2016

Pique-nique avec volatile et batracien


Voilà,
il y a sans doute quelque chose de paradoxal à traiter ce déjeuner sur l'herbe alors que mai, juin de cette année n'ont jamais été aussi gris et pluvieux ni aussi peu propices à des excursions champêtres, et que juillet s'annonce incertain. Cette version à défaut d'être bestiale est tout de même un peu plus animalière puisque j'y ai ajouté le bouvreuil et la grenouille qui sont sur le tableau de Manet. 

dimanche 3 juillet 2016

Pique-Nique



Voilà
J'ai retrouvé dans ma bibliothèque un recueil de nouvelles que je ne me rappelais absolument pas avoir en ma possession. Cela s'appelle "Le pique-nique des coiffeurs" et cela a été écrit par une allemande du nom de Félicitas Hoppe. Sur la page de garde il y était noté que je l'avais acheté à Grenoble le 1er juin 1999. Que pouvais-je bien faire à Grenoble le 1er juin 1999 ? Je n'avais aucunement le souvenir d'être allé à Grenoble le 1er juin 1999. J'ai donc jeté un œil sur mes carnets qui sont rangées dans un tiroir. En fait j'ai bien raison de garder des carnets et de noter sur les agendas ce que je fais chaque jour. Donc le 1er juin 1999, je suis allé rendre visite à Chantal Morel, une metteuse en scène de théâtre plutôt douée, que j'avais de temps à autre croisėe sur ma route. J'étais allé voir un spectacle qu'elle avait mis en scène dans une minuscule salle à Grenoble (le théâtre 38, je crois). Et c'est dans ces circonstances là que j'ai acheté ce livre. Je crois qu'il n'y a aucun rapport entre ce livre et le spectacle vu là-bas, dont je n'ai d'ailleurs pas grand souvenir, sinon qu'il s'agissait d'un monologue. J'ai reparlé de Chantal que je n'ai pas revue depuis longtemps avec Jean-Cyril V. un jeune auteur de la région que j'ai croisé au début du mois dernier alors qu'il était de passage à Paris. Quant à cette image, c'est l'une de celles que j'ai récemment bidouillées autour du "déjeuner sur l'herbe" de Manet. Il est possible que d'autres variations de cette série apparaissent dans les semaines ou les mois à venir. A part ça week-end de merde où un grand poète et aussi traducteur de Shakespeare (Yves Bonnefoy), un homme politique respectable  —ils sont rares — (Michel Rocard), un humaniste survivant des camps (Elie Wiesel), et un un grand cinéaste (Michael Cimino) ont tiré leur révérence.

vendredi 1 juillet 2016

Portrait de groupe avec chien


Voilà,
j'ai déjà mis en ligne des photos prises ce jour de juillet 1983, lors de l'arrivée du Tour de France. C'était une bonne moisson. Plus de trente ans après je me réjouis de revoir ces silhouettes inspirées que l'on sent toutes plus ou moins habitées par quelques grandes songeries, certaines même, frappées d'une illumination que rien ne laissait prévoir et comme prises d'un soudain élan pour changer enfin le cours fléchissant de l'Humanité. Oui oui, c'était l'année de "New Frontier" de Donald Fagen, de Original sin de INXS, de "Sweet dreams" de Eurythmics, de "Let's go dancing" et de "Sunshine reggae".Et c'est aussi l'année où j'ai découvert la merveilleuse musique de King Sunny Adé si délicieusement nonchalante. (linked with the Weekend in black and white).