jeudi 31 juillet 2014

Lapin câlin


Voilà,
juste une envie de collage (ça fait longtemps que je n'en ai pas fait) et d'image futile
Méfie-toi lapin câlin, le chasseur n'est pas loin

lundi 28 juillet 2014

Ce Visage aperçu


Voilà,
je ne sais pas si j'ai volé ce portrait ou s'il m'a été offert. Il y avait tant de tristesse d'accablement et de dignité sur ce visage aperçu dans un train de banlieue. Cette femme me semblait si terriblement perdue ici. Je me suis demandé comment elle avait pu se retrouver là. Peut-être mariée jeune au bled et ramenée sans bien comprendre ce qui lui arrivait par un époux qui travaillait en France. Un destin vraisemblablement qu'elle n'avait pas choisi. Était-elle parvenue à bien élever ses enfants dans ce pays où toujours elle et les siens seraient quoiqu'il arrive, irrémédiablement étrangers ? Peut-être avait elle un garçon en prison auquel elle avait du rendre visite dans la journée, peut-être une fille menant une vie inquiétante pour elle. L'homme à ses côtés ne lui adressait pas la parole et semblait tout autant harassé par l'existence. Je pensais à tout ce qu'elle avait pu subir d'opprobre, de mépris, d'humiliations dans la rue, les administrations, les magasins, chez elle aussi peut-être, à la peur qui devait l'accompagner trop souvent, aux fins de mois difficiles, à la résignation tenant dans une expression "Inch'Allah, c'est comme ça Dieu l'a voulu". Y avait-il eu un peu de place pour le bonheur dans sa vie, et que pouvait elle bien encore espérer de son séjour ici ? 

samedi 26 juillet 2014

Le Flot ininterrompu

Sculpture de Gloria Friedman, Prison Ste Anne, Avignon 2014
Voilà,
ce qui rend tout cela insupportable m'explique Jean-Benoît Ribier c'est l'obscénité de ce flot ininterrompu de nouvelles, les unes intimes les autres extimes. Tout ce mélange exacerbe un sentiment d'absurdité d'exaspération de découragement même, face aux échos du siècle naissant. Ces informations reçues, sans relation les unes aux autres, plongent au cœur de l'incohérence, induisent cette sensation panique de bête prise au piège, empêtrée dans les rêts d'un filet dont elle ne peut se défaire. Et puis il y a tous ces noms ces prénoms Eva a besoin d'aide car elle ne parvient pas à supprimer deux adresses IP dans le cache DNS, Aurélien nous apprend que des amis palestiniens viennent de lui annoncer la mort sous les bombardement de membres de leurs famille à Gaza, Stéphanie fête son retour à Paris par une angine magistrale et dit-elle "toussote à l'aveugle entre les piles de cartons qui obstruent des fenêtres mais elle est très contente d'être de retour", Flore trouve que le snack de Blagnac c'est tout de même quelque chose, Gilles songe qu'il serait temps de prendre une mutuelle, Emilio veut savoir qui est à Paris le premier août, Coralie encourage à donner son sang, Luc trouve que la bouffe à Djakarta est dégueulasse, un message des économistes attérés annonce que le sixième cycle de négociation du TAFTA (traité transatlantique) est sur le poinrt de s'achever sans davantage d'informations substantielles de la part des parties négociantes, Mona continue son incessante autopromotion narcissique pour les courts-métrages où elle apparaît, Erwan annonce qu'il va écrire sur Radiohead (le groupe), Marine nous envoie areuh areuh des photos de son bébé, Pierre incite à regarder un documentaire sur la fraude fiscale, Jean-Guilhem continue de poster des vidéos de cantatrices inconnues, Francis regrette que Mélanchon prenne sa retraite, Alex publie la photo d'une tres belle femme pour annoncer son décès soudain, et il y a toujours des gens assez sots pour cliquer "j'aime". Anne cherche un plan Corse entre le 9 et le 15 août car elle rame sur les réseaux, (c'est con parce que Astou nous informe qu'une chambre double à Londres dans une maison en zone 2 est disponible du 6 au 26 pour 100 £ la semaine tous frais compris). Des tas de personnes que je connais à peine aiment les photos d'individus que je ne connais guère plus, des clichés de photos de street art qui se fondent dans le paysage, sont partagées, d'autres nouvelles aussi telles que la croissance de 4,13 % pour le marché du livre au Brésil, un article de revue à propos des plasticiens qui cherchent un statut, et Souad nous montre sa valise presque pleine pour les vacances, Claude-Bernard appelle à signer une pétition de soutien pour la protection internationale du peuple palestinien, pendant qu'Aletaia poste des photos d'une manifestation de soutien aux chrétiens d'Irak, Damien depuis New-York honore la dignité des Pays-Bas face au terrorisme et à la barbarie, David nous dit qu'il s'en va chaque soir, tel un enfant qui s'émerveille devant les beautés de la nature, compter les vers luisants dans son jardin, et moi j'ai juste envie de pleurer parce que je ne parviens même plus à comprendre où je suis ni cette sensation de solitude et d'abandon, ni cette peur et cette incapacité de quitter la prison que je me suis contruite ouais t'aurais pas un plan là, j'ai envie d'herbe, de la bonne tu sais pas où je pourrais en trouver ?
- ben non, pourquoi tu me demandes ça à moi ?

