vendredi 31 juillet 2015

De sa place


Voilà,
Au moment où j'ai déclenché je me suis dit que peut-être l'homme reflété dans la vitre en train de photographier avait eu la même idée que moi et cherchait à obtenir le même effet dans sa photo. Mais je n'ai pas songé par la suite à vérifier si ce qu'il avait vu de sa place ressemblait à ce que j'avais aperçu de la mienne. Cela m'a rappelé cette phrase lue il y a peu dans un roman "L'œil dans lequel tu vois le monde est curieusement l'œil dans lequel le monde te voit".

jeudi 30 juillet 2015

I read the news today oh boy....


Voilà,
les nouvelles du jour, tout comme cette dame absorbée dans sa lecture, je les ai, moi aussi, bien évidemment lues. Mais sur cette machine où j'écris à présent et dont je suis en quelque sorte devenu l'esclave. À quoi cela me sert-il d'être en permanence relié au monde ? Je n'en suis pas plus heureux, je ne m'y sens pas moins seul. Et malgré la splendeur de certain lieux, malgré le dépaysement, un chagrin sans réel objet, ou dont l'objet demeure confus, mais qui sans doute a quelque chose à voir avec la sensation d'inacomplissement, d'impasse, d'absence de perspectives ou de perspective insatisfaisante, un chagrin donc, ne me quitte pas. C'est un petit chagrin qui va et qui vient, vif espiègle et insaisissable comme ces lézards qui se faufilent dans les anfractuosités d'un mur de pierres. Je m'en accommode. En fait je crois que je le connais bien, mais il est passé maître dans l'art du camouflage et du travestissement. Beaucoup plus joueur que je ne le suis, il aime à changer de forme. Il fait son intéressant. Il appuie où ça fait mal. Pour la première fois depuis trois ans il est revenu pendant l'été. Un peu de tourisme n'est pas pour lui déplaire. Il peut toujours en faire son miel.  Mais il ne m'aura pas. Je suis têtu moi aussi. Même si souvent je grogne et ronchonne, même si j'ai quelqu'inaptitude à l'optimisme, je continuerai malgré tout, malgré le monde tel qu'il va et surtout tel qu'il ne va pas, mon chemin obstiné vers la Joie. Cela n'exclue pas une certaine distance critique, bien sûr. (linked with "The weekend in black and white")

mercredi 29 juillet 2015

Chapeaux


Voilà,
bien sûr il y a les chapeaux, mais aussi cette fougère géante. Je ne vais pas cette nuit m'attarder une fois de plus sur les fougères. J'attendrais quelques jours ou quelques semaines. Aujourd'hui j'ai visité le Monte Palace Tropical Garden de la Fondation Berardo. Je suis heureux d'avoir vécu jusque là pour voir cette merveille. Je crois que de ma vie je n'ai vu d'aussi beau jardin. Je suis encore sous le choc de tant de beauté. Mais bon je me suis tout de même laissé distraire par les chapeaux. Une famille je crois. En tout cas un groupe. Ils semblaient tous se connaître.

mardi 28 juillet 2015

Fougères


Voilà,
bien sûr c'est cela, c'est à cause des fougères, cela m'est revenu alors que j'allais m'endormir, ce sous-bois après la pluie avec cette grande qui me prend par la main, comme si c'était normal, comme si j'étais son petit frère, et qui est gentille simplement gentille avec moi, le sous-bois dans mon souvenir est tapissé de fougères. Je ne me souviens pas de son visage, mais de la sensation oui, et des fougères aussi. Ici aussi il y en a partout. Je les aime, les fougères elles viennent de loin, de la préhistoire, je crois. Quand au détour du chemin cette vision m'est apparue j'ai été bouleversé.

lundi 27 juillet 2015

La Tête dans les Nuages


Voilà,
j'aime le climat océanique, surtout dans la forêt. Cela me rappelle des souvenirs d'enfance, lorsque je vivais dans les Landes. Des jeux de piste, les derniers bains au lac la veille de la rentrée, un après-midi dans un sous-bois humide dont je me souviens à cause d'une inconnue attentionnée. Aujourd'hui j'ai retrouvé ces sensations lointaines au cours d'une excursion dans cette île où, dit-on, coexistent plusieurs microclimats. C'était l'automne au matin, le torride été à la fin du jour. J'ai, comme dans un rêve, et avec un sentiment d'irréalité persistant qui n'était pas désagréable, traversé des nuages glissant sur des paysages grandioses et pourtant paisibles, et longé des sentiers que tracèrent autrefois, souvent au péril de leur vie, des bâtisseurs soucieux d'irriguer la terre qui les avait accueillis.

