mardi 30 mars 2010

Quelque chose insiste


Voilà,
quelque chose insiste là, que je dois laisser venir. Je ne sais pas trop quoi penser de toute cette affaire. Je fais parfois comme si cela ne me concernait pas comme si cela n'avait pas grande importance je m'abandonne au processus advienne que pourra mais tout de même. Il faudrait peut-être que je m'aère, que j'aille faire un tour dehors. Mais il pleut. Ça giboule. Oui, oui ça giboule. On est encore en mars normal ça giboule. Je suis totalement sidéré par ces formes. Stupéfait que ça puisse exister, se reproduire presque malgré moi. Il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps tout de même parce que sinon je vais être mûr pour la cabane-bambou. Une petite sieste alors ...Une petite sieste oui ça ne me ferait pas de mal. C'est ça dormir, et comme dit l'autre rêver peut-être...

samedi 27 mars 2010

Once in a lifetime

  

Voilà,
ces images me font toujours penser à "Remain in light", l'album des Talking heads, que je passais alors en boucle. Epoque étrange, celle de l'implantation des SS 20 soviétiques tournées vers l'Europe occidentale, celle des années Palace, de Laurie Anderson, du journal Actuel nouvelle formule "nouveau et intéressant", de la lumière froide des néons, des clips et des vidéos expérimentales, des lofts au design post industriel, époque du speed de l'individualisme forcené coïncidant avec l'apparition du walkman, époque aussi de la chandelle brulée par les deux bouts...

jeudi 25 mars 2010

mon hâvre ma caverne



Voilà
traces ce sont traces de ces moments où la pensée ne sait à quoi vraiment se prendre, moments d'attente, de suspens, de vagabondage mental, moments où l'esprit cherche à s'occuper où au contraire se libérer de ce qui l'obsède, moments de fuite, de répit, de repli.... Et ces moments deviennent contrées qui au fur et à mesure qu'elles m'apparaissent me semblent familières. De l'image matricielle, de l'information traitée comme une matière, triturée, malaxée, surgit la forme pure de paysages abstraits, qu'il me semble avoir déjà visités, en rêve peut-être ou dans ces états de suggestion suscités autrefois par certaines drogues.... Et s'il m'arrive ces derniers temps, de chercher parfois un endroit ou trouver le repos, c'est à l'envers des apparences, que je trouve mon havre ma caverne....

mercredi 24 mars 2010

L'intruse



Voilà,
je me passerais bien de sa présence. Je la trouve très insistante ces derniers temps, cela ne me plaît pas du tout. Mais c'est ainsi, il faut s'y habituer. Désormais, elle rôdera de plus en plus souvent dans les parages. De plus en plus de noms, de numéros de téléphone disparaîtront de mon carnet d'adresses...

mardi 23 mars 2010

Grande Arche



Voilà,
la froide et stérile rigueur de ces lignes et de ces volumes se suffit à elle-même. L'indifférence minérale de ce bâtiment devenu une abstraction, la fonctionnalité vaine de cet escalier qui débouche sur une esplanade, au delà de laquelle se déploie un paysage absurde et désordonné, produisent un composé de sècheresse et de méchanceté, une sorte d'injonction muette qui signifie nettement que notre place n'est pas ici. (Baudin de Baudinat)

lundi 22 mars 2010

Tenir à distance

Tuxedo Moon
Voilà,
longtemps j'ai joué les images contres les mots. Il me semblait qu'elles seules pouvaient suggérer ce que j'étais incapable de formuler. J'opérais alors par découpages et recoupements, assemblant des fragments  de photos  ou de dessins épars, pillés la plupart du temps dans des revues où il fallait y regarder à deux fois,. Alors apparaissaient des agencements où comme en rêve toutes les oppositions étaient niées. l'Ici et l'Autrepart, le Présent et le Passé, l'Actuel et le Virtuel cohabitaient dans un même cadre, celui du montage. Ces constructions disaient mes envies secrètes, mes terreurs enfouies, évoquaient d'improbables errances et la nostalgie d'Ailleurs hypothétiques. Mais surtout elles me permettaient de donner une forme à un certain tourment, une sorte d'effroi qu'il fallait absolument tenir à distance.

