mardi 30 septembre 2014

Une pensée pour Jean-Jacques Pauvert


Voilà,
Jean-Jacques Pauvert est mort le 27 septembre dernier à l'âge de 88 ans. Quand il en avait 19, il rédigea un manifeste dans lequel il clamait "Nous n'avons pas le respect des cadavres. Nous voulons vivre. Est-ce si difficile ? Le monde sera bientôt aux mains des polices secrètes et des directeurs de conscience. Tout sera engagé. Tout servira. Mais nous ? nous ne voulons servir à rien." Il n'a pas servi à rien. Ce fut un grand éditeur qui fit beaucoup pour la diffusion de la littérature érotique, des œuvres du Marquis de Sade en particulier mais aussi beaucoup d'autres, bravant la censure au risque de nombreux procès. Mais son intérêt ne s'arrêtait pas là, c'est lui qui le premier a édité "La désobéissance civile" de Henry-David Thoreau en France, mais aussi ce merveilleux livre de Jean Carrière "L'épervier de Maheux", et sorti de l'oubli Darien, Raymond Roussel, Oskar Panizza, René de Solier, autant d'auteurs rares et singuliers. Je me souviens aussi que dans les bacs des libraires du quartier latin on trouvait les livres de sa collection "Libertés" avec leur couverture couleur kraft et leur titres en gros caractères noirs. Tant d'ouvrages publiés parmi lesquels beaucoup ont agrémenté et enrichi ma jeunesse. J'avoue qu'à l'époque il m'est arrivé d'en voler quelques uns.

dimanche 28 septembre 2014

Le Poème de Saramago


Voilà,
il y a ce poème de Saramago qui résonne étrangement
"Je découpe mon ombre sur le mur
je lui donne vie chaleur et mouvement,
deux couches de couleur et de souffrance,
Ce qu'il faut de faim, le son, la soif.

Je reste de côté à la voir répéter
Les gestes et les mots qui sont moi
Figure dédoublée et mélange
De vérité vêtue de mensonge

Sur la vie des autres se projette
Ce jeu à deux dimensions
Où rien ne se prouve par des raisons
Tel un arc bandé sans la flèche.

Une autre vie viendra qui m'absoudra
De la demi humanité qui perdure
Dans cette ombre privée d'épaisseur,
Dans l'épaisseur sans forme qui la résoudra"

jeudi 25 septembre 2014

Envie d'espace


Voilà,
parfois j'aimerais faire comme Laura ou comme Bill qui photographient si bien la nature, ou comme Gracie qui envoie des photos de sa ville et de la campagne alentour. J'ai fouillé dans les boîtes et retrouvé de vieux négatifs. Ce paysage de Corse qui m'avait sidéré. C'était en 1986. Revenant de Rome, j'avais embarqué à Livourne dans un ferry à destination de Bastia. Je m'étais installé quelques jours dans un hôtel et avais loué un scooter pour me promener sur les routes. Le jour où j'ai pris cette photo je me souviens que, devant ce panorama, un papillon s'est posé sur mon sac à dos. Je me suis beaucoup baladé cet été là. Châteaudouble avec Nathalie et Steph, puis Prague dans une voiture qui avait traversé l'Ukraine après la catastrophe de Tchernobyl, Rome chez Gabriella puis la Corse et ensuite la vallée des merveilles à la frontière franco-italienne, et de nouveau Chateaudouble, le dernier été autant d'endroits dont on a appris plus tard qu'ils avaient été très irradiés. Cela dit avec toutes les explosions nucléaires qu'il y a eu depuis que je suis né j'ai eu de toute façon ma dose, et je ne suis pas le seul. Pour ce qui est du temps présent je suis fatigué des paysages urbains et de cette ville devenue déprimante à force d'être mon seul horizon. J'ai envie de grand air, d'espace....

mardi 23 septembre 2014

Après-midi lecture


Voilà,
un nouveau Frédéric Pajak, J'ai vu ça en passant devant ma librairie, et j'ai craqué. Cet auteur que j'ai découvert il y a quatre ans, est devenu depuis une sorte de compagnon. Du coup au lieu de travailler, j'ai passé l'après-midi à bouquiner. J'ai beau vouloir arrêter d'acheter des livres à cause du manque de place, ceux là, en plus d'être pertinents, poétiques, subtils et émouvants sont aussi des beaux livres. J'espère que plus tard ma fille les lira. Les dessins qu'il réalise lui-même, et ce rapport qu'il établit avec ses textes, sa façon de mêler sa biographie à celle des auteurs qu'il évoque, son aptitude à être à la fois didactique et sensible, tout cela me touche particulièrement. À chaque fois j'apprends plein de choses. C'est un regard vraiment singulier sur la littérature, sur les auteurs qu'il aime. C'est donc le troisième tome de la série "Le manifeste incertain" qui achève un cycle biographique sur Walter Benjamin et en inaugure un autre consacré à Ezra Pound. 