dimanche 26 juillet 2015

Le Paysage


Voilà,
Face au paysage, il s'agit de trouver sa place. Ce n'est pas toujours une affaire très simple. À ce moment là, sans doute parce qu'il y est souvent questions de touristes, j'ai pensé au recueil de nouvelles "L'Imitateur" de Thomas Bernhard, qui est un de mes livres préférés. 

samedi 25 juillet 2015

Lecture d'été


Voilà,
aujourd'hui en lisant sous un parasol "La Femme gelée" d'Annie Ernaux, je me suis endormi. Non que le livre soit ennuyeux (un instant j'ai songé le recommander à mon amie Julie qui trouve que sa vie conjugale a bien changé depuis la naissance de sa fille, et puis non ce n'est peut-être pas une bonne idée) mais par moment le sommeil m'assaille et je ne peux lutter. Comme je n'avais pas cru bon de me protéger autrement qu'avec ce parasol, j'ai quand même pris un coup de soleil. Ce soir je suis l'homme cuit. Alors qu'il était sur le point de se coucher, je me suis avancé vers le coupable et j'ai pris ce cliché.

jeudi 23 juillet 2015

Out of my wits


Voilà,
rien à ajouter, 
si ce n'est que ce dessin m'a fasciné la première fois où je l'ai vu et m'enchante toujours autant.
je l'ai trouvé il y a longtemps par hasard sur internet et n'en connais pas l'auteur.

mercredi 22 juillet 2015

Qu'est ce qui m'empêche vraiment ?


Voilà,
Je m'en veux du tour mélancolique pris depuis quelque temps par ce blog. Sans doute est-ce en lien avec l'actualité récente. Le sort fait au peuple grec par l'Eurogroupe, et le désespoir collectif que cela suscite là-bas — qui me touche bien au-delà de ce que j'aurais pu imaginer —  et le délitement moral du projet européen y sont bien sûr pour quelque chose. "Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles" disait Shakespeare. Mais, les perturbations climatiques, les désordres sociaux, les désastres écologiques que l'on continue de provoquer, l'arrogance des puissances financières et du Patronat, l'absence d'alternative politique, les tricheries généralisées, les mensonges diffusés par la presse, l'hystérie religieuse, le fascisme rampant, la menace terroriste bien réelle, la novlangue de l'Entreprise contaminant toutes les sphères de la société, la connerie des chauffeurs de taxi, la médiocrité de nos dirigeants, leur manque total de vision, le fait de vivre dans un monde où l'on est asservi à l'information, où l'on se retrouve réduit à l'état de "consommateur de contenus", ma propre incapacité à échapper à la permanente tentation des écrans, ma dépendance à l'internet, tout cela m'afflige aussi. J'ai du mal à trouver du sens au milieu de cette confusion. Je me sens terriblement impuissant face à tout ce que je lis vois et entends. Impuissant et inutile. Submergé par la saleté du monde. Autour de moi, nombre de proches, d'amis se sentent eux aussi aliénés à des logiques absurdes qui ne leur permettent plus de se réaliser comme ils le souhaiteraient, et tout comme moi semblent gagnés par l'impression de survivre plutôt que de vivre. J'ai souvent la sensation d'être en sursis. Cela me fatigue. Je ne parviens plus à rire, à me projeter hors de ce présent où je m'englue. Je n'avais jamais imaginé que la dépression me figerait ainsi. Je passe des heures à tourner en rond chez moi. Je n'ai même plus envie de sortir. J'ai du mal à penser que j'ai un enfant qui m'aime et a besoin de moi. Je fuis le soleil, et parfois il semble que c'est l'ombre qui gagne. Je n'ai même plus le courage d'arroser les plantes sur le balcon. J'ai envie de me sauver, je voudrais qu'on me sauve. J'ai peur de ma propre solitude qui fut autrefois pourtant si féconde.
Ce matin après une nuit faite d'éveils et d'endormissements, j'ai entendu le "Born to run" de Bruce Springsteen. J'ai, au passage, repensé à Volana, brièvement croisée il y a quelques années, qui n'aimait pas Bruce Springsteen,  mais j'ai surtout songé à ces temps plus lointains encore où en dépit de la noirceur du monde décrit dans la chanson, il y avait de l'allégresse et de l'espoir : 
Someday girl I don't know when / we're gonna get to that place /Where we really want to go / And we'Il walk in the sun / But till then tramps like us / Baby we were born to run. 
Qu'est-ce que je peux encore faire pour aller de l'avant ?
N'ai-je pas trahi ma jeunesse ?
Je dois me ressaisir.