dimanche 21 mars 2010

Fouiller l'image


Voilà,
fouiller l'image, franchir la surface, traverser son épaisseur, s'enfoncer dans ses profondeurs, s'égarer dans ses gouffres, se perdre dans ses replis, vagabonder parmi les paysages enfouis qu'elle recèle, dans les formes épurées qu'au plus secret d'elle même elle dissimule - ombre gorgée d'abîmes ou diamant saillant dans l'infime - l'épuiser l'éreinter jusqu'à l'effacement l'anéantissement de toute représentation et demeurer cependant demeurer en elle, disséminé, éparpillé dans l'ineffable mystère où s'abolit son origine, voilà c'est à ça que je m'emploie ces temps-ci .

samedi 20 mars 2010

Pointe-à-Pître



Voilà,
de ce matin gris, et pluvieux, quoique doux peut-être (je ne sais pas je ne suis pas encore sorti), d'où j'écris ces lignes, je songe à cet autre, chaud et ensoleillé, dans lequel j'avançais, léger, malgré une vague tristesse, que je ne parvenais à dissiper (mais je n'avais d'autre choix que de m'en accommoder). Je l'avais vu apparaître au loin ce paquebot, et l'avais longtemps regardé glisser lent et majestueux dans la lumière radieuse du jour naissant. L'embarcadère était désert, ces passagers en croisière n'étaient attendus que par les taxis et les guides qui commençaient à s'approcher des quais discutant entre eux avec nonchalance. Pour eux c'était la routine, sans doute. Je crois m'être alors souvenu que moi aussi dans un temps qui me semble aujourd'hui comme rapporté d'une autre vie, j'avais été l'un de ces passagers accoudé au bastingage qui voit grandir ce qui n'est d'abord qu'un lointain rivage, et peu à peu prend forme et réalité au fur et à mesure qu'on s'en approche. Je n'ai que des souvenirs confus, du voyage en Méditerranée lorsque nous avions abordé l'Algérie, mais une sensation intense de bonheur, de rupture avec le cours des choses, de légèreté, de vacance persiste néanmoins : l'insouciance, l'absence d'inquiétude, l'ennui léger du désoeuvrement ou des occupations futiles, le tout rythmé par l'heure des repas, oui je l'avais retrouvé bien des années après, cet état, lorsque partis de Travenmude  en Allemagne, nous étions allés à Helsinki afin d'y jouer le spectacle de Didier. Je crois que j'ai pris cette photo, parce que je désirais intensément être sur ce bateau. En y réfléchissant je réalise qu'il m'arrive quelquefois, et peut-être même assez souvent, lorsqu'il s'agit de paysages, d'appuyer sur le déclencheur, parce que je désire simplement être et peut-être même demeurer dans ce que je vois.  

jeudi 18 mars 2010

Au placenta des images


Voilà,
"Il y a des régions oniriques tout à fait inconnues, des abîmes marins où ne pénètre aucun rai de lumière. Et le plasma des rêves abyssaux se métamorphose instantanément dès qu'il parvient à la conscience. (...) Nous étions plongés dans des profondeurs où règne une nuit insondable, tombés jusqu'au placenta des images." (Ernst Junger cité par J-B Pontalis)

mercredi 17 mars 2010

la Plage de St Felix


Voilà,
je me souviens de la plage de St-Félix, où j'ai fini mon séjour tropical, et de cet homme qui passa sa journée vissé sur sa chaise à regarder la mer. Quant à moi, j'allais de temps à autre me baigner, puis retournais me vautrer sur ma serviette à l'ombre des raisiniers en écoutant sur mon Ipod Daniel Arasse raconter des histoires de peinture.