lundi 22 septembre 2014

Le Belvédère de Châteaudouble


Voilà,
je me suis aperçu que si je parle parfois de Châteaudouble, je n'en ai en fait jamais donné une vue d'ensemble. Ici on ne voit que la partie qu'on appelle le belvédère. Celle photo a été prise dans le courant des années soixante-dix une fin d'après midi alors que la brume gagnait les gorges en contrebas, vraisemblablement depuis le cimetière ou la tour sarrazine qui surplombent le village. On y aperçoit distinctement  une partie de la maison de Philippe et Dominique avec les deux fenêtres rectangulaires tout en haut qui sont celles du grenier que j'ai évoqué dans un autre billet. C'est la barrière de ce belvédère qu'enjambait Cigaloux dont j'ai parlé il y a longtemps lorsque je le vis la première fois en train de faire le pitre. De cet endroit on ne voit pas la merveilleuse maison de Gérard qui se trouve quasiment à la verticale de l'endroit où a été pris ce cliché. Il faut pour cela redescendre. 

 

C'est à cela que ressemblait la maison de Gérard lorsqu'il en fit l'acquisition. Au fil des ans il la transforma, ajoutant au bâtiment d'origine une dépendance bâtie au flanc du rocher. L'intérieur y est merveilleux. C'est une des maisons les plus étonnantes qu'il m'ait été donné de visiter, peuplée d'objets ramenés de différents voyages. Il existe même une pièce simplement constituée d'un matelas dont la fenêtre donne directement sur le vide. Les trois ouvertures que l'on aperçoit sur la photo dissimulent une terrasse couverte où sont disposées d'immenses jarres en terre cuite. Celles-ci sont plus grandes que les ouvertures. Elles y ont été d'abord posées puis les murs et le toit ont ensuite été construits...

vendredi 19 septembre 2014

Objets


Voilà,
toutes ces choses auxquelles je ne prête qu'une attention distraite... qui encombrent la bibliothèque, empêchent d'accéder aux livres qu'on n'ouvre plus désormais que très rarement. Dessins inachevés, carte d'invitation pour des goûters d'enfants, photo d'identité (c'était quand déjà ?) qui traîne... Pourtant, ce galet dessiné, une part de moi y a fait sa demeure. Et ces dessins de ma fille au dessus, me sont tout aussi précieux. Je tiens à ces objets, à ces traces. Leur présence me rassure. Fétiches, dieux tutélaires, je ne sais, elles me relient à une période qui fut pour moi bien étrange. Ensemble, ainsi rassemblés ils composent quelque chose qui me ressemble assez fidèlement et constitue une sorte de portrait. Pourtant un jour j'en serai séparé. Ils me survivront un moment et par la suite peut-être finiront éparpillés ou jetés faute de place ou de sens pour qui, de les avoir un temps recueillis, s'en sera trouvé fort encombré.

mercredi 17 septembre 2014

Un temps à ne pas travailler


Voilà,
le ciel était si beau si doux ce matin, un temps à musarder. J'ai pensé à ce vieux refrain de Claude Bolling, chanté par Les parisiennes, ce vieux refrain de l'enfance et du temps des jupes plissées. Le soir au retour dans le métro, où l'on annonce en anglais, en allemand en japonais et en chinois, qu'il y a des pickpockets, mais seulement en allemand en anglais et en japonais qu'il faut faire attention à la marche en descendant, les chinois peuvent bien se casser la gueule on s'en fout, dans le métro donc, il y avait ces deux filles connectées au même smartphone écoutant au casque la même musique. L'une l'utilisait aussi pour jouer à un jeu, pendant que l'autre réalisait des montages photos sur sa tablette.

mardi 16 septembre 2014

Saletés et Moisissures


Voilà,
"j'ai franchi le portail en pensant que le grand Léonard avait raison quand il disait que les tâches de moisissure sont parfois plus riches en enseignement que les œuvres d'un grand maître." Cette phrase de Sigismund Krzyzanovsky, me semble correspondre à la sensation que je peux souvent éprouver au gré de mes errances, et plus encore à ce que j'ai ressenti au sortir de la prison Sainte-Anne d'Avignon après l'exposition "La disparition des lucioles". Non que les œuvres présentées y fussent de mauvaise qualité - bien au contraire - mais, souvent la puissance du lieu, son histoire, ce qui suintait de ces murs sales, où subsistaient encore les traces de tous ceux qui y avaient été incarcérés, les rendaient presque anecdotiques. Dans le confinement et la crasse de ces cellules, la présence des fantômes plus prégnante, plus dense excédait souvent celle des œuvres exposées.


samedi 13 septembre 2014

Encore un lapin


Voilà, 
je sais que c'est Jean-Pierre Léaud, je ne pense pas que ce soit dans un film de Truffaut, plutôt Godard, vraisemblablement "Masculin/Féminin" qui demande "tu connais la différence entre la blennoragie et la myxomatose ?" la myxomatose est une maladie de lapin la blennoragie une maladie de la pine. C'est sûr je ne suis pas très inspiré et, quant à la tenue de ce blog, assez désinvolte ces temps derniers, mais bon, j'ai malgré tout encore quelques souvenirs n'est-ce-pas - des souvenirs ou plutôt des réminiscences ?- et puis enfin je suis quand même parvenu à la légender ma photo...

mercredi 10 septembre 2014

The end of reflection (Splash!!!)