Post Scriptum
je viens de découvrir sur une affiche le concept de feel-good movie à propos d'un film indien qui vient de sortir. Il est écrit que c'est entre "Slum dog Millionnaire" et "The Lunchbox". Un feel-good movie ça raconte qu'il y a des gens qui vivent dans la difficulté, dans des conditions économiques pas fameuses mais qui quand même arrivent à s'en sortir. Donc voilà, la vie devient de plus en plus dure, ici, on vous licencie, (mais on appelle ça un Plan de Sauvegarde de l'Emploi), on réduit vos droits, vos salaires en exigeant toujours plus de vous, mais pensez aux petits indiens qui sont si courageux si tenaces et toujours de bonne humeur, ça vous réconfortera...

mardi 21 juillet 2015

Jeunes Mariés


Voilà,
cette image, je l'ai composée à la hâte après une grande frayeur. En fait à présent sa monstruosité m'amuse. Néanmoins j'ai quand même passé un long moment d'incertitude avant que d'y trouver quelque gaîté. À bien y regarder, ne sont-elles pas aussi grotesques que pitoyables, ces deux pauvres silhouettes ? Quoiqu'il en soit le résultat m'intrigue. Peut-être est-il prématuré de la mettre en ligne. Il est possible que d'ici quelques jours, une fois la surprise passée, ce jeune couple me paraisse moins attrayant. On verra.
Je crois que pendant un certain temps quelques images bizarres vont apparaître.
Je n'y peux rien, j'ai besoin d'autre chose. De changer ma manière.
Tentatives, tentatives...

lundi 20 juillet 2015

Dormir pour oublier (18)


Voilà,
c'était quand déjà ? Il y a un an, deux ans ? c'était l'été je me souviens, en dépit des feuilles mortes jonchant le sol. Oui peut-être l'année dernière quand je suis repassé en juillet entre Avignon et la Corse. Un été pourri à Paris cette année là. Bon, on s'en fout, il ne s'agit pas de parler de la météo de l'année dernière. Mais des pauvres au rebut, abandonnés au sol comme les encombrants dont on cherche à se débarrasser. Ils cadavrent sur les trottoirs et tout le monde s'en fout. Lui, il a trouvé un matelas. Une aubaine sans doute pour lui. Un luxe dans sa détresse... C'est étrange l'Humain. Capable de laisser son prochain agoniser sur l'asphalte dans la plus grande indifférence. Peu soucieux de la planète qu'il saccage avec une obstination frénétique. Tranchant des têtes des mains, bombardant aveuglément par-ci par là pour des dieux qui n'existent pas et cependant suffisamment ingénieux pour envoyer des satellites aux confins du système solaire et y enregistrer les images saisissantes d'une planète où jamais un terrien ne pourra se rendre.

dimanche 19 juillet 2015

Dans la Nasse


Voilà,
pris dans la nasse. Pas le temps de vivre. Trop de choses stupides à accomplir. Ranger, trier, vider, jeter. Tant qui s'est accumulé et dont je ne sais comment me débarrasser. Trop d'envie contradictoires, aussi. D'appréhensions pour tout et n'importe quoi. Partir. Voudrais partir. Vite tout de suite loin. Mais il faut se soigner, prendre des rendez-vous. Il faut dormir surtout. Se taire. Ne pas songer à toutes ces obligations qui d'ores et déjà s'accumulent pour Septembre. La vie pourtant pourrait ressembler à une chanson gaie, une chanson d'été insouciante. Mais la folie guette. Je ne parviens pas à être comme Patricio N. charmant, enjoué, souriant.