mercredi 23 juillet 2014

Boucles d'oreille


Voilà,
nu près de ce corps splendide, il se sentait si vrai, si riche d'étonnements, comme l'enfant qui s'émerveille du monde semblant venir à lui et qui va de découvertes en découvertes. Il ne s'expliquait pas le miracle si soudain de cette rencontre qu'aucun signe préalable n'avait annoncé. C'était donc cela la chance ? Depuis longtemps il avait renoncé à croire. Pourtant là, devant cette présence si rayonnante en dépit des épreuves passées, devant ce courage cette énergie cette vitalité qui le renvoyaient à la faiblesse de son propre caractère, à son manque d'audace et de combativité à cette lâche résignation dont il s'accommodait si souvent, préférant rêver son existence que vivre sa vie, là devant ce sourire si désarmant de fraîcheur, il tanguait comme un frêle esquif secoué par la houle, redoutant que ce bonheur tellement imprévu ne le fasse chavirer. Ne pas confondre béatitude et bonheur lui rappelait la petite voix de la conscience (c'est bien la conscience que ça s'appelle ou est-ce que je confonds avec autre chose ?), surtout ne pas s'emballer, mais c'était trop tard. Une énigmatique félicité le submergeait. Édouard Montils craignait de tomber amoureux, mais déjà il avait trébuché. Ces boucles d'oreilles sur la table, qu'elle avait oubliées en repartant, signifiaient elles qu'elle avait envie de revenir ?

dimanche 20 juillet 2014

Petit monstre

Graffiti sur un mur d'Avignon (Été 2013)
Voilà,
pour une période indéterminée je ne vais plus y être. Je veux dire je n'y serai plus tout à fait au présent, dans l'actualité (même si l'actualité n'est pas ce qui m'intéresse le plus, mais). D'ailleurs ce billet que tu parcours, ami(e) lecteur (trice) est lui aussi écrit depuis un bon moment. Je vais donc disparaître. J'espère cependant que je ne vais pas vraiment disparaître, ça serait dommage car dans ce cas là je me manquerais beaucoup à moi-même. Oh ça ne changerait pas grand chose à la marche du monde ou au chaos ambiant - tout dépend du point de vue qu'on a sur l'affaire - ça j'en suis sûr. Je sais que je ne suis guère nécessaire - si ce n'est à une petite personne qui n'a pas fini de grandir -. C'est juste qu'il faut que je prenne du recul, que je me retranche du cocotier de l'espèce numérique et du marigot des réseaux sociaux. Cependant pour les semaines à venir, j'ai en quelque sorte pris de l'avance et disséminé quelques images inédites, certaines commentées, d'autres non, ainsi que des publications déjà parues qui méritent à mon avis un peu plus d'attention qu'elles n'en ont déjà recueilli. Oui je vais même en programmer d'autres pour les mois et même les années à venir, en disséminer dans le futur. Après tout une photo ce n'est jamais que ça, qu'une fraction de seconde de futur antérieur.... Disparaître donc sans pour autant se faire complètement oublier. Alors finalement, à bientôt. Quoiqu'il en soit.