Voilà,
je l'avais dit que c'était une histoire à suivre.
Comme pour Roland Barthes qui - parce qu'il réfléchissait probablement en traversant une rue - s'est fait renverser par une camionnette de blanchisseur, la vie d'un pigeon qui pense trop est non seulement semée d'embûches mais aussi peuplée de dangers. Dommage pigeon! Tu ne connaîtras pas le monde nouveau. RadioPigeon la radio qui roucoule ne t'a pas prévenu ? Dans ce monde nouveau, tel est le sort réservé à ceux qui perdent leur temps à gamberger. 

mardi 9 septembre 2014

Reflected buildings with a pigeon reflecting on existence


Voilà
ce qu'avait entendu dire le pigeon un jour sur les antennes de RadioPigeon "Il se se passe des choses formidables dans notre société, parce qu'on est dans un moment de refondation. Mais ce qui manque ce sont des intellectuels pour repenser la société qui vient. La démocratie est un ensemble d'expériences de vie qu'on devrait mettre au jour, mais au lieu de ça c'est la défiance qui s'exprime. On est dans une crise institutionnelle, car la constitution ne protège plus les citoyens contre les gouvernants, ni ne permet la communication entre la société et l'État. Il faut changer de paradigme comme au XVIII ème siècle où l'on est passé du mot sujet au mot citoyen". Tout ça semblait très pertinent mais comment faire s'interrogeait le pigeon qui toutefois n'était pas sûr d'avoir vraiment bien tout comprendu. La suite au prochain numéro.

dimanche 7 septembre 2014

Se faire cirer les pompes


Voilà,
je sais il y aura toujours une sinistre buse pour m'objecter qu'il n'y a pas de sot métier, qu'en période de crise, même payés en dessous du Smic, les jeunes tout autant que les vieux ne peuvent se permettre de refuser des petits jobs, et que les activités de service sont nécessaires et créent du lien, n'empêche, il y a des visions qui ont quelque chose d'obscène. La tronche confite (que bien évidemment je m'oblige à flouter) de ce brillant connard si fier dans son petit costume qui fait cirer ses pompes par cette jeune femme, ainsi que le panneau d'affichage derrière avec son slogan à la con présentant cette offre comme une attraction supplémentaire du CNIT de la Défense en disent long sur le cynisme la bêtise et l'arrogance qui prévalent de nos jours dans le monde des affaires.

vendredi 5 septembre 2014

Évolution


Voilà,
3,2 millions d'années séparent ces deux silhouettes. Peu de choses somme toute au regard des 185 millions d'années passées sur terre par les dinosaures. Mais la rencontre entre la jeune visiteuse et la représentation de Lucy l'australopithèque me touche et me perturbe. La conscience le langage l'élaboration symbolique, la volonté de transformer le monde - qui sont paraît-il, avec - entre autres je résume quand même un peu - la cruauté et le besoin de s'inventer des dieux, ce qui distingue l'Homme des autres espèces - en quoi étaient-ils donc si nécessaires à la Nature ? On peut quand même bien se poser la question, non ? Et quel avenir y a-t-il pour une forme d'intelligence aux pulsions devenues si destructrices tant à l'encontre de ses semblables que de son milieu naturel ? Cette silhouette des aubes de l'humanité rappelle aussi qu'en ces temps l'espérance de vie était si faible que la terre n'était peuplée que d'enfants et de ce qu'on appelle aujourd'hui des adolescents... Nos ancêtres qui ont fabriqué des outils en silex, chassé des bêtes sauvages et laissé leurs empreintes sur les parois des cavernes avaient donc l'âge de ceux qui aujourd'hui demeurent vautrés devant la télévision ou leurs consoles de jeux en se goinfrant de coca et de corn flakes... Bon, eh bien je crois que pour ce soir, j'ai donné mon maximum.

mardi 2 septembre 2014

Musée Soulages


Voilà,
cet été je n'aurais pas visité le musée Soulages à Rodez
comme je l'avais un temps projeté.
Mais bon il m'arrivera encore souvent de penser à lui au hasard des rues, ou dans les supermarchés
enfin chaque fois que je verrais du noir travaillé par la lumière