jeudi 16 juillet 2015

Assemblée Nationale


Voilà,
il existe à Paris une station de métro qui s'appelle "Assemblée Nationale". C'est là que j'ai pris ce cliché que j'ai trafiqué pour qu'on n'y reconnaisse pas la femme en train de tapoter sur son smartphone. Elle est assise devant une photo géante de l'hémicycle où les députés français viennent d'approuver l'accord européen mettant la Grèce sous tutelle au risque d'humilier un peu plus un peuple ayant refusé des conditions qui depuis cinq ans n'ont cessé de l'appauvrir. Que Tsipras n’ait eu que le choix de se battre jusqu’au bout de la nuit pour sauver son pays d’une banqueroute immédiate est une chose, que les députés français aient, hier après-midi, à une très grande majorité, favorablement jugé ce très injuste compromis en est une autre. Peu ont évoqué comme l'a fait Noël Mamère le caractère putschiste et colonialiste de ce qui s’est passé dans la nuit du 12 au 13 juillet et qui restera comme une tâche honteuse dans l'histoire de l'Europe et aussi de la France dont l'actuel président est un piètre mandataire. Cette photo de l'hémicycle vide correspond bien à une réalité. Aujourd'hui c'est la démocratie qui est bafouée en Grèce comme elle le sera aussi dans la plupart des pays d'Europe. La démocratie directe, celle qui use de voix référendaires a, une nouvelle fois, après les consultations sur la constitution européenne annulées par le traité de Lisbonne, été tenue dans le plus grand mépris, par l'Eurogroupe dont parle Varoufakis dans un entretien. Je le livre en Anglais et en français, c'est très édifiant. Ce qui s'est passé pendant cette première quinzaine de Juillet laisse augurer bien d'autres désillusions sur l'Europe qu'on nous prépare. Et ce ne sont pas les négociations sur le TAFTA (ou TTIP en anglais) qui peuvent rassurer. Ce que Bruxelles souhaite c'est une Europe livrée aux banquiers aux spéculateurs et aux lobbies industriels désireux de s'affranchir des lois sociales, des contraintes écologiques, et des législations nationales. Un fascisme industrialo-bancaire est en train de s'installer sournoisement en Europe devant lequel nous ne pouvons que constater notre impuissance. L'Europe politique, qui n'a jamais été bien fameuse et toujours plus ou moins en construction, s'effondre. C'est même un fruit qui pourrit doucement avant d'être parvenu à maturité. Parfois j'ai l'impression d'être aussi impuissant que pouvaient l'être les démocrates européens entre 1933 et 1938. Et surtout je me sens honteux de ce qui, en mon nom, par les représentants de mon pays, est infligé au peuple grec dans une enceinte dont la façade néoclassique à colonnes est pourtant veillée par les statues de Thémis et Athéna. Il est fort probable que ce qui se passe là-bas soit la bande annonce de ce que les Oligarques de la Finance souhaitent au plus vite pour l'Espagne, le Portugal, la France l'Italie puis ensuite pour l'Europe entière : asservir les peuple au diktat du marché et de la spéculation.

mercredi 15 juillet 2015

Écotone



Voilà,
on appelle écotone la zone de transition écologique entre deux écosystèmes. Par exemple le passage de la savane à la forêt ou le passage d'une plaine alluviale à une zone inondable. C'est un concept récent qui s'applique dans l'écologie du paysage. On désigne aussi ces zones de transition par l'expression "effet de lisière". En voici un exemple. Le corps s'est penché en avant dévoilant soudain la peau et la signifiant comme zone de transition entre ce qui est habituellement caché et ce qui est soudain montré. L'apparition de la lingerie dans le bâillement du jean crée un autre effet semblable entre l'intime et l'extime. Dans le corps j'aime ces endroits de jonction comme l'aine, les aisselles, le cou, les poignets, le bas du dos...

mardi 14 juillet 2015

Vieux Démons



Voilà,
l'Histoire nous rattrape : l'Europe retrouve ses vieux démons.  
Les querelles d'antan que l'on croyait oubliées ressurgissent, s'actualisent autrement.
Je fais des cauchemars

lundi 13 juillet 2015

And I've got the blues


Voilà,
souvent me promenant dans les rues surpeuplées d'Avignon il m'est arrivé d'imaginer le carnage que pourrait y faire un tueur fou déguisé en clown, ou un djihadiste obsédé par la perspective de déflorer 70 vierges au paradis. Un bref instant l'apparition de ce bleu a eu raison de ces obsédantes visions de terreur et d'effroi. But fucking mosquitoes still suck my blood.