jeudi 17 juillet 2014

Un an jour pour jour

Sculpture de Kiki Smith (exposition "Papesses"Avignon 2013)
Voilà,
je n'arrive pas à imaginer que j'ai pris cette photo il y a un an an jour pour jour. Cela me semble loin et près à la fois. Cette année écoulée je ne l'ai pas vue filer. Je garde de ce séjour passé à Avignon, un souvenir heureux, en dépit de la foule et de la laideur de certains endroits de la ville à cause de ce fouillis d'affiches en tout genres recouvrant les murs, les panneaux indicateurs etc... afin de promouvoir des spectacles. Mais j'aimais bien quand même les fêtes le soir au jardin du verger, retrouver des gens perdus de vue depuis longtemps, rejoindre S. après ses représentations, traîner avec elle dans les rues, regagner la chambre trop chaude... Dans la journée la Fondation Lambert pouvait être un havre de calme et de fraîcheur. 

mercredi 16 juillet 2014

Un Genre de Venus de Boticelli


Voilà,
quand ça bourrichonne 
quand trop de questions de doutes d'incertitudes
quand les peurs les anticipations scabreuses l'effroi des prémonitions imaginées
quand le ventre crampe et que c'est le petit garçon abandonné qui appelle alors
il faudrait juste s'en tenir aux petites choses 
oui 
dessins approximatifs noyaux de fruits étuis à lunettes papiers pliés clés sur la table livres ouverts objets posés
menus détails trucs qu'on garde sans trop savoir pourquoi
assemblages bidouillés avec des fantômes d'enfance et qui prennent la poussière
que nous sommes paraît-il
et où nous retournerons paraît-il
Aujourd'hui
dans la lumière du matin je l'ai regardée différemment ma Vénus à moi

mardi 15 juillet 2014

Trop de solitude nuit


Voilà,
"si seulement j'avais la certitude que cela ressemble à cette image, je tenterais bien le passage". Idée stupide qui parfois me traverse l'esprit me fait aussitôt honte et que je voudrais chasser de ma tête. Je ne demande rien. Parfois des idées viennent, sombres malgré l'illusion de la couleur. Elles viennent, je ne vais pas les chercher, elles me rendent visite puis s'en vont. Mais elles sont passées. Difficile parfois d'être futile  - mais (il semblerait que je commence à radoter) je crois l'avoir déjà souvent écrit ici -Au principe de Wittgenstein, "ce dont on ne peut parler il faut le taire" je devrais ajouter "et ce dont on parle trop aussi". Mais entre le dire et le faire... Est-ce précisément parce que "écrire" n'est pas "parler" ? Je n'ai pas l'impression de parler quand j'écris. J'écris certaines choses, simplement pour les oublier. Pour ne pas les garder uniquement pour moi. Des gens me lisent. Et parfois cela fait écho. Ils comprennent. Sont sur la même corde sensible. Trouvent les mots justes pour l'exprimer. Leur attention rassure. J'en ai besoin vraisemblablement. Avant j'avais peur de cette possibilité. La possibilité d'être lu. Je craignais la mésinterprétation. Maintenant je la redoute moins. À ce détail près : je ne suis pas aussi triste en général que ce qui s'écrit là parfois. Le lirais-je, d'ailleurs cela pourrait peut-être même passer assez drôle. Pas désopilant, je le concède mais en tout cas pas sinistre non plus. Mais bon, cela serait dès lors parlé, et non plus écrit et par la même condamné à un nécessaire silence. Décidément on n'en sort pas.

lundi 14 juillet 2014

Il pleuvait ce jour là


Voilà,
aujourd'hui, si je devais être une image, je crois que c'est à cela que je ressemblerais. Je l'ai prise il y a deux ans, le 14 juillet 2012, c'était à Vincennes, un samedi ou un dimanche. Il serait facile de vérifier. J'étais allé voir un concert de jazz gratuit au parc floral de Vincennes. Mais c'était nul, et en plus il s'était de nouveau mis à pleuvoir. Une de ces pluie longue et ininterrompue. Je crois me souvenir d'une météo particulièrement pourrie ce printemps et cet été là. Vérifions : je confirme. Du coup, avec Ariane L. que j'avais retrouvée là-bas et que me semble-t-il je n'ai pas revue depuis, on est allé dans l'un des chalets-buvette du parc prendre un verre On a bavardé. Une de ces conversations faussement enjouée où l'on tourne autour du pot sans vraiment se dire les choses. 

samedi 12 juillet 2014

Chercher des lagagnons

Biscarrosse, 1964 ou 1965
Voilà,
donc c'est arrivé ce matin. Un moment tout de même que je m'étais fait à cette idée. Peut-être m'y étais je préparé depuis fort longtemps. De toute façon, pour ce qui était de lui et de moi, c'était mort depuis bien des années. Muré depuis toujours dans ses certitudes, dans ces valeurs qui font gerber, et que partagent aujourd'hui de plus en plus de gens, il n'avait jamais laissé de place pour le dialogue, pour l'écoute pour l'attention. Vers quatorze quinze ans j'avais déjà pressenti que, si je ne prenais pas du champ, cette présence serait toxique. J'ai mis de la distance entre lui et moi. Plus tard j'ai songé que je m'étais peut-être trompé, que j'étais trop intransigeant. J'ai trouvé des excuses. J'ai essayé d'avoir des échanges. Et puis j'ai fini par renoncer. Ça n'en valait pas la peine. Les quelques bons et trop lointains souvenirs ne méritaient pas tous ces efforts. Le problème aujourd'hui, est que tout ce que j'ai tenté de fuir et qui était là au cœur de ma vie dès les premières années, me submerge tous les jours dans l'actualité. L'arrogance, la bêtise des exploités inconscients de leur aliénation et qui servent et défendent ceux qui les trompent, le repli frileux et identitaire, le racisme ordinaire, le machisme, le pouvoir du fort sur le faible, du flic qui matraque celle qui proteste pacifiquement, j'en passe et des plus obscènes, tout ça me ramène à lui à tout ce que j'ai pu entendre et au bout d'un moment n'ai plus voulu entendre. Souvent, quand il m'est arrivé de côtoyer des gens plus ou moins de sa génération comme Dominique, Philippe, Roland, Ambrogio et tant d'autres qui essaient d'ajouter un peu de beauté au monde qui en manque si cruellement, j'étais renvoyé à tout ce qui m'a manqué et aussi à tout ce qui m'a souillé. Enfin voilà, il n'est plus. Cadavre à présent et bientôt cendres. Ne restent que les regrets et quelques images. Celle-ci par exemple, datant d'une époque où je ne me rendais pas encore compte et dont je n'ai aucun souvenir mais qui demeure comme la trace d'un fragile et fugace moment de paix. Chercher des lagagnons quand la mer se retire.

vendredi 11 juillet 2014

Publicités peintes


Voilà,
ce matin je voudrais bien me dire que je pars comme tous ces journalistes si contents de leur bonheur vendredi dernier qui, depuis l'entre-soi de leur studio, annonçaient à l'antenne qu'ils y allaient enfin, eux, en vacances. De moins en moins de français ont les moyens d'en prendre, mais ils sont ravis de nous tenir au courant. Je crois que, tout comme les politiques, ils ne savent plus depuis bien longtemps comment vivent vraiment ceux qui les écoutent. Il y a longtemps qu'ils ne vont plus sur le terrain. Ou bien pensent-ils que leurs auditeurs sont tous des bourgeois éclairés ? Enfin c'est une autre histoire. Quoiqu'il en soit, revenir dans cette ville, dans cette rue, passer devant cette façade, j'aimerais bien. Même si d'après ce qu'on m'en raconte l'ambiance y est ces jours-ci plutôt morose et parfois même délétère...