dimanche 12 juillet 2015

Ce jour là il avait fait beau temps


Voilà,
il y a un grand nombre d'années jour pour jour, j'ai fait la connaissance de mon oncle Ph. Voilà l'histoire : j'étais vraisemblablement en train de regarder le tour de France à la télévison dans cet appartement de fonction aménagé sous les combles du pavillon Boncourt de l'école polytechnique où j'habitais avec mes parents
Je l'ai d'abord rencontré au mess des sous-offs de l'Ecole Polytechnique, où mon père me l'avait présenté comme mon demi-oncle puisque c'était son demi frère (ah! ah! quel humour) et puis ensuite nous sommes allés prendre un verre dans ce café qui s'appelait peut-être le bar de l'X je ne me souviens plus très bien. Son frère de 20 ans son aîné, qu'il venait donc de rencontrer pour la première fois, mon géniteur donc. nous avait-il accompagné jusque là ? Ce n'est pas très clair dans mon souvenir, mais toujours est-il que je me souviens avoir discuté musique et Rock'n roll avec lui. D'ailleurs je me rappelle très bien ce que j'écoutais à l'époque, et aussi que j'avais mon billet pour aller voir Paul Mc Cartney et Wings à l'Olympia quelque jours plus tard. Philippe devait défiler le lendemain sur les Champs-Elysées avec L'école de Santé Navale Bordeaux. Bien des années plus tard j'ai réalisé que de toute ma famille, il était celui qui m'était le plus contemporain. 

samedi 11 juillet 2015

Bouillon de culture


Voilà,
c'est la première photo prise cette année en Avignon durant le festival. 
Pas sûr que j'en fasse beaucoup d'autres

jeudi 9 juillet 2015

Libérez nos camarades


Voilà,
tout à l'heure après avoir assisté à la cinémathèque à une très désagréable projection de "Une histoire immortelle" d'Orson Welles (la copie était très mauvaise, couleurs passées et sautes de son) je suis rentré par la rue Daguerre où j'ai croisé Daniel Cohn-Bendit avec son éternel T-Shirt sous sa chemise. Détail amusant, dans l'après-midi en triant des photos, j'étais tombé par hasard sur celle-ci, prise à Lisbonne (une si belle ville, où a été signé un traité stupide et antidémocratique) et la première phrase qui m'était alors venue à l'esprit avait été "Libérez nos camarades", comme l'on disait autrefois en 68, quand Cohn-Bendit était alors un jeune révolutionnaire.

mercredi 8 juillet 2015

School's out


Voilà,
j'étais bien content quand je suis sorti. Un vieux hit de ma jeunesse m'est revenu en tête.


je me souviens que quand l'album fut mis en vente il y avait une culotte de fille sur chaque vinyle.
Ce n'était pas du meilleur goût, mais l'époque n'était pas au bon goût : la tenue de scène d'Alice Cooper l'atteste.

mardi 7 juillet 2015

Le beau dimanche



Voilà,
Parmi toutes ces mines préoccupées et parfois même accablées – alors que la journée commence à peine –, affleure le souvenir d'un beau dimanche et d'une vague rêverie au pied d'un grand arbre, et aussi la sensation de vivre un temps de paix bien précaire. À la radio il me semble que l'on ne parle plus que de soubresauts et de convulsions. Et moi-même je ne me sens pas très bien :-)

lundi 6 juillet 2015

Métro matin


Voilà,
ce matin dans le métro, une grosse femme lisait un gros livre.
Et moi j'avais le cœur gros

dimanche 5 juillet 2015

Reprendre la Conversation


Voilà,
ce grand mural découvert récemment dans le quartier ne m'a pas laissé indifférent. J'ai alors repensé à ces deux qui, faute d'amour, n'ont plus que la haine pour se manifester leur attachement et qui devront quand même bien un jour reprendre la conversation quoiqu'il leur en coûte au lieu de saccager ce qui les entoure et qui leur reste en commun. Je me suis aussi souvenu que je traînais beaucoup dans le coin la première fois où j'ai lu sur un réseau social la phrase "ne fais pas d'une personne une priorité quand tu n'es qu'une option pour elle" et comme elle avait alors fait écho. Les souvenirs se mélangent à présent. Les visages s'effacent, les vieux chagrins aussi. Pourtant, hébété dans la poisseuse chaleur de la ville, sans projet sans but, je dérive en songeant. Faute de trouver autrement ma place peut-être serait-il judicieux de la chercher ailleurs. Parfois moi aussi j'ai envie de disparaître et de ne plus donner signe de vie.