mercredi 9 juillet 2014

La Défaite du Brésil


Voilà,
un événement c'est une rupture dans l'ordre de l'intelligible. J'ai déjà utilisé cette formule dans un contexte autrement plus grave et toujours aussi présent malgré le silence assourdissant des médias. Alors, comme la futilité contribue à nous délivrer de la conscience du Néant auquel nous sommes voués à retourner, je vais évoquer un événement sportif. Bien sûr un événement sportif est forcément de moindre ampleur, qu'un krash boursier ou acte de guerre, comme celle qui recommence entre Israéliens et Palestiniens, mais il est d'une nature singulière, surtout lorsqu'il s'agit de football qui suscite tant de passions, aussi bien partagées par les adultes que par les enfants. Ce petit garçon en larmes qui au bout d'un quart d'heure de jeu, comprend non seulement que son équipe ne gagnera pas, mais pressent déjà qu'un drame collectif est en train de se dérouler a quelque chose de pathétique. Ce chagrin, toute sa vie il s'en souviendra. Ce chagrin là, va irrémédiablement changer son rapport au monde. D'ailleurs lui-même est déjà devenu une icône. Il est le témoin de l'inimaginable. Le spectateur d'un naufrage sportif sans précédent. D'ailleurs pour ma part, j'ai été incapable de regarder ça. Le vieil enfant qui survit en moi a, au bout de trente minutes lâché l'affaire, pris la fuite, s'est réfugié dans le sommeil. Sans doute étais-je, pour d'autres raisons trop épuisé, mais je ne voulais pas être spectateur de ça : tout à coup le Brésil ne savait plus jouer au football. C'est un peu comme si les Supremes s'étaient soudain mises à chanter comme les Shaggs (ce n'est peu dire). Je crains de ne jamais revoir de mon vivant la Séléçao championne du monde. Je me souviens d'un autre Brésil, celui de 1970, (j'avais 14 ans, c'était la dernière coupe du monde où jouait Pelé), de l'enchantement ressenti alors, devant cette équipe métisse (c'était alors la seule) et sa façon si singulière de bouger sur un terrain, de cette fluidité, de ce style qui donnait une dimension presque chorégraphique à ce jeu qui tout de même il faut bien l'avouer est très con. Je me rappelle encore des noms : Gerson, Tostao, Jairzinho, Rivelino, et leur goal Felix... Oui, parfois des choses adviennent qui nous rappellent que tout peut changer comme ça d'un coup, du tout au tout... Et d'autres aussi qui nous interpellent plus brutalement. Il est des régions où les enfants n'ont même pas le droit à l'enfance.

lundi 7 juillet 2014

Sourire moche


Voilà,
ce qui te réveille en souriant dans la nuit c'est une peur indistincte et confuse
ce qui déchire ton sommeil c'est le ricanement de la bêtise et l'arrogance des forces obscures à l'œuvre dans un monde perfidement privé d'âme.
"la vie (te) fait mal, à petits bruits à petites gorgées, par les interstices"
écrivait Pessoa.

jeudi 3 juillet 2014

Buvette au bois


Voilà,
trop de pensées se bousculent auxquelles les mots n'ont pas accès. Égaré, accablé sous le poids d'une tristesse sans objet. Affleure le souvenir d'un dimanche paisible. D'une longue balade en vélo dans le bois. Et aussi l'étrange sensation éprouvée là, et heureusement partagée à proximité de cette buvette. Un silence inquiétant presque irréel dans la chaleur lourde d'un été précoce. Ce moment qui, secrètement revendiquait son statut d'image. C'était bon alors de n'être pas tout à fait seul.