vendredi 3 juillet 2015

Madame Edwarda


Voilà,
"la jouissance d'Edwarda — fontaine d'eaux vives — coulant en elle à fendre le cœur — se prolongeait de manière insolite : le flot de volupté n'arrêtait pas de glorifier son être, de faire sa nudité plus nue, son impudeur plus honteuse. Le corps, le visage extasiés, abandonnés au roucoulement indicible, elle eut, dans sa douceur, un sourire brisé : elle me vit dans le fond de mon aridité ;  du fond de ma tristesse, je sentis le torrent de sa joie se libérer. Mon angoisse s'opposait au plaisir que j'aurais dû vouloir : le plaisir douloureux d'Edwarda me donna un sentiment épuisant de miracle" Georges Bataille

mercredi 1 juillet 2015

Motivation


Voilà,
Parfois, me dit Olivier Sabrevois, on peut tomber sur un groupe passif, lent, peu imaginatif. Des gens qui arrivent le matin avec 20 minutes de retard, les mains dans les poches sans papier sans stylo et qui s'étonnent qu'il n'y a pas de support disponible comme ils disent. Il est probable qu'ils n'admettraient pas ça de leurs collaborateurs, et ce sont vraisemblablement les mêmes qui trouvent que trop de gens sont assistés et que l'on devrait faire des économies sur le dos des chômeurs des précaires, de ceux qui touchent des allocations familiales ou des aides au logement. Eux sont cadres d'un grand groupe industriel et l'idée qu'ils pourraient venir avec un bloc notes et de quoi écrire leur semble tout à fait incongrue. Des crétins formatés qui pour la plupart ne peuvent rien penser en dehors de leur travail et qui n'ont que deux ou trois compartiments dans la pensée genre le boulot, la famille, la maison, les congés, les réseaux. Ils sont là afin d'acquérir des compétences pour une adaptibilité immédiate comme ils disent. Mais quand par hasard on leur demande d'illustrer avec une image et trois mots clés ce que représente pour eux la relation client ou le management, ce sont en général, (quand ils y arrivent) les mêmes clichés, les mêmes exemples les mêmes pauvres visions stéréotypées. C'est à mourir d'ennui. Ah oui ils ont des CDI, le monde à côté d'eux peut bien crever, ils ont leurs certitudes.
Tu vois continue-t-il je viens ici au titre de prestataire externe afin d'assurer des missions visant à renforcer ou plus précisément à maintenir la motivation des salariés qui ont de plus en plus de mal à y croire. Bien sûr, certains parmi eux sont sympathiques, parfois même singuliers. Il m'arrive même de regretter de temps à autre de ne pas pouvoir faire plus ample connaissance. Mais la plupart sont soumis. Quelques uns à demi-mots évoquent un management devenu incohérent et coercitif. Beaucoup souhaiteraient obtenir "des trucs et astuces pour pouvoir faire adhérer ses collaborateurs quand on n'est pas soi-même convaincu des messages à faire redescendre". A force je deviens cynique. J'ai parfois envie de répondre "Mentez ! Mentez avec tact et délicatesse, il en restera toujours quelque chose". ou bien "mentez aux autres comme vous mentez depuis si longtemps à vous mêmes". Au lieu de quoi je leur dispense des conseils. Je les entraîne à gérer des situations difficiles.
Parfois d'ailleurs je réalise que certains d'entre eux ne se mentent pas. Au contraire ils croient à ce discours de l'Entreprise où l'on considère que les salariés sont des "ressources". Ils en ont incorporé le langage. Ils disent le mot "ressources". Ils comptent en jours/homme, en ETP (équivalent temps plein). J'ai alors envie de les insulter de leur expliquer que la logique de la ressource humaine était celle du régime nazi : après avoir spolié les juifs de leurs biens et les avoir réduits en esclaves, on les épuisait au travail et une fois morts on les détruisait après avoir toutefois récupéré les dents en or afin de les transformer en lingots, leurs cheveux pour en faire de la feutrine, puis on brûlait ce qui ne pouvait servir.... Mais à quoi bon. A quoi bon chercher à leur faire prendre conscience de quoi que ce soit. Un jour, j'ai tenté une expérience avec des contrôleurs, des gens chargés de mener des audits internes. Je leur ai passé comme exemple d'un entretien persuasif, mené poliment et sans agressivité de façon assertive et empathique, la fameuse scène où un officier du Reich interrogé un homme qui cache des juifs dans sa maison. Aucun d'entre eux ne m'a fait remarquer que la méthode adoptée était celle d'un nazi. Aucun. D'ailleurs je ne suis même pas sûr qu'ils sachent vraiment ce que c'est un nazi, tout juste doivent ils en avoir une vague idée. C'est loin tout ça, pour eux. Soixante dix ans. Il y a eu tant d'autres horreurs depuis. Parfois tu vois, je désespère du genre humain. Et toi t'en penses quoi ?